‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 33 sur 42 · CERVEAU POSTÉRIEUR · texte numérisé non relu

CERVEAU POSTÉRIEUR

Comme on l’a vu dans la description anatomique, le cerveau postérieur est soudé aux autres régions cérébrales et il n’y a pas moyen de le délimiter avec précision ; on considérera pourtant comme tel la région postérieure de l’encéphale d’où partent les deux faisceaux de nerfs nucaux. Quoi qu’il en soit, on étudiera, en s'adressant à l’encéphale tout entier, deux points importants, l'union de l’encéphale avec l’épiderme et le parcours du nerf nucal, mais avant il faut énumérer les différents éléments qui entrent dans la composition de ces deux organes.

Les figures 48 et 49 qui serviront à la description représentent des coupes de l’encéphale de Clymene Oerstedi Grube et non de Clymene lombricoïides. Du reste ces formes sont très voisines.

a) Ganglion.

1° CELLULES NERVEUSES GANGLIONNAIRES. (Cl. n. g). — La forme et

la structure des cellules nerveuses rappellent exactement celles que

nous avons décrites chez les Amphinomiens. Ici aussi (fig. 49) on trouve un plasma très finement granuleux, fortement coloré par l'acide osmique, entourant un noyau en général arrondi,qui possède un suc nucléaire abondant et des chromosômes sphériques régulièrement disposés. Ces cellules ont paru limitées non pas par une vraie membrane, puisqu'il a été impossible de déterminer un double contour, mais par une surface plissée irrégulière. Cette surface froissée pourrait peut-être en définitive être considérée comme une différenciation du plasma periphérique, mais tellement faible qu'avec les objectifs très puissants de Zeiss, elle ne puisse être résolue comme membrane. Ces cellules paraissent être en général allongées dans deux sens différents, être bi-polaires ; d’autres sont multi-polaires. Il n’a pas été observé de communication directe entre deux cellules ; les filaments paraissent d’un côté dirigés vers la substanse ponctuée et de l’autre vers les régions où l'encéphale communique avec l’épiderme.

2° NévroGLiE (U). — Les cellules décrites plus haut sont situées dans des sortes d’alvéoles formées de fibrilles irrégulières (fig. 49). Ces alvéoles sont irrégulières aussi, de dimensions variables et de formes très différentes. L'aspect des fibres est le même que l'aspect des régions basales filamenteuses des cellules de soutien. Elles paraissent à première vue former un réseau, c’est-à-dire être anastomosées. Cependant une observation attentive montre qu'il ne faut pas être trop aflirmatif sur ce point; sans vouloir prétendre que l’anastomose n'existe en aucun Cas, il m'a semblé plutôt que les alvéoles étaient formées par l'intrication des fibres ou par un feutrage d’élé ments isolés distendu de place en place par les cellules nerveuses contenues à son intérieur.

Ce tissu névroglique est en communication avec la région filamenteuse des cellules de soutien à l’endroit où le cerveau est en communication directe avec l’épiderme ; d’un autre côté il est certain que ce tissu se continue par des filaments dans la substances ponctuée.

3° SUBSTANCE PONCTUÉE. (SD. p). — L'aspect de la masse ponctuée est celle d’un très fin réseau irrégulier. Elle est traversée par des fibres quila

paréourent en entier ou qui s'arrêtent à une certaine distance de sa périphérie. Sur toute son étendue on voit des points très fins, quel que soit le sens de la coupe. J’ai très nettement pu voir d’un côté des filaments cellulaires pénétrer dans la masse ponctuée, comme aussi des filaments névrogliques. Y a-t-il anastomose entre les filaments de chaque catégorie, je n'oserai pas l’affirmer quoique ayant longuement étudié les-préparations à ce sujet. Il me paraît plutôt que cet aspect de la substance ponctuée pourrait être donné par un feutrage irrégulier de fines fibrilles à parcours onduleux. Les points sont certainement des fibres coupées en travers et je ne crois pas que la substance ponctuée soit autre chose qu’un amas de fibrilles anastomosées ou non.

4° MEmBrANE PROPRE (Bs). — L’enveloppe externe est formée par un feutrage de fibrilles, en certains points transformés en membrane homogène ; elle est en continuation directe dans les endroits où le cerveau est en communication avec l’épiderme (fig. 48 et 49), avec la membrane basale de cette couche cellulaire. Les filaments névrogliques communiquent aussi directement avec cette membrane. Elle n’est en somme que la paroi externe des alvéoles névrogliques périphériques. Il ne peut y avoir doute qu’elle ne représente la basale de l’épiderme normal. |

Musczes ET PÉRITOINE. — Quelques muscles (fig. 49 M.) s’insèrent sur la paroi du cerveau, c’est-à-dire sur la basale, comme c’est le cas pour l’épiderme ordinaire. Le péritoine tapisse aussi le tout.

b) Nerfs.

Le nerf se présente à sa jonction avec la région postérieure du cerveau comme une nappe de fibrilles et cet endroit {fig. 40) est décelé par ce fait que les fibrilles qui constituent la substance ponctuée (Sb. p) ont une tendance de plus en plus accentuée, au fur et à mesure qu'on s'approche du nerf (Nn) proprement dit, de se ranger dans le sens du parcours du nerf, de sorte, qu’au lieu d'un aspect plus ou moins alvéolaire, on a l'apparence de fibres parallèles à parcours

sinueux. Le parcours du nerf s'effectue tout entier en dedans, et tout contre l’enveloppe externe du cerveau, puis il passe dans l’épiderme toujours en dedans de la basale. Sur tout son parcours il reçoit des fibres nerveuses des cellules nerveuses épidermiques et des filaments basaux des cellules de soutien de son voisinage ; comme on l'a vu dans la partie anatomique, le nerf se divise en plusieurs faisceaux de fibrilles qui disparaissent à l'exception d’un seul vers l'extrémité postérieure de l'organe nucal. Le nerf est done formé comme la substance ponctuée du cerveau par des fibrilles de cellules nerveuses et par des filaments basaux de cellules de soutien.

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