QUATRIÈME PARTIE
des grandes compagnies où la bureaucratie règne sans conteste; c’est ce courant de traditions, pour ne pas vouloir dire de routines, qu'il est extrêmement difficile de remonter.
Quelques exemples récents nous ont montré que la bonne volonté des compagnies est indiscutable et qu’elles cherchent à secouer leur apathie séculaire, mais ils prouvent aussi, hélas! l’incroyable force de résistance des préjugés enracinés. Par une décision du 11 décembre 1919, l’Assemblée plénière des Compagnies d'assurances à primes fixes contre l'incendie prenait l'engagement de délivrer aux assurés, ou aux courtiers les représentant, des notes de couverture valables jusqu’à l’établissement des polices régulières — ce qui, étant donnée la désorganisation due à la guerre, devient de plus en plus une opération à long terme — c'était là une excellente mesure. Mais les services intérieurs desdites compagnies, dérangés dans leurs chères habitudes de toujours, ne tardèrent pas à opposer une telle force d’inertie au nouveau principe qu’elle en supprima radicalement et rapidement la pratique. Malgré les efforts des grands courtiers, les errements d’autrefois sur ce point se renouvellent sans amélioration.
Dans la même séance, il avait été décidé que la compagnie apéritrice d’un risque se chargerait de l'étudier et de transmettre le résultat de cette étude à ses co-assureurs
éventuels qui, débarrassés de ce souci, auraient pu prendre PAU
ainsi une décision rapide. Un seul contrat aurait été émis et signé par tous les co-assureurs. Cette décision qui avait pour but d’accélérer le mouvement des affaires fut une décision mort-née : elle ne fut jamais appliquée.
De ces considérations, on peut aisément découvrir dans quel sens notre système actuel pourrait être complété ou modifié et combien simple en somme doit être la réalisation du programme suivant :
4° Admission de la pratique de la note de couverture, que les timides essais tentés jusqu'ici ne doivent pas discréditer. Il résulterait en effet, de son usage, une sûreté qui faciliterait grandement les opérations entre compagnies et assurés, une réduction sensible des cas discutables pouvant amener entre eux des frictions préjudiciables aux intérêts de tous. C’est d’ailleurs une question de bonne foi : la Compagnie qui consent à s'intéresser sur un risque doit en accepter immédiatement la responsabilité et rien ne doit la gêner pour en donner une preuve écrite...
2 Expédition plus rapide des affaires. Actuellement, si l’on a besoin de ‘vingt compagnies pour assurer une usine, l'affaire est étudiée par les vingt compagnies; vingt inspecteurs font vingt visites sanctionnées par vingt rapports — souvent contradictoires — et dans les vingt administrations chaque proposition suit la filière que nous avons indiquée plus haut. La décision du
11 décembre 1919 venait heureusement corriger ce