PREMIÈRE PARTIE
un comité de 12 membres élus, sortant à tour de rôle par quart, dont 3 sont chargés de la trésorerie. Ces 12 membres reçoivent une indemnité annuelle de 200 £. Ils doivent assurer une permanence d’au moins 1 membre. — Le service matériel est assuré par des garçons (waiters) et par 3 patrons (masters) qui encaissent les cotisations et en retour paient le loyer, fournissent le matériel et le mobilier, publient les informations, assurent le service de la correspondance. — Chaque membre du Lloyd’s est élu au scrutin secret après sa présentation par 6 parrains ; il verse 25 £ de droit d’entrée et est astreint à une cotisation annuelle de 4 £ pour lui ou chacun de ses fondés de pouvoirs. (Il y a à cette époque 1.600 membres inscrits au Lloyd's). |
De 1811 date également la création, dans tous les ports du monde, des agents représentant la corporation, ils sont choisis avec un soin extrême et sont chargés de veiller à,la sauvegarde des intérêts de leurs mandants
dans toutes les circonstances où ces intérêts peuvent se
trouver engagés.
Il convient de relater ici, un peu en marge de l’histoire
- du Lloyd’s proprement dite, les deux phases d’une lutte à laquelle il prit une part très considérable.
En 1810, de puissantes Sociétés (Cie du Globe, Syndicat
des Négociants), envieuses des bénéfices réalisés par les
deux compagnies à charte, parviennent à faire déposer
aux Communes un projet de loi visant à la suppression
du monopole de 1720. Malgré un avis favorable de la commission nommée à ce sujet (qui avait constaté que 50 0/0 des risques offerts restaient à découvert) la Chambre des Communes, sous l'influence de Marryat, président du comité du Lloyd’s, rejeta le bill proposé. — Il est curieux de constater que les plus chauds défenseurs des Compagnies étaient leurs anciens détracteurs, qui avaient depuis longtemps compris l'avantage de n'avoir dans leurs opérations que deux concurrents.
Mais en 1826, le banquier Nathan Rothschild crée une Compagnie d'assurances sur la vie, y adjoint un service d'informations et demande la liberté de faire des assurances maritimes. Le Lloyd’s eut beau développer toutes ses influences, celles du riche banquier l'emportèrent ; et l’édit de 1720 fut définitivement abrogé. Pour en terminer avec cette parenthèse, ajoutons que cette abrogation, si elle permit à de nombreuses Compagnies de se créer et de se développer (1), ne nuisit en rien à la prospérité du Lloyd's, qui est aujourd’hui plus puissant que jamais.
Revenons aux événements intéressant plus directement l'association.
En 1538, l'édifice du Royal Exchange fut détruit par un incendie et les importantes archives du Lloyd’s en grande partie anéanties. (Notons en passant que la Reine
(4) IL y eut, en effet, une multitude de Compagnies qui naquirent à ce moment, dont beaucoup sous la forme de mutuelles entre négociants ou
armateurs. Un certain nombre ont disparu depuis, mais la plupart existent toujours. :