‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 31 sur 42 · II. — Chrysopetalum débile (Grube · texte numérisé non relu

II. — Chrysopetalum débile (Grube

Planche 10, fig. 33 et 34.

ORGANE NUCAL

DisPOsiTION GÉNÉRALE DES ÉLÉMENTS (fig. 33). — Dans le chapitre Il la forme générale de l'organe nucal et sa situation ont été décrites avec détail. Rappelons seulement que cet organe a une forme -sphé- * rique et qu’il est parcouru suivant le plan équatorial par un sillon assez large fortement cilié. |

L'organe au point de vue morphologique peut être considéré comme une simple évagination de la paroi dermo-musculaire. Aussi y trouvet-on tous les éléments qui entrent dans la constitution de celte paroi avee pourtant des modifications en rapport avec le rôle spécial qu'ils

ént à jouer. Les cellules glandulaires se sont groupées toutes du côté antérieur où elles forment une masse qui fait hernie à l’intérieur de la cavité de l'organe. Les cellules ciliées sont situées au-dessous et tout le long du sillon équatorial mentionné plus haut. Comme elles ont pris un grand développement, elles remplissent presque entièrement avec leur base la cavité de l'organe. Les cellules nerveuses épidermiques ne sont représentées dans l'organe que par leur connexion cuticulaire formant de chaque côté un nerf; le corps de la cellule se trouve dans la cavité du lobe céphalique parmi les cellules qui forment le cerveau postérieur,

Les cellules de soutien sont distribuées entre les autres catégories de cellules et elles forment des épithéliums plats ou Re suivant que la paroi est plus ou moins étirée.

Le péritoine a été refoulé aussi à l’intérieur de la cavité de l'organe où se trouvent aussi des fibres musculaires.

Je vais décrire maintenant chaque élément en particulier.

Curicuce (Cu). — Cette couche au point de vue de la structure ne présente rien de particulier. La seule chose qu'on peut mentionner c'est que, très épaisse sur la paroi du corps, elle s’amincit beaucoup à la surface de l'organe nucal. Elle est aussi percée de trous en face des cellules glandulaires pour permettre la sortie du mucus et de pores très fins destinés au passage des cils à l'intérieur du sillon équatorial.

ÉPIDERME. — Cette couche cellulaire est formée par des cellules de soutien , glandulaires et ciliées et contient en outre les fibres des deux branches du nerf nucal.

1° CELLULES DE SOUTIEN (CL. s). — Ces éléments sont la continuation des cellules épidermiques de la paroi du corps. Leur forme est très variable et dépend de l'épaisseur qu'a dû prendre la paroi par l’extension des cellules des autres catégories. Ainsi elles sont très aplaties dans le pédoncule de l'organe et dans la paroi postérieure. Elles sont par contre filiformes, du moins dans leur partie postérieure, entre les cellules glandulaires. Comme toujours leur forme est simplement

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fonction de la place que leur laisse les autres. éléments. Les noyaux, dépourvus de nucléoles et contenant des points chromatiques irréguliers, subissent des variations parallèles à celles des cellules. Ils sont en effet ronds dans les cellules plates et ovales dans les cellules allongées. Les connexions basales et cuticulaires possèdent les rapports ordinaires.

-2° CeLLuLes GLANDULAIRES (CL. gl.). — La forme de ces éléments est comme d'habitude celle d’une bouteille à très long goulot, débouchant par un petit orifice à l'extérieur. Leur contenu présente des particularités plus curieuses, car l'aspect varie suivant la méthode histologique employée. Sur des coupes fixées au sublimé acétique et colorées au carmin aluné et à l'éosine (fig. 33), le contenu se présente comme une agglomération de petites vésicules irrégulières noyées dans une masse homogène. Chaque petite vésicule est formée par une grande quantité de sphérules très petites, paraissant contenir un liquide. Les grandes vésicules paraissent limitées par une membrane excessivement mince.

Sur des préparations fixées à la liqueur de Flemming et colorées à la safranine (fig. 34, B), l'aspect du contenu des cellules glandulaires change complètement. On voit en effet, à l’intérieur de la membrane de la cellule 4, une masse homogène transparente non colorée entourant une grande quantité de petits corps ovalaires (h”), très fortement colorés en rouge très foncé par la safranine. Ces corps paraissent homogènes mais n’en sont pas moins constitués par des petites sphères que nous avons vu se colorer en jaune par l’autre méthode.

