PAR LES ÉDITEURS ET PAR DES PARTICULIERS
141. — Abel de Laflaie, par Pierre Oreb. Paris, Renduel, i838. In-8°.
Ce roman a pour véritable auteur M m< Leluault-Mancelière, qui l'avait fait imprimer à son compte et qui avait jugé prudent de se cacher sous un pseudonyme. Quand il fallut le publier, l'éditeur le trouva tellement médiocre qu'il ne put se décider à le mettre en vente. Il en fit simplement brocher deux exemplaires pour le dépôt légal et toute l'édition fut supprimée.
i8o LE LIVRE
142. — Académie des Dames. Venise, l'Arétin, s. d. In-8° de 420 p.
J43. — La Fille de joie, ou Mémoires de miss Fanny, écrits par elle-même. A Paris, chez M me Gourdan, 1786. In-8° de 235 p., en deux parties, avec 33 planches gravées.
144. — Histoire de Gouberdon, portier des Chartreux. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée sous les yeux du Saint-Père. A Rome, 1786. In-8° en deux parties de 179 p., 12 planches et 123 p., 11 planches.
145. — Thérèse Philosophe, ou Mémoires pour servir à l'histoire de Dirrag et de M lle Eradice (avec V Histoire de Af* 6 Bois- Laurier). S. 1. n. d. (Vers 1786 ?) 2 vol. in-8° de 182-87 P- avec 2 % planches, y compris le frontispice et les titres gravés.
Ces quatre productions obscènes ont été en partie détruites dans les circonstances suivantes, rapportées par Ulysse Capitaine, dans le Bibliophile belge (T. VIII, année i85i, p. 484-485).
« Au commencement de 1 85 1 , mourut subitement, à Liège, dans un âge avancé, M m * veuve Huet, bien connue des bibliophiles liégeois. Cette dame avait la monomanie des livres, ou plutôt du papier imprimé, et, pendant trente années, acheta indistinctement aux ventes, tout ce qui se vendait au poids du papier, entassant le tout dans huit grandes chambres de sa maison de la rue Table-de-Pierre. Elle avait ainsi acquis plusieurs fonds de librairies et une incroyable quantité de livres incomplets ou en pitoyable état. La bonne vieille dame avait en outre, dans un grenier fermant à clef, une sorte d'enfer où personne ne fut admis de son vivant. M. Ulysse Capitaine y pénétra le premier, après la mort de M œ * Huet, et, à son grand désappointement, dit-il, n'y trouva que quelques centaines d'exemplaires des quatre immondes productions cidessus décrites. Ces ouvrages, publiés sous de fausses rubriques, sortaient clandestinement des presses d'un sieur B..., imprimeur liégeois, qui exploita, le plus qu'il put, la licence de la période révolutionnaire, pour répandre ces ijnobles livres qu'il osa même annoncer dans son catalogue de 1793. — Les héritiers de M me veuve Huet, mus par le plus louable sentiment, firent impitoyablement détruire tous les exemplaires qu'ils trouvèrent dans l'enfer de leur vieille parente. »
146. — Admiranda Archimedis monumenta omnia mathematica quaî extant... ex traditione D. Francisci Maurolyci : opus prsclarissimum, non priùs typis commissum. Panormi, apud Cyllenium Hespericum, 1686. In-folio de iv-296 p.
Maurolyco, célèbre mathématicien, avait laissé en mourant une traduction latine ou plutôt une nouvelle rédaction de neuf ouvrages d'Archimède. C'est ce travail resté inédit que J.-Alph. Borelli faisait imprimer à Messine, chez PauJ Bonacotta, de 1670 à 1672, lorsqu'une révolution arrivée dans ce pays le força de quitter la Sicile en laissant inachevée l'impression des six premiers traités. Le nouveau gouvernement s'empara de l'édition qui, paraît-il, fut dé-
truite. Un exemplaire heureusement retrouvé en 1681 permit à Cyllenius de donner l'édition complète, ci-dessus décrite.
147. — Alphabet de Cadmus, avec deux dissertations sur la ponctuation d<$
l'hébreu (Paris, Hérissant, 1755). Gr. in-4*.
L'impression de cet ouvrage était presque achevée quand elle se trouva arrêtée, à la dernière feuille, par des différends survenus entre l'auteur, le P. René Olivier, oratorien, et l'imprimeur Hérissant.
L'affaire fut portée au Châtelet de Paris ; mais, avant que ce tribunal eût prononcé, tous les exemplaires furent saisis et détruits par ordre des supérieurs de la congrégation de l'Oratoire, tout simplement parce que l'auteur n'avait pas obtenu d'eux le permis d'imprimer. L'affaire, cependant, se poursuivant en justice, le P. Olivier remit à son procureur, M 6 de Milly, son exemplaire d'épreuve, que l'on considère comme unique et qui s'est depuis vendu très cher à diverses ventes.
