III. — Clymene lombricoïdes. (M. Enw
Planche V, f, 45 et 46.
$ 1. — ORGANE NucaAL
L'organe nucal chez les Maldaniens se présente, comme on l'a vu dans la partie anatomique, sous forme de deux poches étroites plus ou moins parallèles. La structure histologique est partout la même, aussi la description faite sur Clymene lombricoïdes peut-elle s’appliquer intégralement aux deux autres types décrits dans la partie anatomique.
Disrosirion GÉNÉRALE DES ÉLÉMENTS. — Comme une simple coupe transversale le montre (fig. 45), les deux poches nucales sont de
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simples plis épidermiques, légèrement modifiées pour le but physiologique qu’elles ont à remplir. Le fond du pli: est occupé par des cellules ciliées et des cellules nerveuses épidermiques, comme aussi par une, deux ou plusieurs branches du nerf nucal. Les flancs du pli sont formés par des cellules de soutien auxquelles viennent s’ajouter des cellules glandulaires mais seulement sur le bord de la fente nucale. Les cellules nerveuses épidermiques sont disposées à la base des cellules de soutien. Tous ces plis épidermiques sont nettement limités du côté de la cavité générale par une basale épaisse et très nette, sur laquelle viennent s’insérer des fibres musculaires qui, à leur tour, sont recouvertes par le péritoine. Maintenant que la disposition générale des éléments est fixée, il faut étudier chacun en détail.
Currcurx. — Rien de particulier à dire à son sujet. Elle est en général très épaisse et formée par plusieurs couches très nettes ; à l'endroit ou se trouvent les cellules ciliées elle est moins épaisse et percée de fins canaux par où sortentles cils.
Epinerme. — Contient des cellules de soutien, ciliées, nerveuses, glandulaires et migratrices qu’il faut étudier en détail.
Le CezLuLes De sourisn (CL.s). — Ces éléments ont subi un allongement considérable dans la région où se trouve la partie sensitive de l'organe (fig. 46) ; elles sont moins longues dans les autres régions. Très minces. elles ont une apparence fibreuse, surtout du côté postérieur où elles se terminent par de nombreux filaments qui s’intriquent dans la basale. Leur connexion cuticulaire se fait suivant un espace assez considérable, aussi présentent-elles la forme de triangles isocèles très allongés. Leurs noyaux ont subi un allongement correspondant ; ce sont des corps fusiformes, très minces et se colorant fortement par tous les colorants nucléaires. Les chromosômes sont peu distincts à cause de la grande tenuité du noyau ; surtout la région inférieure de la cellule est très fortement colorée par la safranine. L'union des cellules entre elles se fait du côté cuticulaire suivant les bords latéraux, mais du côté basal. ces éléments laissent entre eux des espaces occupés par d’autres espèces de cellules ; les connexions basales sont unies entre elles dans la membrane basale.
2° CELLULES GLANDULAIRES (C1. gl). — Ces éléments n'existent pas
à l’intérieur des poches nucales, mais on les trouve très abondants
sur la crête nucale (cr. Org N, fig. 45) et elles existent aussi à partir du bord des fentes nucales. Ce sont des éléments volumineux ayant pourtant subi aussi l'allongement nécessité par l’épaississement de l’épiderme. Plus renflés à la base qu’au sommet, ils sont étroitement enchâssés entre les cellules de soutien. Ils ne différent du reste en rien des éléments glandulaires décrits déjà chez les autres types et communs à toutes les Polychètes.