Cette structure n’est pas du reste exceptionnelle chez les Polychètes ni dans le règne animal. Les cellules dont il est question ici correspondent au « Kugelzellen » des auteurs allemands. La partie très fortement colorée par la safranine est formée par du mucus en voie de formation, la partie homogène, par contre, est le mucus déjà préparé et qui provient de la transformation et de la fusion des petites cellules mentionnées. J'ai décrit ailleurs chez les céphalopodes un mode de sécrétion analogue (1).

(1) RACOVITZA (E. G). Notes de biologie. — III. Mœurs et fécondation de la Rossia Macrossoma, [ Arch. Zool, Exp. et Gén. 3 ser. T, IT, 1894, p. 491-539, pl. XZX-XX2Z.]

‘*Le noyau dé ces cellules a une forme irrégulière et ses chromostômes sont fusionnés et indistincts, ce qui démontre qu'ils sont en voie de dégénérescence, comme dans toutes les cellules secrétrices arrivées au complet développement.

Les connexions basales et cuticulaires sont aussi disposées comme d'habitude. |

3° CELLULES ciLtées (CI. v). — Ces éléments forment une couche ininterrompue au-dessous du sillon vibratile, Leur forme est celle de cylindres très- -allongés, et irréguliers puisque la région qui avoisiné la cuticule est beaucoup plus mince que leur extrémité opposée: Cette dernière région est même légèrement renflée pour permettre aux noyaux d'y trouver place. Sur des préparations à la liqueur de Flemming (fig. 34, A), leur forme est la suivante : immédiatément au-dessous de la cuticule la cellule paraît évasée, élargie, puis vient une partie amincie et ensuite généralement deux renflements séparés par un léger sillon. C’est dans lé renflement le plus éloigné de là cuticule que se trouve situé le noyau.

Le cytoplasme se colore légèrement par l'acide osmiqueet fortement par l’éosine. Mais quelle que soit la méthode employée il se présente toujours comme une masse sombre et excessivement granuleuse. Cet aspect est conservé dans toute l'étendue de la cellule. Une mince bande antérieure subcuticulaire présente un aspect différent ; on y remarque, en effet, une striation verticale qui est due aux bases des cils qui forment le sillon vibratile. Le même fait a été signalé à propos de l'organe nucal des Euphrosynes.

Le cytoplasme contient aussi des inclusions qui prennent un aspect différent suivant la méthode histologique employée. Sur des préparations fixéés au sublimé et colorées au carmin aluné et à l’éosine (fig. 33) on peut voir, dans les environs du noyau, des masses irrégulières ayant absorbé avec force les deux substances colorantes. L’aspect des préparations faites à la liqueur de Flemming et colorées à la safranine (fig. 34) est complètement différent. On observe, en effet, au-dessus du noyau, une vacuole ovale bordée de granulations protoplasmiques beaucoup plus denses que celles du reste de la cellule. A

l'intérieur se trouve un liquide hyalin entourant un corps ovalaire (h) de même forme que la vacuole et très vivement colorée par la safranine. La substance qui le forme paraît tout à fait homogène; j'ai vu sur des séries de coupe provenant de plusieurs échantillons que ces corps existaient dans presque toutes les cellules, toujours au-dessus du noyau et toujours une seule par cellule.

La première idée qui vient est que ces corps sont des parasites. Leur structure cependant fait voir qu’il n’en est rien et de plus, si on les comparé aux vésicules qu’on a appris à connaître par l'étude des cellules glandulaires (fig. 34, A.h’), on peut, croyons-nous, se rendre compte facilement de leur nature. Il faut, je crois, les considérer comme des balles de mucus qui présenterait le phénomène curieux d’être disposées avec une très grande régularité,

Le noyau, comme dans les cellules homologues de l’autretype étudié, est parfaitement sphérique et possède une grande quantité de chromosômes de même taille, très petits et régulièrement distribués. Comme on l’a déjà dit, le noyau se trouve relégué dans la région tout à fait postérieure de la cellule.