148. — Amours (Les) de Chariot et de Toinètte, pièce dérobée à V... (Ver-
sailles). Paris (Londres), 1779. In-8° de 8 p. avec 2 figures.
Edition originale de cet odieux libelle dirigé contre le comte d'Artois et Marie-Antoinette, réimprimé trois ou quatre fois depuis. Elle fut achetée, par ordre de la cour, par l'entremise du fameux conseiller Goetzmann, et payée, au libraire Boissière, la somme de 17,000 livres, non compris les menus frais et le pot-de-vin (sic). Quelques exemplaires échappés au pilon de la Bastille permirent de faire la réimpression de 1789.
149. — Ane (L') qui prend la peau du lion, fourberie florentine à quatre personnages, histoire véridique dont la moralité est que les quatre personnages susdits en sont complètement dépourvus, par Charvet. Paris. Lacroix- Verboeckhoven et O, 1868. Gr. in-8* de 32 p. avec portrait et planche.
Brochure satirique dirigée contre M. de Nieuwerkerke, alors directeur des Beaux-Arts, qui avait acheté pour authentique un buste de Bibiena qui n'était qu'un pastiche moderne. Ce malicieux écrit ne fut pas mis dans le commerce et est devenu très rare aujourd'hui, le fonctionnaire satirisé et ses amis ayant, dit-on, fait tous leurs efforts pour le faire disparaître.
i5o. — Angleterre (U) vue à Londres et dans ses provinces, par le général
Pillet. Paris, 181 5. In-8°.
Ce livre, dit M. Dinaux, pensa coûter la vie à son auteur. Les Anglais poursuivirent cet ouvrage, qui leur était peu favorable, partout où ils purent le trouver et le détruisirent, cela lui valut d'ailleurs un grand succès ; on le vendait sous le manteau et fort cher ; les exemplaires furent portés à plus d'un louis, encore n'en pouvait-on fournir à tous ceux qui voulaient savoir ce qui faisait entrer les vainqueurs de Waterloo dans une si belle fureur.
18a LE LIVRE
1 5 1. — Anthologie sceptique, critique et récréative..., par M. G... T. .
Paris, Dentu, 1814. In-8°.
Il n'existe que trois exemplaires de ce livre qui n'a jamais été ni pu être publié. C'est ce que constate, dit M. Leber, une note signée de l'éditeur qui lui avait donné son exemplaire. L'impression, commencée sous l'Empire, n'ayant été terminée qu'après le 3o mars 18 14, les circonstances en firent d'abord suspendre la publication, et, bientôt après, l'éditeur-propriétaire en détruisit lui-même toute l'édition, sauf les trois exemplaires en question qui restèrent dans sa famille. Le titre et la table de cet ouvrage satirique n'ont point été imprimés.
i52. — Antoniana Margarita, opus nempè physicis, medicis ac theologis non minus utile quam necessarium ; auctore Gomezio Pereira. Methymnae Campi (Médina del Campo), in officinâ. Guill. de Myllis, 1554. In-folio de 16 f. dont 9 pour l'index et 832 colonnes.
Gomez Pereira, par une singularité peut-être unique, a formé le titre de son livre du nom de ses père et mère, prénommés Antoine et Marguerite; ceci, soit dit en passant, a fait commettre une bonne bévue à J.-C. Ebert, qui, prenant ces deux noms réunis pour le nom d'une seule et même personne, les a classés, comme tel, dans son ouvrage allemand intitulé le Cabinet des femmes savantes (p. 23). Le livre de M. G. Pereira est devenu peu commun et très cher. Parmi les causes de sa grande rareté, on indique la suivante, qu'il faut bien noter ici quoique très peu vraisemblable. On prétend que notre grand Descartes, ayant puisé dans Y Antoniana Margarita , une partie de ses idées sur l'âme des bêtes, aurait résolu de faire disparaître l'ouvrage qu'il avait pillé ; à cet effet il aurait, ainsi que ses amis et ses disciples, voyagé en Espagne, pour rechercher et détruire l'œuvre de son devancier. Bayle a rapporté cette légende dans son Dictionnaire, mais il s'exprime de telle façon qu'on voit bien qu'il n'y croit pas beaucoup lui-même.
i53. — Antonii Panormitœ Hermaphrodites. Primus in Germaniâ edidit et apophoreta adjecit Carol. Forbergius. Coburgi, Sumptibus Meuseliorum, 1824. In-8*.
