‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 28 sur 42 · CERVEAU POSTÉRIEUR · texte numérisé non relu

CERVEAU POSTÉRIEUR

Disrosirion GÉNÉRALE pes ÉLÉMENTS (fig. 11 et 17). — On sait, d'après ce qui a été dit dans la partie anatomique, que cet appareil se trouve situé en dessous de l'extrémité antérieure de la caroncule et en dessus et en arrière du cerveau moyen. Deux masses arrondies parfaitement symétriques le composent et chacune donne en avant un gros nerf qui se dirige d’abord verticalement dans la caroncule et se divise à l'extrémité antérieure de cette dernière en deux branches. La branche inférieure immédiatement après sa naissance se recourbe en angle droit et parcourt la base du flanc interne du lobe latéral de la caroncule dans toute sa longueur ; la branche supérieure continue pendant un certain (temps son trajet vertical, mais, arrivée à la base du lobe médian de la caroncule, elle se recourbe aussi en angle droit et le parcourt dans toute la longueur. Le ganglion lui-même est formé par une partie centrale allongée dans la direction de l'axe de cet organe, partie qui est formée par la substance ponctuée. Le nerf de la caroncule s'y rend et en même temps, plus en dedans, la substance ponctuée du cerveau postérieur se continue avec la substance ponctuée du cerveau moyen par l’intermédiaire d’une courte et étroite bande

commissurale.

. La substance ponctuée est entourée par une couche corticale de cellules ganglionnaires qui lui font un revêtement épais et ininterrompu, s'amincissant seulement à l'endroit où le nerf pénètre dans la caroncule. Autour de la bande ponctuée commissurale qui unit le cerveau moyen au cerveau postérieur, les cellules de ce dernier passent insensiblement aux cellules du premier. Du côté tout à fait postérieur un amas de pigment jaune (pg) forme une calotte dans cette région du cerveau postérieur. Le tout est recouvert par une membrane lacuneuse qui à son tour est doublée par le péritoine.

Il faut étudier maintenant chacune des parties en détail.

a) Ganglion.

Les deux ganglions qui forment le cerveau postérieur, étant parfaitement symétriques, la description ne portera que sur l’un d’eux.

1° CELLULES NERVEUSES GANGLIONNAIRES (fig, 17, Cl. n. g). — La forme de ces éléments est arrondie, et sans présenter une régularité géométrique, la forme n’en est pas moins à peu près constante chez toutes les cellules de la couche corticale du ganglion. Le noyau situé au milieu de la cellule est sphérique, son contenu est très clair et la chromatine, très fortement colorée par tous les colorants, se présente sous forme de granules sphériques régulièrement distribuées à l’intérieur du noyau. Le cytoplasma laisse voir très nettement, lorsqu'on a affaire à des préparations fixées à la liqueur de Flemming, une différenciation très nette. Autour du noyau, le plasma forme une masse très finement granulée et uniforme, se colorant fortement par l'acide osmique. Cette masse forme à la périphérie des prolongements nombreux comme des pseudopodes qui arrivent jusqu’à la limite externe de la cellule. Sur le pourtour de la cellule et dans l'espace libre laissé par les prolongements de la partie centrale se trouve le plasma incolore sans structure apparente.

La cellule ainsi formée est dépourvue de membrane visible, Elle donne du côté où se trouve le nerf ou dans sa direction un prolongement (Kc) ou fibre nerveuse assez considérable qui, chez les cellules

situées à la limite du nerf, se rend dans ce dernier comme on peut le

voir avec une très grande facilité. Du côté opposé, il nous a semblé voir plusieurs fois un ou deux très minces filaments se rendant vers la périphérie du ganglion, mais ces filaments sont très difficilement visibles, donc extrêmement délicats. Les cellules ganglionnaires sé trouvent toujours à une certaine distance les unes des autres et nous n'avons jamais pu voir quoi que ce soit qui puisse faire croire à une union directe de ces éléments entre eux. Autant que nous avons pu en juger, d’après la direction des gros prolongements de ces cellules à l’intérieur du nerf, les cellules ganglionnaires doivent entrer en connexion avec la partie épidermique de la caroncule et probablement avec la région des bandes ciliées. Le gros prolongement serait donc la connexion cuticulaire de ces éléments ; les autres filaments, très fins, représenteraient la connexion basale.