Il n’est point besoin d'insister sur les connexions basales et cuticulaires qui ont gardé leur rapport habituel. L'union de ces cellules entre elles s'établit suivant leurs faces latérales, sans l'intermédiaire d’autres types de cellules. Sur la limite de la zone ciliée elles sont en contact avec les cellules de soutien ordinaires.

4° CELLULES NERVEUSES ÉPIDERMIQUES. — L'examen approfondi de la paroi épidermique de l'organe nucal montre l'absence complète des cellules nerveuses que nous avons appris à connaître, dans la paroi caronculaire des Euphrosynes. Cependant on voit très nettement deux nerfs (fig. 32 Nn), établir une relation entre le cerveau postérieur et la bande ciliée de l'organe nucal. Il est facile de voir que le nerf se rend dans la masse ponctuée du cerveau postérieur. On peut de même voir des prolongements des cellules de ce cerveau se rendre dans le nerf, comme on peut suivre aussi très nettement les deux branches du nerf à travers le pédoncule et jusque, de chaque côté de la ligne médiane, dans la paroi de l’organe nucal, plus particulièrement dans

la région du sillon cilié. À cet endroit le nerf se divise en fibriles qui se rendent entre les cellules sensitives.

D'après ce qu'on a vu chez Euphrosyne, le prolongement des cellules nerveuses épidermiques, situées sur le trajet du nerf nucal et dans le cerveau postérieur, se dirige vers la surface externe et sont par conséquent les connexions cuticulaires de ces cellules: Il est donc légitime de considérer le nerf de l’organe nucal chez Chrysopetalum comme formé uniquement par les connexions cuticulaires des cellules épidermiques nerveuses. La seule différence qu’il yaentre le type précédemment étudié et celui-ci, consiste dans l'émigration du corps des cellules nerveuses dans le cerveau postérieur. En effet, tandis que chez Euphrosyne les cellules nerveuses épidermiques sont demeurées à l’intérieur de la paroi épidermique, chez Chrysopétalum elles ont complètement délaissé cette paroi pour se localiser dans le cerveau postérieur, mais les relations des cellules entre elles ont conservé les mêmes rapports et les connexions cuticulaires et basales sont restées les mêmes.

5° MemBrane BasaLe. — Le petit nombre de cellules, qui entrent dans la composition de la paroi caronculaire, fait que la basale est extrêmement peu marquée. Comme en effet cette membrane est formée par l’enchevêtrement des connexions basales et qu'il n'y a qu'une seule épaisseur de cellule, forcément elle doit être très réduite.

Musczes (Nn). — Quelques fibriles musculaires pénètrent à l'intérieur de la cavité générale de l'organe et s’insèrent sur la basale comme d'ordinaire. Le pédoncule en contient plus que le reste de la cavité. Leur faible développement fait supposer que l'organe ne doit pas être très mobile. Tout au plus peut-on lui accorder un mouvement d’oscil-

lation autour du pédoncule.

Périroine. — Cette couche cellulaire tapisse comme toujours la membrane basale et enveloppe des muscles. Il n’y a rien de particu-

lier à en dire.

Résumé. — L’organe nucal du Chrysopetalum est une évagina

tion de la paroi dermo-musculaire du corps. Îl contient donc tous les éléments de cette paroi. Il faut le concevoir comme une sphère creuse dont la cavité a été comblée, presque en totalité, par une hernie antérieure occasionnée par le grand développement des cellules glandulaires et par une hernie circulaire, disposée suivant un plan équatorial, occasionné par les cellules ciliées.

On trouve dans la paroi, des cellules glandulaires en avant formant un petit organe muqueux et une bande de cellules ciliées à protoplasme granuleux et à noyau situé dans la région postérieure, Le reste de la paroi est formé de cellules de soutien, Ces trois sortes de cellules présentent leurs connexions habituelles. Les cellules nerveuses épidermiques n’existant pas dans cette paroi, leur connexion cuticulaire persiste seule sous forme de nerf nucal, tandis que le corps cellulaire s’est retiré dans le cerveau postérieur, La basale est très mince parce que peu de connexions basales prennent part à sa formation. Un très petit nombre de muscles peuvent donner une mobilité relative à l'organe.

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