Cette réimpression du fameux poème d'Antoine Beccatello, dit Panormita, est devenue rare ; malgré son peu d'élégance matérielle, elle est curieuse et fort recherchée des amateurs de poésie erotique latine, en raison des longs et scabreux commentaires dont le savant Charles Forberg a illustré un texte plus que lubrique, avec autant d'érudition que de naïveté. C'est précisément de là que vient la rareté de l'édition ; Charles Nodier pense, en effet, que d'un côté, l'autorité en fit secrètement détruire nombre d'exemplaires, et que de l'autre, les Meusel, redoutant des poursuites, en tirent également supprimer le plus qu'ils purent.
154. — Apocalypse (U) de Meliton, ou Révélation des mystères cénobitiques, par Meliton. Saint-Léger, i665. In-12, frontispice gravé.
Voltaire s'est trompé en attribuant ce livre à Le Camus, évêque de Bellay; il est du P. Pithoys, qui s'est effectivement beaucoup aidé des œuvres du
DE LA DESTRUCTION VOLONTAIRE DES LIVRES OU BIBLIOLYTIE i8j
fécond prélat. Les moines ont, assure-t- on, détruit maints exemplaires de cette production qui leur est peu favorable et qui contient, sur le monachisme, des révélations et des critiques d'autant plus désagréables qu'elles provenaient d'un homme engagé lui-même dans les ordres.
i55. — Ars signorum, vulgô character universalis et lingua philosophica, etc., etc. (Auctore Dalgarno.) Londini, J. Hayes, 1661. Pet. in-8° de 1V-127P., avec une carte repliée.
Ouvrage si rare que Locke considérait son exemplaire comme unique; d'une part, l'incendie de Londres, en 1666, n'épargna aucun des exemplaires restés presque tous en magasin; de l'autre, le célèbre John Wilkins, évêque de Chester, s'étant emparé sans façon, dès 1668, de la pensée du fou Dalgarno dont il avait été le souscripteur et l'adepte, aurait, par tous les moyens en son pouvoir, fait rechercher et détruire les quelques exemplaires vendus avant l'incendie, et qui menaçaient tôt ou tard son hardi plagiat d'une fâcheuse révélation. Il est certain que, dans son livre : Essay towards a real character and a philosophical language (London, 1668, in-folio), Wilkins n'a nullement indiqué à quelle source il avait puisé ses idées.
1 56. — Au Roy et aux Commissaires du conseil députés par arrêt du 4 déc. 1723, pour connoître de l'appel comme d'abus du décret d'union et incorporation du collège des Jésuites de Reims à l'Université de cette ville. — Paris, C.-L. Thiboust, 1724. In-folio de 180 p. Signé : Dagoumer, recteur, et M° Godefroy, avocat.
On lit la note suivante sur la garde de l'exemplaire de la bibliothèque Sainte-Geneviève : « Cette requeste fut présentée par l'Université à M. Dar» menonville (sic), garde des sceaux, qui l'ayant communiquée aux Jésuites, ils (sic) supplièrent ce magistrat d'engager l'Université de supprimer cette requête en promettant de ne point suivre davantage l'affaire de l'Université de Reims. Cela fut convenu ainsi, mais M. Dagoumer dit au magistrat qu'il en avoit dis* tribué cinq ou six exemplaires. Tout le reste fut détruit; celui-ci est un des distribués. »
157. Bibliothèque universelle des Romans , contenant l'analyse raisonnée des romans anciens et modernes, français et étrangers, etc. — Paris (impr. de Didot l'aîné), 1782, 3 vol. in-4 .
Le comte de Villa Hermosa y gentilhomme espagnol enthousiasmé pour la Bibliothèque des romans (in- 12), avait chargé Bastide, l'un des rédacteurs et propriétaires de cette collection, d'en faire une édition in-4 complète, du plus grand luxe et tirée seulement à 5o exemplaires. La mort du Mécène, arrivée pendant l'impression du 3 e volume, arrêta cette entreprise plus somptueuse qu'utile. L'édition fut presque entièrement détruite, et surtout le tome III, dont 20 feuilles seulement étaient achevées. Je ne possède que les deux premiers volumes; mais Renouard avait un exemplaire complet de l'ouvrage et en connaissait deux autres en cet état.
i58. — Catéchisme des gens marie\. S. L. N. D. (Caen, Le Roy, 1782), in-12 de 53 p. Réimprimé à Bruxelles, chez Gay, il y a cinq ans et tiré à petit nombre.
Le P. Féline, missionnnaire, est l'auteur de ce catéchisme destiné aux jeunes époux. Parmi d'excellents préceptes moraux et religieux, on y trouve des détails fort déplacés et des questions bien scabreuses pour les imaginations ardentes. Aussi l'autorité ecclésiastique en fit-elle racheter et détruire le plus d'exemplaires possible, piesque aussitôt après la publication.
1 59. — Catéchisme du citoyen français, composé de l'esprit et de la lettre de la nouvelle Constitution; par M. l'abbé Auger. — Paris, s. d., Crapard (Didot fils aîné, 1790) in-18 . Rarissime.
