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VILLE DE SAINT-GERMAIN EN LAYE

d'une nation se compose d'une foule comirmi ceux-ci on a toujours rangé les monuomrne tenant une place d'honneur, et tous se rapportant à l'histoire passée, doivent iidérés comme appartenant à cette catégorie.

i a donc sa vie tout entière k raconter, et ît louable de l'apprendre aux générations futurs, groupé tout d'adord iout ce qui était susceptible de donner les renseignements les plus détaillés, elle a fait œuvre de prévoyance , et préparé les recherches des érudits, voire même des simples curieux.

11 est certain que, dans ces conditions particulières, en dehors des grandes villes, ' les bibliothèques renferment des documents qui se rapportent plus spécialement au pays où elles se trouvent; en réunissant toutes ces richesses divisées on forme un tout considérable qui est la somme de la richesse bibliographique du pays tout entier. D'ailleurs si on a la curiosité ou la bonne fortune de mettre le nez dans une de ces petites collections, il est rare qu'on n'en soît pas récompensé par une trouvaille plus ou moins précieuse et c'est ici justement le

LA BIBLIOTHEQUE DE LA VILLE DE SAINT-GERMAIN EN LAYE a<!$

La bibliothèque publique de la ville de Saint-Germain en Laye n'a pas d'histoire remontant au delà de i836; jusqu'à cette époque, quelques livres de'posés dans les greniers de l'immeuble servant à la mairie constituaient toute la richesse bibliographique de la commune.

En i836, M. de Breuvery, maire de la ville, organisa une bibliothèque publique, et surtout songea à la meubler afin que les habitants pussent en profiter ; sur sa demande adressée à M. le ministre de l'intérieur de cette époque, un premier cadeau fut envoyé consistant en l'ouvrage remarquable intitulé : Paléographie universelle de Silvestre, avec explications historiques de M. Champollion-Figeac, de la typographie de Firmin-Didot frères.

Jusqu'en 1844, il n'y eut pas de bibliothécaire attitré, et la garde des ouvrages réunis à la mairie fut confiée au secrétaire; l'immeuble d'alors ne comportait pas un local pouvant Être spécialement affecté à la bibliothèque.

En 1844, la municipalité fit l'acquisition de l'hôtel de La Rochefoucauld pour y transporter ses divers services; il fut alors possible d'y installer une bibliothèque publique au second étage, et on nomma à cette occasion un bibliothécaire qui fut M. Paul Morin, depuis sénateur, et qui vient de mourir récemment.

On doit aussi à M. Paul Morin la découverte de l'aluminium et ses diverses applications industrielles.

Déjà la bibliothèoue comptait 600 ouvrages, mais elle tenait dans deux petites pièces et *e public ne pouvait encore être admis à y travailler. Malgré les efforts de M. Morin, ce n'est pas sous son administration que cet établissement d'utilité publique indispensable devait prendre son entier développement.

L'époque glorieuse de la bibliothèque de Saint-Germain date de 1848; c'est à ce moment que M. Eugène Bu nom, encore aujourd'hui titulaire, fut nommé à la conservation et à l'augmentation des richesses de ce petit musée. M. Bunont est un artiste et un érudit, et il a si bien travaillé que le ministre de l'instruction publique, lors des derniers recensements des monuments de la fortune nationale, a cru devoir récompenser M. Bunont de son zèle et de ses travaux en le nommant officier d'académie.

M. Bunont à pris l'administration de la bibliothèque publique de Saint-Germain en Laye alors qu'elle comptait 800 ouvrages et aujourd'hui, elle en renferme 8.000.

Pour arriver à ce résultat, M. le maire de la ville commença par faire appel à la générosité des habitants, et le premier donna l'exemple; des dons importants furent faits, et l'on a compté deux cents personnes ayant contribué volontairement à augmenter le nombre des ouvrages; nous ne pouvons moins faire ici que de citer quelques noms, d'autant

que ces donataires sont morts, et que c'est rendre simplement hommage à leur générosité.

M. Robiniot, conseiller municipal, légua 5oo volumes; M. le baron Trémont, une rente annuelle de 149 francs; enfin M. Ducastel, ancien notaire, une collection complète, comprenant nombre d'ouvrages curieux, des bronzes, des terres cuites, un médaillon commencé, et en particulier quelques tableaux qui ont été la base d'un musée qui va tous les jours en s'augmentant en quantité et en valeur.

Ces noms suffisent pour indiquer que les bonnes volontés répondirent de toutes parts à Pappel du chef de la municipalité de la ville; les autres dons, moins importants individuellement, le furent par leur réunion, car c'est à eux que l'on doit cette modification des chiffres que nous avons indiquée ci-dessus.

En voyant les efforts faits par tous pour arriver à un résultat sérieux, les ministères ont bien voulu s'intéresser au progrès en cours, et on leur doit aussi des dons auxquels, ajoutant les quelques acquisitions rendues possibles par la disposition des fonds remis à la commission administrative, on est arrivé au total actuel des ouvrages classés régulièrement dans trois catalogues.

Les deux petites pièces d'origine se sont bientôt trouvées insuffisantes pour contenir tout ce qui arrivait journellement, et il a fallu réserver à la bibliothèque un local convenable, en ce sens surtout qu'il n'était plus dès lors question seulement de loger ce qu'on possédait, mais qu'il devenait indispensable de recevoir le public et de le mettre à même de consulter sur les lieux les ouvrages intéressants pour lui.

Telle qu'elle est aujourd'hui, la bibliothèque de Saint-Germain en Laye date de 1872. Elle est renfermée dans quatre grandes salles ouvertes à tous de dix heures du matin à quatre heures du soir.

La première sert spécialement de musée et renferme le portrait de quelques souverains, des gravures anciennes, des échantillons de céramiques et autres objets curieux de toute nature.