2° Névroquie (fig. 17, U). — Les cellules ganglionnaires sur les coupes se montrent situées dans les mailles d’un réseau très large; ce réseau est plus visible sur les coupes un peu épaisses (1/150 de millim.) que sur les coupes très minces (1/300 de millim.), où les mailles deviennent très irrégulières et même en certains endroits paraissent manquer complètement, les cellules nerveuses paraissant se trouver au milieu d’un feutrage irrégulier. Quoi qu'il en soit, les filaments qui composent le feutrage ou le réseau sont formés par une substance hyaline paraissant quelquefois homogène, quelquefois striée en long, mais toujours faiblement ou point colorée du tout. Les mailles sont beaucoup plus serrées du côté postérieur que du côté antérieur où elles ont une tendance à s'allonger et à prendre l'aspect d'un grillage ou d’un complexe de fibres allongées suivant la même direction. On les voit nettement se continuer dans la substance ponctuée et entrer avec le nerf à l'intérieur de la paroi de la caroncule. Ces fibres et mailles constituent la névroglie. Il est facile d'arriver à rapprocher cette structure du ganglion de celle que nous avons appris à connaître dans la paroi caronculaire. 11 serait donc très légitime, je crois, de rapprocher les filaments de la névroglie des filaments des longues cellules de soutien qu’on a vu entourer les cellules nerveuses

de l'organe.

20 Premexr (fig. 17, pg). — Dans la région postérieure du ganglion nucal, tout à fait à la périphérie, les mailles du réseau de la névroglie ñe contiennent pas de cellules nerveuses, mais contiennent du pigment. C’est une masse formée de granules sphériques réfringentes de couleur jaune ayant le même aspect que le pigment que nous avons appris à connaître à l’intérieur de la paroi caronculaire. Il a été même possible de voir, en quelques endroits, au milieu du pigment, des noyaux qui ne ressemblaient en rien aux noyaux des cellules ganglionnaires, mais qui étaient identiques comme aspect aux noyaux en voie de dégénérescence qui ont été trouvés à l’intérieur des cellules migratrices dans la paroi de la caroncule. Il est donc certain que ce pigment doit son origine à la diapédèse des globules blancs à l’intérieur du ganglion. Du reste ce pigment se trouve aussi disposé de la même manière dans la région postérieure du cerveau moyen.

4° MEMBRANE Propre. — Tout à fait à la périphérie il n’y a plus de cellule ganglionnaire, il persiste cependant quelques rangées de mailles névrogliques vides ; ces mailles s’aplatissent de plus en plus et leurs parois arrivent à s’accoler ; il se forme ainsi une sorte de membrane qui n'est pas indépendante et qui n’est simplement qu'une continuation de la névroglie. Cette paroi se continue sur la partie amincie et antérieure du ganglion, elle se continue sur le nerf et à l'entrée de ce dernier dans la paroi caronculaire elle se confond avec la basale des premières assises de cellules épidermiques. Cette couche représente donc, en tout et en partie, la membrane basale et n’en est que sa continuation.

* Périroine (fig. 17, Cl. pr.). — Cette membrane recouvre aussi bien le ganglion que le nerf, elle passe ininterrompue de ce dernier sur la paroi interne de l'épiderme de la caroncule, Le nerf avec le ganglion est donc une partie extra-péritonéale sur tout-son parcours, et le nerf ne perce pas comme on a dit souvent le péritoine. Au point de vue histologique, il n’y a rien à ajouter à ce qu’on a dit à propos du péritoine caronculaire. |

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b) Nerf.

Le nerf est en continuation directe avec la substance ponctuée, ce qui du reste est absolument nécessaire étant donné que le nerf et la substance ponctuée d’un ganglion quelconque, ne sont qu'une seule et même chose, puisqu'ils sont formés uniquement de prolongements de cellules nerveuses d'une part et de filaments névrogliques de l’autre. La paroi caronculaire (fig. 15) est un très bon sujet d'étude à ce point de vue. On voit en effet que, dès que quelques filaments de cellules ganglionnaires se réunissent pour former un mince faisceau (N.kb et N.kc), elles prennent immédiatement un aspect identique à celui des nerfs, en ce sens que la substance ponctuée apparait et cela provient de ce que beaucoup de fibres sont coupées transversalement. |

Le nerf caronculaire a une origine très complexe. Il naît d'abord

dans le ganglion par les prolongements des cellules ganglionnaires de cette région, cela ne fait pas l'ombre d’un doute. Toutes les cellules disposées sur son parcours lui envoient leur filaments. . Ilest tout aussi net et tout aussi incontestable que, dans la paroi caronculaire, les cellules nerveuses que nous avons étudiées lui envoient chacune des fibres. Le nerf est donc formé d'un côté par les connexions cuticulaires des cellules ganglionnaires du cerveau postérieur, et d’un autre côté par les connexions basales des cellules nerveuses de la paroi caronculaire.

Quoi qu'il en soit le nerf est formé d’une manière identique dans le lobe moyen et dans les lobes latéraux.

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