Cette production, bien innocente à tous égards, au moyen de laquelle le bon Auger cherchait, de la meilleure foi du monde, à concilier Dieu et le diable, les royalistes et les révolutionnaires, fut presque totalement détruite dans une expédition populaire faite en 1791 ou 1792, chez le libraire Crapart, suspect de contre-révolutionnarisme, et dont les magasins furent saccagés et détruits avec leur contenu.
160. — Chant du Sacre, ou la veille des armes, par A. de Lamartine. — Paris,
Baudouin frères et Carrel, 1825, in-8°, papier vélin.
Édition originale de ce chant célèbre; elle fut, on le sait, achetée presque tout entière à l'éditeur pour être anéantie à cause de quelque vers, des pages 19 et 20, qui étaient blessants pour la famille d'Orléans. Dans la réimpression, dûment corrigée, la page 19 n'a que 1 1 vers au lieu de i3, et la page 20, 8 vers au lieu de 10.
161. — Chants (les) de Maldoror, par le comte de Lautréamont. — Paris et
Bruxelles, 1874, in-12.
Poème en prose composé, dit M. J.-J. Gay, par un fou érotico-mystiqu e; les exemplaires ont été retirés du commerce par la famille de l'auteur et supprimés.
162. — Chroniques (les) de Froissart. — Paris, imprimerie royale, vers 1788,
in-folio.
Cette belle édition, entreprise par Dacier, ne put être terminée; 632 pages seulement du premier volume ont été imprimées, et tout le tirage a été vendu au poids et détruit pendant la Révolution.
i63. — Commentarium de origine et statu antiquissimœ civitatis Augustœ-Trevirorum, S. 1. n. d. (Colonise, vers 1 576-1580). in-folio de vm-a5o p. plus un f. d'errata.
Première édition de cet ouvrage intéressant de Guillaume Kyriander; elle est extrêment rare, parce que Jacob, archevêque de Cologne, en fit acheter et détruire presque tous les exemplaires, on ne sait pour quel motif. L'ouvrage de Kyriander a été plusieurs fois réimprimé, de i6o3 à 1625.
DE LA DESTRUCTION VOLONTAIRE DES LIVRES OU BIBUOLYT1E 18s
164. — Conciliorum Galliœ tam editorum quam ineditorum Collectio, operâ et studio monachorum congregationis S. Mauri. — Parisiis, 1789, in-folio.
Le P. Daniel Labat dirigeait la publication de ce bel ouvrage, qui devait avoir huit volumes, mais dont le premier seul fut publié; il s'étend de Tan 177 à l'année 591.— La moitié du tome second était déjà composée, assure-t-on, quand la révolution vint interrompre cette précieuse publication dont tout le tirage existant fut détruit.
i65. — Contes et nouvelles en vers de M. de Lafontaine. Paris, Louys Billaine,
1669. Gr. in- 12 de 6 f. et 249 p.
L'auteur des Sentimens critiques sur La Bruyère (édit. de i70i,p. 3oi) rapporte c que le libraire qui s'étoit d'abord chargé d'imprimer ces contes en eut du scrupule, et qu'il brûla, par le conseil de son directeur, tous les exemplaires qui lui en restoient ». — Le motif de cette destruction serait, d'après Brunet et Walckenaér, qu'à la page 119, où finit la Servante justifiée, ce conte est terminé par deux lignes fort mal rimées, qu'on ne croit pas de Lalontaine, et qui sont d'une obscénité telle que Charles Nodier ne les a pas reproduites, c par la simple raison qu'on ne peut pas les copier ».
1 66. — Contes turcs en langue turque, extraits du roman intitulé les Quarante Visirs; par M. B. Belletête. Paris, de l'Imprimerie Impériale, Debure père et
fils, 18 12. In-4 .
A la fin de cette édition en langue turque était une partie de 48 pages, précédée d'un titre spécial, contenant un commencement de traduction française, par Belletête. La mort empêcha ce savant de mener à bonne fin sa traduction et les éditeurs ont supprimé de l'édition les pages françaises déjà parues.
167. — Correspondance de la Reine avec d'illustres personnages. S. 1. 1790. In-
18% portrait.
Ce pamphlet, dirigé contre Marie-Antoinette, sort de la fabrique des amis de la fameuse comtesse de La Motte, a cette femme, dit la préface, aussi innocente que malheureuse ». Mais on peut assurer, dit M. Millot, « que des lettres de la reine, non moins compromettantes, quoique plus honorables que cellesci, ont réellement existé et que le roi Charles X les racheta en 1828 pour les détruire au moment où un libraire se préparait à les publier; c'est un fait que l'éditeur M. Baudouin pourrait certifier ». M. Baudouin, cependant, ne fait aucune allusion à ceci dans ses Souvenirs.