3° CELLULES ciuiées (CL. v.). — Ces éléments sont situés seulement au fond de la poche nucale et forment une bande continue sur toute la longueur de cette poche ; leur forme (lg. 46) est sensiblement la même que celle des cellules de soutien, seulement le corps cellulaire est plus épais et leur plasma est granuleux. Leur connexion cuti- Culaire se fait suivant un espace assez considérable et de toute cette surface naissent des cils qui traversent la cuticule. Le corps de la cellule a le même calibre jusque vers la fin du premier tiers de sa longueur, puis s'amincit et prend l'aspect des cellules de soutien pour se terminer par des filaments constituant sa connexion basale : cette disposition est identique à celle des cellules de soutien, aussi il ne peut y avoir de doute que les premières ne soient des différenciations des secondes. Le noyau situé à la base de la région renflée de la cellule est plus arrondi que celui des cellules de soutien. Il contient plus de suc nucléaire et ses chromosômes sont plus distincts quoique plus fins. L'union de ces cellules entre elles se fait sur leurs bords latéraux, dans la région cuticulaire et par leur connexion basale à l'intérieur de la membrane basale. En dessous des noyaux elles ne se touchent plus et laissent entre elles des espaces occupés par des cellules nerveuses épidermiques. Les cellules ciliées sont aussi en communication latérale et basale avec les cellules de soutien, sur les bords de la bande ciliée.
4° CELLULES NERVEUSES ÉPIDERMIQUES (CI. n. ep). — Il faut distinguer deux formes bien différentes au premier aspect (fig. 46) :
a) Cellules nerveuses épidermiques de la région des cellules de
Are
soutien (CL. n. ep’.). — Entre les portions basales des cellules de soutien, il y a des espaces qui ont été mentionnés plus haut ; c’est dans ces espaces qu'on observe des cellules arrondies pourvues de noyaux ronds et d’un plasma excessivement réduit. Les chromosômes sont régulièrement disposés et très distincts. Je n'ai pas pu exactement déterminer où allaient les prolongements excessivement ténus que j'ai constaté quelquefois partir de ces cellules ; il ne reste pourtant pas de doute que ces cellules ne soient les cellules nerveuses épidermiques si souvent décrites en différents points de ce mémoire.
b) Cellules nerveuses épidermiques de la région des bandes ciliées (CL. n.ep.).— Entre les bases des cellules ciliées se trouvent des éléments à gros noyaux ovales, à corps protoplasmiques réduits et qui sont nettement bi-polaires. De l'un des pôles part un prolongement qui se dirige vers la cuticule (kc) entre deux cellules ciliées ; ce prolongement filiforme est la connexion cuticulaire de ces éléments. La connexion basale (kb) est filamenteuse aussi. Elle part de l'autre pôle et se dirige vers les faisceaux du nerf nucal (N n) situé au-dessus de la basale. Il est difficile de suivre plus loin les connexions basales de ces cellules, cependant il ne peut y avoir doute qu'elles ne rentrent à l'intérieur des faisceaux nerveux, comme cela a été observé pour quelques-uns au moins des filaments. Le noyau est ovoïde : il a un suc nucléaire abondant et des chromosômes réguliers et arrondis.
[n’y a pas de doute à avoir sur les relations des cellules à et b. Les dernières sont des différenciations des premières, et les unes comme les autres sont homologues aux cellules nerveuses épidermiques décrites chez les autres types étudiés.
5° CeLLuLEs micrarrices (Cl.m ).— On rencontre aussi dans la paroi épidermique (fig. 46), dans l’espace situé entre la base des cellules de soutien, un pigment brunâtre aggloméré en petits tas. Dans quelques-uns de ces amas se trouvent souvent des noyaux en voie de dégénérescence; il faut les rapporter aux cellules migratrices qui, comme on l’a déjà vu, pénètrent dans l'épiderme et viennent mourir en cet endroit. Le protoplasme se résorbe et les granules restent sur place.
6° MemBrANE BASALE (Bs). — Les filaments terminaux des cellules de soutien et des cellules sensitives forment un feutrage qui constitue la basale. En certains endroits, on peut reconnaître encore la nature fibrillaire de cette membrane; en général pourtant, à cause probablement de la traction exercée par les muscles, la disposition primitive a disparu et la membrane se présente comme homogène.
Musczes (M). — Sur toute la surface interne des plis de l'organe nucal (fig. 45 et 46) s’insèrent des muscles ; ces éléments se terminent par un filament en relation avec la basale et se comportent de la
même façon que ceux décrit avec détails chez l’'Euphrosyne. Périroine. — Inutile d’insister sur cette membrane qui se comporte comme d'ordinaire.