La seconde, affectée spécialement à la lecture et dans laquelle deux longues tables de travail sont disposées pour les visiteurs est garnie de vitrines renfermant les ouvrages de science et de belles-lettres.

La troisième est plus spécialement affectée aux ouvrages historiques et une vitrine est occupée par des échantillons de céramique et de numismatique.

La quatrième renferme les tableaux constituant le musée, et dont la plus grande partie est due à la générosité de M. Ducastel; on y a adjoint les dons annuels des ministères et d'autres personnes; quelques beaux bronzes de grandeur naturelle ornent les salles.

Nous avons annoncé que, dans le nombre des ouvrages renfermés dans la bibliothèque de Saint-Germain en Laye, il y en avait quelques-

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uns qui méritaient d'être cités, et qui seuls auraient suffi à expliquer une visite spéciale de cette collection. Nous en devons une courte énumération à nos lecteurs.

i° Un manuscrit de la fin du xvi e siècle, renfermant les statuts de TOrdre du très chrétien roy de France Loys unzième, à l'honneur de Saint-Michel.

Ce manuscrit, admirablement conservé est un chef-d'œuvre. Il se compose de cinquante-neuf feuillets de vélin, y compris deux feuillets de gardes. La reliure en maroquin rouge du Levant est décoré d'arabesques de couleurs diverses dans le style dit d'Henri II.

Au milieu de la couverture, on voit un obélisque surmonté d'un croissant et autour duquel s'enroule un lierre avec cette devise :

Te stante vivebo Tant que tu seras debout, je vivrai (verdirai)

Le frontispice montre une charmante copie du saint Michel de Raphaël, peinte avec une finesse admirable; au centre d'un grand cartel à motifs d'architecture, décoré d'emblèmes, fruits, fleurs, mascarons, dont un surmonté d'un croissant, enfin sur les côtés, deux figures de femmes dans le style de Jean Goujon.

La vue du Mont-Saint-Michel, qui forme le fond de la composition est délicieuse de finesse et de détails.

Après la table des chapitres du livre de « l'Ordre du très chrétien roy de France, Loys le unzième », se trouve une autre grande miniature représentant le roy Henri II présidant la réunion des chevaliers de l'ordre.

Le roy, assis sur son trône est revêtu du manteau de Tordre, et coiffé d'une toque en velours noir, costume que portent également dixsept autres chevaliers rangés en cercle autour de lui.

Un chevalier, tête nue, en cotte d'armes fleurdelisée est debout à droite; au centre, le greffier de l'ordre donne lecture des pièces déposées sur la table devant laquelle il est assis, et qui est couverte d'un tapis fleurdelisé.

Ce tableau est, comme le premier, placé dans un cartel très richement décoré. Un des camaïeux qui l'ornent représente Diane appuyée sur son arc.

Henri II est représenté ici fort jeune; ce doit être au commencement de son règne, vers 1547, époque où il succéda à son père François I er et n'avait que vingt-neuf ans.

2 Un manuscrit, Heures latines, volume de seize centimètres de hauteur sur dix centimètres de largeur, en très bon état de conservation, ayant été réparé et relié par Dura en 1849, paginé.

Il en a été offert trente mille francs à la ville de Saint-Germain en Laye.

Ce précieux manuscrit, de la fin du xiv« siècle, sur vélin, renferme soixante-cinq miniatures qui, toutes, occupent une page entière. Un grand nombre de lettres et de fleurons sont intercalés dans le texte.

Il est attribué à Giovanni Angelico de Fiosole, plus connu sous le nom de Guido, lequel a laissé un nom illustre à la fois comme peintre et comme religieux.

On conserve à Santa Maria del Fiore deux énormes livres ornés par Fra Giovanni de miniatures vraiment divines, qu'on ne montre qu'aux jours de grande solennité.

On pense que ce volume provient d'un des seigneurs venus en France à la suite de Jacques II d'Angleterre.

Rien n'est plus beau que ces miniatures comme composition et exécution; il est presque impossible d'en donner une idée par une reproduction, car le coloris est tellement fin et délicat, qu'on ne peut s'en rendre compte d'après une simple description.

Nous avons essayé de reproduire en noir une de ces miniatures, c'est une copie sans valeur aucune et qui ne dit rien auprès de l'original, si ce n'est qu'elle peut donner aux curieux le désir d'aller par eux-mêmes voir cette petite merveille accessible à tous ceux qui en font la demande.

Ce manuscrit est inscrit au catalogue à la lettre A"* 24. A.

3° Manuscrit renfermant un fragment des belles oraisons de saint Pierre de Luxembourg; manuscrit sur vélin du commencement du xv e siècle. Lettres capitales et initiales, fleurons et vignettes en or et en couleur.

Quatre feuillets de dix-neuf centimètres de hauteur sur quatorze centimètres de largeur.

Ce fragment est inscrit au catalogue à la lettre A*** 24. A..

4 Un manuscrit renfermant des prières; manuscrit gothique du xv e siècle, sur vélin. Initiales et encadrements en couleur et or.

Seize médaillons sont intercalés dans le texte; les feuillets ont dix-sept centimètres de hauteur sur douze centimètres de largeur, reliure italienne gaufrée.

Ce manuscrit est inscrit au catalogue à la lettre A ,,# 24 A..

5° Pièce unique. Manuscrit d'un seul feuillet.

La délivrance tfOgier le Danois, fragment d'une chanson de geste.

Ce fragment de poème est écrit en bons caractères du xiv e siècle sur une feuille de vélin de 426 milimètresde hauteur sur 2?5 millimètres de largeur.

Le manuscrit devait offrir primitivement, recto et verso trois colonnes de 59 lignes chacune. Un tiers environ du feuillet a été enlevé dans le

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