168. — Cour (la) de Hollande sous le règne de Louis Bonaparte; par un audi-
teur (A. Garnier). Paris, 1827, in-8°.
Ce livre, écrit sous la Restauration et contenant maints passages blessants sur les rapports très tendus qui existèrent entre Napoléon I er et son frère, le roi de Hollande, est devenu assez rare, un grand nombre d'exemplaires ayant
i86 LE LIVRE
été recherchés depuis et soigneusement détruits par les descendants des deux monarques.
169. — Cours des principaux fleuves et rivières de l'Europe, composé et imprimé par Sa Majesté Louis XV. Dirigé par Jean Colombat. Paris, dans le cabinet de Sa Majesté, 1718, pet. in-4 , avec un rarissime portrait de Louis XV enfant.
Vers i8o5, ditRenouard, on retrouva environ 1 5o exemplaires de cet opuscule assez insignifiant. Mis en vente, ils furent rachetés par un particulier qui, paraît-il, les détruisit presque tous pour rendre plus précieux les quelques exemplaires qu'il lui plut de conserver.
170. — Curialia, or an historical account of some branches of the royal hou-
sehold, etc. By Samuel Pegge. London, 1791, in-4 .
Ce livre ne contient ordinairement que trois parties publiées en 1782, 1784 et 1791, avec un titre général, mais J. Nichols, ayant acheté les manuscrits de l'auteur, fit imprimer en 1806 une quatrième et une cinquième parties dont malheureusement presque tous les exemplaires ont été détruits, on ne sait pourquoi. — Un exemplaire bien complet des cinq parties des Curialia est aussi rare que coûteux!.
171. — Découverte [la) de l'origine et de l'étymologie de tous les mots composant la langue française, par M. Le Sellier, médecin à Nesle. Saint-Quentin, 1846, in-8°.
Livre singulier et rare, la famille de l'auteur ayant détruit tous les exemplaires qu'elle a pu trouver.
172. — Découverte (la) des nouveaux mondes, ou l'Astrologue curieux. Par le
sieur de Saint-Hilaire. Rouen, Barthelier, 1667, in- 12.
Sous le pseudonyme de Saint-Hilaire, se cache le P. Porphyre Marie d'Aix, capucin, homme instruit et d'une grande imagination, sur lequel on trouve un curieux article dans le Dictionnaire des hommes illustres de la Provence, (Marseille, 1786, in-4 , t. II). Les supérieurs de l'auteur firent supprimer soigneusement son ouvrage à cause de l'hypothèse de la pluralité des mondes, qui y est longuement développée; on y trouve aussi l'idée des globes aérostatiques et celle du magnétisme animal. Ces nouveautés ne plurent guère aux supérieurs du pauvre religieux et la suppression de son livre fut si exacte que Quérard pense qu'il n'en existe qu'un exemplaire.
173. — Description de la Lorraine et du Bar rois, par Durivai l'aîné. Nancy,
1778- 1783. 4 vol. in-4 .
Livre rare, mais surtout avec le quatrième volume qui manque presque toujours et dont l'édition fut vendue à un épicier pendant la Révolution.
174. — Description générale du département de l'Isère, par F. -M. Perrin du Lac. Grenoble, 1806. 2 vol. in-8°.
L'inexactitude de ce médiocre ouvrage ayant été démontrée dans un rapport fait au Conseil général de l'Isère, d'après l'ensemble des bonnes feuilles qu'avait présentées l'auteur, le Conseil refusa toute subvention. Le livre ne fut pas terminé et ce qui en avait été imprimé fut détruit à l'exception de trois ou quatre exemplaires.
175. — Description historique et chronologique de l'église métropolitaine de Paris... (par l'avocat Charpentier). Paris, Delormel, 1767. In-folio, planches.
Le tome premier seul de cet ouvrage a été imprimé; il n'a pas été mis en circulation et Ton ne sait ce qu'est devenue l'édition. Quant au tome second il n'en a jamais existé que les planches.
176. — Dialogue entre le Maheustre et le Manant, contenant les raisons de leurs débats et questions en ces présens troubles de France. S. 1. (Paris). 1594, pet. in-8°, fig.
Edition originale de ce libelle, le plus curieux qu'ait vu paraître la Ligue; il a pour auteur Louis Morin, dit Cromé et a été plusieurs fois réimprimé. Quant à cette édition, elle est devenue fort rare parce que, d'un côté, les amis du duc de Mayenne et de l'autre les partisans d'Henri IV, cachés sous le nom de Politiques, s'efforcèrent également d'en rechercher les exemplaires et de les détruire.
177. — Dictionnaire abrégé français-arménien et arménien-français, par le P. Pascal Aucher. Venise, de l'imprimerie de l'Académie arménienne, 1812 et 181 7. 2 vol. in-8.
