INTRODUCTION
L'ordre des Polychètes comprend des Annélides très différents au point de vue de la forme, et cette variabilité se manifeste surtout à l'extrémité antérieure du corps. On peut dire que chaque genre présente une conformation particulière du lobe céphalique, un nombre et une disposition spéciale d'organes sensitifs, un aspect et une constitution du cerveau qui lui est propre. Pour le naturaliste qui s’adonne à l'étude de ces animaux, la morphologie du lobe céphalique se dresse
(1) On emploie généralement pour désigner la masse nerveuse sus-æsophagienne des Polychètes les mots ganglion cérébroïde. Ce terme est impropre, car ganglion exprime l’idée d’une unité et cette masse nerveuse sus-æsophagienne est un complexe. IL a paru préférable de réserver le mot ganglion pour les masses nerveuses simples dépendant des organes sensitifs spécialisés. Il ne restait donc (à moins de créer un mot nouveau ou d'employer des périphrases) que les expressions : (Cerveau et Æncéphale. L'emploi des deux pourra paraître déplacé, d'autant plus que cela n'implique nullement dans l’idée de l’auteur une homologie complète avec les organes désignés sous ces mots chez les vertébrés. Faute de mieux, ces termes ont été employés dans ce travail dans le sens suivant : l'excéphale est la masse nerveuse complexe située dans le lobe céphalique et formée par trois cerveaux dont certaines
parties peuvent se spécialiser pour former des ganglions.
Lena
comme un gros point d'interrogation qu'il importe surtout de résoudre.
On ne peut pas arriver à une solution en parcourant les nombreux mémoires qui traitent ce sujet, car les avis les plus contradictoires ont été soutenus par les zoologues les plus éminents. Les questions primordiales sont résolues de manières complètement différentes, et pour n’en citer qu’un exemple, il y à autant d'opinions que d'auteurs sur la valeur morphologique du lobe céphalique comparé aux segments du corps et aux différentes parties de la larve trochophore. Il est absolument nécessaire de reprendre ces études pour son propre compte pour arriver à une conception personnelle.
Le présent mémoire a justement pour but d'exposer les recherches faites en vue d'acquérir une opinion personnelle sur le lobe céphalique et l'encéphale des Polychètes; ce sera donc aussi bien un apport de matériaux nouveaux pouvant fournir quelques lumières dans la discussion de ce sujet, qu'une revision critique des opinions soutenues par les auteurs antérieurs. Les résultats de cette enquête ont servi à établir une nomenclature morphologique des différents organes du lobe céphalique, et ont servi de base à quelques essais d'explication de leur structure. Cela permettra peut-être de mieux comprendre cette partie si compliquée du corps des Polychètes.
Il est nécessaire d'expliquer quel est le sens donné au mot comprendre en l'employant d'une manière non usitée dans le langage courant.
Comprendre un tissu, un organe, un animal, c’est le ramener à une unité d'ordre plus primitif, ce qui permet de comparer ce tissu, cet organe, cet animal à d’autres tissus, organes, animaux, analogues ramenés à la même unité. Pour comprendre un organe, il ne suffit pas de connaître son anatomie et même son développement, il faut le ramener à un organe plus primitif qui puisse donner la clé du comment de son organisation.
Des exemples feront mieux saisir cette idée. Pour comprendre le parapode si varié dans sa forme chez les différents Polychètes, il ne
suffit pas de connaître son anatomieet son organisation dans les diffé-