‹ Le lobe céphalique et l’encéphale des Annélides PolychètesChapitre 9 sur 42 · LE US · texte numérisé non relu

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a) Des grosses cellules supérieures, correspondant à la plaque sincipitale de la larve. [Idée partiellement juste, mais ayant le tort de limiter à ces cellules les transformations de la place sincipitale, Cette région appartient au cerveau moyen.]

b) Des cellules ectodermiques, immigrées dans le cerveau, ayant entraîné à leur suite les yeux. [On verra plus tard que tout l’encé-

FIG. 3. Chaectozone setosa. — Tête avec le cerveau et les organes des sens, vue de profil.

Les lettres et leur explication sont les mêmes que sur l’original.— La nomenclature employée dans le travail est entre parenthèses,

G2, ganglion antérieur inférieur (cerveau antérieur) ;

G\, ganglion antérieur supérieur )

Gi, ganglion optique latéral ? (cerveau moyen);

G, ganglion inférieur postérieur \

G3, ganglion postérieur supérieur (cerveau postérieur) ;

Nov, nerf tentaculaire (nerf palpaire); WO, organe vibratile (organe nucal) ; SO, Hämalerkpftentakel ? (Antenne); SC, connectifs; Aw, yeux. [D'après Meyer (87, pl. XXIII, p. 6.]

phale est formé uniquement de cellules ectodermiques. Ces cellules appartiennent encore au cerveau moyen.] |

c) De la masse principale du cerveau qui a son origine dans les connectifs et leurs masses cellulaires. C’est cette partie qui est divisée en trois paires de ganglions. [lei l’auteur a pris l'effet pour la cause. Quant à ses trois ganglions, voici comment on doit les interpréter : La paire de ganglions qui innervent l'organe vibratile (org. nucal) c'est le cerveau postérieur. L'auteur lui-même la compare aux ganglions analogues du Protodrilus et Polygordius (Fraipont). La paire de ganglions qui donne les nerfs à la papille antérieure (palpode) et

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que l’auteur compare aux ganglions innervant les tentacules (palpes) du Polygordius et Saccocirrus (Fraipont) sont le cerveau antérieur. La dernière paire fait partie du cerveau moyen el avec les parties a et b complète cette partie de l’encéphale.]

41° Cirraruziens. — Meyer (88, p. 624-626) a décrit cinq paires de ganglions chez la Chaetozone et je reproduis ici la figure schématique (fig. 3) qu'il donne (87, pl. XXII, fig. 6) de l'encéphale de ce Polychète. Les ganglions qu’il désigne avec les lettres g! g' g° forment ensemble le cerveau moyen, et d'après mon expérience personnelle sont loin d'être aussi distincts que l'indique la figure de Meyer. Les ganglions g? sont le cerveau antérieur ; l’auteur lui-même leur donne la signification de « Neuraltentakelcentren ». Les ganglions g% représentent manifestement le cerveau postérieur. Il est inutile d’'insister davantage, la figure suffira à convaincre tout le monde de la justesse de l’interprétation.

12° CaprrezLiexs. — Eisig (87, p. 450 et s.) décrit dans cette famille plusieurs centres, plus ou moins soudés suivantles genres, qui s’interprètent avec la plus grande facilité de la manière suivante :

a) Les « hintere und seitliche Lappen » sont le cerveau postérieur.

b) La partie inférieure du « vordere Lappen » est le cerveau moyen.

c) La partie supérieure du même, surtout ce que l’auteur appelle « Seelappen », est le cerveau moyen.

13° MaLpanrexs. — On pourra trouver dans le chapitre II du présent mémoire la description de l’encéphale de cette famille et quoique cet organe ait subi une réduction considérable et une spécialisation très grande, on peut encore le réduire au schéma général.

14° SerpuLiENs. — Meyer (88) a retrouvé chez ces formes les mêmes ganglions que chez les Cirratuliens, à l'exception cependant des ganglions optiques. Les homologies s’établissent de la manière suivante. |

a) Les «seitlichen Nervenmassen » marqués g? et leurs nerfs branchiaux sont le cerveau antérieur.

b) Les « oberen hinteren Nervenmassen » marqués g° sont le cer-

Ras.

veau postérieur, puisque l’auteur a démontré l'opinion émise par Pruvot (85), que les orifices des néphridies thoraciques qu'ils innervaient sont les homologues des organes nucaux.

c) Les autres masses ganglionnaires marquées g! g4 85 représentent le cerveau moyen.