Suivant le catalogue Langlès, le second volume de cet ouvrage serait devenu introuvable parce que l'édition entière aurait été détruite. Cette allégation semble un peu exagérée.
1 78. — Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du libraire et de l'amateur de livres, etc., etc.; Paris, librairie de Firmin-Didot (1866). Gr. in-8° à 2 colonnes.
Cet excellent ouvrage, qui sert de supplément au Manuel de J.-C. Brunet, est, comme on sait, de M. P. Deschamps, et a été publié d'abord en livraisons. A peine la première eut-elle paru, que la Revue critique d'histoire et de littérature (n° 47,24 novembre 1866) donna à son sujet un article contenant diverses observations aussi justes que sévèrement formulées; l'auteur de cet article, signé P. M., signalait notamment de fortes bévues aux articles : Angers, Andrinople, Caprera, etc., etc. — La maison Didot n'hésita pas à faire détruire immédiatement tout ce qui lui restait de cette première livraison, qui fut soigneusement corrigée et réimprimée. C'est celle que Ton trouve maintenant
dans tous les exemplaires du Dictionnaire de Géographie , où elle a fort avantageusement remplacé le premier travail de M. P. Deschamps.
179. — Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, etc., des familles nobles de France; par fr. Alex, La Chenaye-Desbois. Paris, veuve Duchesne et Fauteur, 1770- 1786. i5 vols. in-4 .
On rencontre assez souvent les douze premiers volumes de ce précieux ouvrage ; mais il est presque impossible de se procurer les trois volumes de supplément, donnés par l'abbé Bardier, et dont presque tous les exemplaires ont été détruits pendant la première révolution.
180. — Dictionnaire des arbitrages simples, considérés, par rapport à la France, dans les changes entre les villes commerçantes, par F. Corbeaux. Paris, 1802. 2 vol. gr. in-4 .
L'auteur de ce travail peu pratique et médiocrement conçu avait fondé de telles espérances sur sa publication qu'il ne se détermina qu'à grand'peine, sur les conseils de son imprimeur, à le tirer à 2,000 exemplaires seulement (!). Il en fit de nombreux présents qui, avec ce qu'on put vendre, épuisèrent à peu près le quart de l'édition. Les i,5oo autres exemplaires ne se vendirent pas du tout et l'imprimeur dut les utiliser pour la maculature. Corbeaux qui, dès la mise en vente de son Dictionnaire, s'était occupé d'en préparer une seconde édition largement augmentée, dut renoncer à ce projet, en présence du mauvais accueil que lui avait fait le public.
181. — Didascalia Christianiki na lejete apô ta Jesuitomathitopula is ti chio Proseochi Thachini Ke aletines Evlavie. En Zanclifi, 1754. In-12 (Titre en grec).
Ce petit livre est un catéchisme en grec vulgaire que les Jésuites avaient composé pour l'usage des Grecs catholiques de l'île de Chio. Les Capucins l'attaquèrent, par rivalité d'ordre, comme contenant des hérésies, et le firent détruire avec le plus grand soin. Cette supression a été si exacte que l'on ne connaît, en France, qu'un exemplaire de ce catéchisme, qui a successivement appartenu à M. Marin, ancien secrétaire général de la librairie et à Arthur Dinaux.
182. — Diplomata, Chartœ, Epistolœ et alia monumenta ad res francicas pertinentia, ex diversis archivis eruta : Notis illustrarunt et ediderunt L.-G.-O. Feudrix de Bréquigny et F.-J.-G. de La Porte du Theii. Parisiis, Nyon, 1791. 3 vol. in-folio.
Encore un de ces magnifiques et précieux ouvrages dont les exemplaires ont été en grande partie détruits par suite des événements révolutionnaires.
1 83. — Disputatio medico-diœtetica de aère et esculentis neenon de potu ; auctore Joan. -Franc. Rauch. Viennae-Austriae, 1622- 1624. In-4* de 36 p. Très rare.
Dans ce curieux petit traité, l'auteur, médecin estimé établi à Vienne, soutint que le chocolat et le vin devaient être formellement interdits aux
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moines, comme les excitant trop au libertinage, et que, par cette défense, on éviterait de grands scandales. On juge si les moines de tous ordres goûtèrent beaucoup cette dissertation, aussi rivalisèrent-ils de zèle pour en détruire tous les exemplaires qu'ils purent atteindre.
184. — Dissertations féodales ', par P.-Paul-Nic. Henrion de Pansey. Paris, Théophile Barrois jeune, 1789. In-4 . T. I er et II, seuls publiés.
