‹ Le livreChapitre 126 sur 163 · iS · texte numérisé non relu

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mées, il avait grand soin de les collationner avec son texte et d'en relever les variantes en surcharge, entre les lignes.

C'est de ce recueil qu'ont été tirées et publiées dans VAthenœum français, il y a quelque vingt-cinq ans, de fort intéressantes leçons d'une ou deux satires de ce Despréaux que nous nommons plutôt aujourd'hui Boileau, je ne sais trop pourquoi : — sans penser que ses contemporains n'ont presque jamais donné ce nom de Boileau qu'à son frère Gilles, poète aussi et célèbre par ses querelles avec Ménage; à son autre frère l'abbé Jacques Boileau, l'auteur de la curieuse et peu pudique histoire des Flagellants, et enfin à un autre abbé Boileau, prédicateur assez distingué, mais qui n'était pas de la même famille; — sans penser non plus que toutes les premières éditions de ses œuvres, publiées sans nom d'auteur, portent une initiale et que cette initiale est la lettre D (Despréaux) et non B (Boileau) ; — sans penser enfin que, au xvn e siècle, il était aussi difficile de reconnaître Despréaux sous le nom de Boileau qu'un Montmorency sous son nom patronymique de Bouchard, ou, au contraire, le duc de Villemor ou le marquis de Belle-Ile sans un autre nom que leur nom patronymique de Seguier ou de Fouquet : l'usage avait de ces caprices.

Et, à ce propos, voulez-vous me permettre une rapide digression.

Un jour, un homme d'esprit et de savoir, M. Génin, feuilletant une des collections manuscrites de la bibliothèque de l'Arsenal, trouve un certain nombre de pièces de vers signées Boileau. Il s'extasie sur leur mérite, — naturellement ; — s'assure qu'elles ont été omises dans les œuvres de Nicolas Boileau-Despréaux, et se hâte, sans plus d'examen, sans plus de réflexion, de les communiquer à VAthenœum qui, de son côté, s'empresse de les imprimer.

Dès le lendemain, un de mes amis intimes courait à VAthenœum et montrait les poésies en question qui figuraient tout an long dans les œuvres de M. Boileau, c'est-à-dire de Gilles Boileau : elles étaient donc bien, en effet, de Boileau, mais non de Despréaux.

Je reviens à mon recueil. J'y relèverai tout d'abord, dans la cDpie des Stances à Molière remises par Despréaux à son ami le i er janvier i663, après Y Ecole des Femmes, une stance qui n'a pas paru dans les Œuvres :

Après le premier sixain :

En vain mille jaloux esprits, etc.

vient celui-ci :

Tant que l'univers durera

Avecque plaisir on lira

Que, quoyqu'une femme complotte,

Un mary ne doibt dire mot,

Et qu'assés souvent la plus sotte

Est habile pour faire un sot.

Sans cloute Despréaux s'est rendu compte qu'il avait mal compris et mal rendu la pensée de Molière, et qu'un pareil éloge ressemblait fort à une critique : il a donc bien fait de ne pas conserver ces vers; mais n'ont-ils pas leur petit intérêt de curiosité?

Notre collectionneur admirait beaucoup Despréaux; il recueillit, avec les Stances à Molière, plusieurs de ses satires, et aussi cinq petites pièces que nous avons lieu de croire inédites. Il est surprenant que ie poète, avare de ses vers comme il Pétait, et qui ne laissait pas même perdre de sottes épigrammes comme :

Après PAgésilas, Hélas!

n'ait pas admis ces petites poésies parmi les œuvres. Qu'avait-il à craindre ?

Elles valent bien l'énigme de la Puce ou l'épigramme sur V Amateur

d'horloges qu'il a reconnues. Elles sont signées Despréaux, ce qui n'est

pas une preuve absolument convaincante; mais si elles ne sont pas de

lui, ce sont du moins de très fidèles pastiches de la manière de l'auteur,

une imitation très réussie de sa forme et de sa manière. Nous les offrons

aux trop rares curieux qui savent encore apprécier à sa valeur l'œuvre

de Despréaux :

A une fille qui se vouloit faire religieuse,

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