15° Henmezrrens, — Meyer (88) ayant retrouvé dans cette famille les mêmes ganglions que dans la précédente, ils s'interprètent de la même manière.

L'auteur déclare (p. 628) qu'on trouve chez les Serpuliens et les Hermelles, comme chez les Euniciens, les mêmes centres principaux reliés avec leurs appareils terminaux correspondants. On voit qu'on peut dire cela pour tous les Polychètes.

16° ARCHIANNÉLIDES. — Fraipont(8&, p. 282-287) a montré que chez ces formes, l’encéphale est plus ou moins distinctement divisé en trois groupes de ganglions qu'il décrit aussi à l’occasion d’un autre travail (87, p. 29-33). Ce sont : deux ganglions antérieurs (cerveau antérieur), un ganglion moyen (cerveau moyen) et deux postérieurs (cerveau postérieur).

L'encéphale dans 16 familles de Polychètes sur 30 environ, s’est laissé ramener au schéma général donné plus haut. Est-ce trop de hardiesse d'étendre ce schéma aux familles restantes ? Je ne le crois pas, d'autant plus que la raison qui m'a fait négliger ces familles est l'absence ou l'insuffisance des travaux anatomiques à leur sujet et nullement des données contraires aux idées défendues dans ce mémoire.

L'enquête qui vient d'être faite a été rapide et sommaire ; on comprendra que c’est seulement la crainte d'étendre trop ce mémoire qui m'a fait agir ainsi. J'ai eu soin cependant de donner des indications bibliographiques assez complètes pour permettre le contrôle facile de mes interprétations.

II. — Développement de l’encéphale. — Il paraît établi actuellement que le système nerveux central des Polychètes prend naissance

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par deux ébauches entièrement distinctes. Des épaississements ectodermiques, situés dans la région préorale ou Prostomium de la larve, donnent naissance à l’encéphale et d’autres productions ectodermiques, formant une bande longitudinale sur la ligne médiane ventrale de la région postorale, donnent naissance à la chaîne ganglionnaire. Ces deux ébauches ne se mettent en rapport que secondairement, en poussant des prolongements qui, en se réunissant autour de la bouche, forment le collier œsophagien. Ce fait a une grande importance puisqu'il apporte une preuve de plus pour la non homologie du lobe céphalique et du soma. Il est clairement établi par les travaux de Kleinenberg (86), Salenshky (82, 83 et 87), Goctte (82), v. Drasche (84), Fraipont (87), Wistinghausen (92), Wilson (92).

Le seul auteur qui a étudié les Polychètes à ce point de vue et qui soit d’un avis contraire est Hatschek. Je vais me borner à exposer ses idées d’après son manuel de zoologie (94), la dernière publication où il ait traité ce sujet.

Pour lui tout le système nerveux des Polychètes dérive d’une ébauche embryonnaire unique. La « Scheitelplatte », plaque sincipitale de la larve, est l’origine de l’encéphale. Cette ébauche nerveuse possède plusieurs nerfs, dont les deux nerfs longitudinaux ventraux (p. 402). « La moelle ventrale qui dérive de l’ectoderme est à consi- « dérer aussi comme organe secondaire (1) mais se ramène à un pro- « longement des nerfs ventraux longitudinaux (2). Ces derniers en « effectuent leur parcours séparément, forment dans la région du « Prosoma les connectifs œsophagiens ; mais dans le Metasoma se « rapprochent en général l’un de l’autre, sont reliés par des commis- « sures transversales, et donnent naissance ainsi à la moelle ven- « trale. » Cette opinion de Hatschek est en contradiction trop manifeste avec les observations de tous les autres auteurs, et elle paraît trop n'être que la conséquence théorique de l’idée qu'il se fait de la

(1) On sait que pour cet auteur la Trochophore est l'ancêtre des Polychètes. IL veut dire par le mot « secondaire » que la chaîne ganglionnaire est un organe acquis par l'ancêtre trochophore pendant son évolution phylogénétique.

(2) De la larve.

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