Cet ouvrage inachevé, et dont la publication a coïncidé avec la suppression de la féodalité en France, n'offre plus d'autre utilité que sa partie historique qui est pleine d'érudition et présente toujours un véritable intérêt. Malheureusement les exemplaires en sont devenus assez rares, la presque totalité de l'édition ayant été détruite pendant la révolution.
i85. — Diverses (Les) Poésies du sieur de La Fresnaye-Vauquelin. Caen, Ch. Macé, i6o5. In-8° (et 16 12, avec un nouveau titre.)
Ce recueil est très rare en cette édition, la famille de l'auteur, suivant le Segraisiana, p. 102, ayant détruit tous les exemplaires qu'elle a pu retirer des mains du public.
186. — Enéide (U) de Publius Virgile^ en vers français, par Frécot Saint-Edme. S. 1. Paris, l'auteur et Lenormand, an XII. In-8° de vm-448 p.
Charles Nodier a consacré un curieux article dans la Décade (i8o3, i er trimestre, p. 493), à cette traduction d'un grotesque achevé et qui commence par le vers fameux : « Moi, celui qui, jadis, sur un pipeau champêtre... » — Elle est devenue extrêmement rare, la famille de l'auteur ayant retiré et détruit tous les exemplaires qu'elle a pu récupérer. — Frécot Saint-Edme, ancien lieutenant-général au baillage de Dijon, est mort à Heloup, près d'Alençon, vers 18 j 2.
187. — Errata Pétri Alcyonii in interpretatione Aristotelis 1 à Jo. Genesio
Sepulveda collecta...
Dans ce petit livre, Jean Genès de Sepulveda, de Cordoue, avait sévèrement relevé les erreurs commises par Pierre-Ange Alcionio, de Venise, dans sa traduction des œuvres d'Aristote, Venise, 1 52 1, in-folio. Le traducteur fut si mortifié de ces critiques et du ridicule qu'elles lui donnèrent, ainsi que de l'approbation que leur accordèrent les savants, que, suivant Paul Jove et le P. Niceron, il n'eut d'autre ressource que de courir les boutiques des libraires, pour racheter à grands frais et jeter au feu tous les exemplaires des Errata. — C'est donc la critique satirique de Sepulveda, et non , comme on l'a prétendu, sa propre traduction qu'Alcionio a détruite.
188. — Ericij Puteani de Conviviorum luxu epistola. Lovanii, 1608. In-16.
Ce livret fît grand bruit. Les Anversois, grands amis de la bonne chère, se crurent personnellement visés et outragés par l'auteur; aussi, comme rirent plus tard les moines attaqués par le D r Rauch (voir ci-dessus n° 174), ils mirent
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tous leurs soins à détruire les exemplaires de cet opuscule devenu vraiment fort rare.
189. — Essai historique sur la puissance temporelle des papes, par Daunou. Troisième édition, Paris, Le Normant, imprimerie du Gouvernement, 1811. In-8<\
Cette édition, faite à l'Imprimerie impériale et en quelque sorte sous les auspices du gouvernement, fut cependant détruite par son ordre, au commencement de 181 3, les circonstances ayant changé. — Quérard pense, qu'outre ceux distribués par l'auteur, une soixantaine d'exemplaires ont pu être sauvés.
190. — Essais historiques sur la vie de Marie- Antoinette, reine de France. En deux parties : la première, s. 1. n. d.; la deuxième, Versailles. Paris, chez la Montensier, hôtel des Courtisanes, 1789. In-8°.
L'inspecteur de police Jacquet, dit le catalogue Leber, après avoir fait imprimer secrètement cet odieux libelle par le fameux libraire Boissière, le dénonça à son chef, le lieutenant de police. — Comme il y comptait bien, il fut chargé de racheter l'édition à tout prix. Il partit pour Londres et en revint avec deux ballots ; l'un, contenant soi-disant tous les exemplaires du libelle, fut remis au lieutenant de police; mais l'autre, contenant la moitié de l'édition, fut mis en lieu sûr et vendu peu à peu sous le manteau ; bien entendu Jacquet et Boissière partagèrent les bénéfices de cette fructueuse opération. Manuel, dans sa Police dévoilée, dit que ce fut l'agent Receveur qui fut chargé de la négociation avec Boissière. C'est possible, mais peu importe le nom du misérable qui commit cette double infamie.
191. — Etrennes binchoises pour l'an 1829, par C.-E. de B***. Binche, impr.
d'Hip. Fontaine. S. d. Pet. in- 18 de 60 p. et 2 tableaux.
Ce rarissime almanach, qui ne parut qu'une année, est de M. Eugène de Biseau de Hauteville. On y trouve un peu de tout et notamment des facéties un peu grasses qui déterminèrent les parents de l'auteur à retirer et à détruire tous les exemplaires qu'ils purent se procurer.
192. — Examen de conscience pour un roi, par Fénelon. Ouvrage qui devait paraître à la suite du beau Télémaque in-folio, publié en 1734, à Amsterdam chez Wetstein, Smith et Châtelain,
D'après Barbier, on aurait imprimé séparément 35o exemplaires de l'Examen de conscience, mais ils auraient tous été supprimés sur les réquisitions de la famille de Fénelon qui avait, du reste, reçu des instructions en ce sens de la cour de France. Ce livre a été publié depuis, à diverses reprises, et, pour la première fois, à La Haye, en 1747, sous le titre de : Directions pour la conscience d'un roi, composées pour l'instruction du duc de Bourgogne, par Fénelon, In-8° et in- 12.
193. — Explication de l'énigme du roman de M. Montjoye, intitulé : Histoire de la conjuration de Louis-Philippe- Joseph d'Orléans. — Vérédishtad. (Paris). S. d. Trois parties en 4 vol. in-8° de 229, viu-296, vm-359 et xxvu- 387 p.
Cet ouvrage attribué à Jacques-Marie Rouzet de Folmon, ex-conventionnel, fut imprimé avant 18 14 aux frais de la duchesse-douairière d'Orléans. Aucun exemplaire, dit Barbier, ne fut mis en vente du vivant de cette princesse, et tout porte à croire que l'édition a été supprimée pour la plus grande partie. De rarissimes exemplaires, parus dans les ventes il y a quelques années, se sont vendus jusqu'à i5o fr. Il est parlé plus loin (n° 195) de l'ouvrage de Montjoye.
194. — Explication de quelques endroits des anciens statuts de l'Ordre des Chartreux. A la Correrie, André Galle. S. d. (vers i683). In-4 Q de 166 p.
Ce très rare volume, imprimé aux presses particulières des Chartreux, est de Dom Masson ; il paraît que les supérieurs de l'auteur, mécontents de certaines propositions qui y étaient contenues, firent supprimer toute l'édition.
Fille {La) de joie. — Voir : Académie des Dames.
195. — Filostrato (77), poema di Gio. Boccaccio, ora per la prima volta dato in luce (dal P. Luigi Baroni, Servita). Parigi, presso fr. Ambr. Didot il maggiore, 1789. In-8°.
Cette édition du poème de Boccace eut un assez triste sort : d'abord elle parut à une époque peu favorable à son débit ; puis son auteur, le P. Baroni, fut assez vertement critiqué pour avoir présenté comme inédit un ouvrage, rare il est vrai, mais dont il existait déjà trois éditions au moins ; enfin, sur 1,000 exemplaires dont elle se composait, on n'en vendit pas i5o. En 1804, Renouard en racheta d'un coup 845 ; trois ans après, ne les voyant pas partir de chez lui, il les mit tous à la rame, sauf une cinquantaine des plus beaux, de telle sorte qu'il n'en reste pas en tout 200 en circulation aujourd'hui.
196. — Galerie (La) des femmes^ collection incomplète de huit tableaux recueillis par un amateur (de Jouy). Hambourg. Paris, 1799 (?). 2 vol. in- 12 de 170 et 1S4 p.
On assure que presque tous les exemplaires de la première édition de ces huit nouvelles assez légères ont été retirés et supprimés, peut-être par l'auteur qui regrettait cette publication, peut-être par le libraire qui craignait d'être inquiété. — Une réimpression a été faite. à Bruxelles, en 1867. Pet. in-8* de 237 p., par un éditeur moins scrupuleux.
197. — Glossaire de la langue française, par La Curne de Sainte-Palaye,
continué par Mouche t. In-4 .
Ce magnifique et gigantesque lexique, dont un habile éditeur nous a récemment donné une si belle impression, fut commencé peu de temps avant
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la révolution. Le tome I er , allant jusqu'à la page 735 et s'arrêtant au mot asseurete\ était presque terminé lorsque les événements interrompirent cette précieuse publication, et tout le tirage fut dispersé et détruit, sauf quelques rares exemplaires.
198. — Harmonie des prophéties et des prédictions tant anciennes que modernes sur la durée des souffrances de l'Eglise. An VI. In-8°.
Cet ouvrage ne s'est pas vendu, dit le catalogue Barbier (n° 19) ; le curé de Dammerville fit brûler tout ce qui en restait, à la mort de l'éditeur survenue vers 1809.
1 99. — Hippocratis de Officinâ medici et de fractis libri duo, grsecè et latine, edente fr. Mar. Bosquillon. Parisiis, Ant.-Aug. Renouard, 18 16. In-4% frontispice et in-8\
Ce n'est qu'un fragment de l'édition que Bosquillon se proposa de continuer, pendant plus de trente ans. A sa mort, il n'avait encore fait imprimer que quelques feuilles. Renouard, acquéreur de tous les exemplaires, n'en garda que 120 in-8°, 3o in-4 , y fit mettre un frontispice et détruisit tout le reste.