SAC ERA
Ces troubles intéressent surtout l'appareil digestif. Ce sont : de l’inappétence, des nausées, des vomissements, des digestions lentes et pénibles, de la constipation et parfois de la diarrhée. Chez d’autres malades, ils consistent en lassitude, asthénie, amaigrissement, accès fébriles inexpliqués (von Hacker), insomnies, ou en palpitations, angoisse, lipothymie, bouffées de chaleur.
Ce peuvent être enfin de petits troubles urinaires : mictions fréquentes, dysurie, incontinence d’urines.
HucHarp, non sans raison, souligne l'ordinaire pauvreté de la symptomatologie fonctionnelle. Les troubles digestifs font, dans une certaine mesure, exception à la règle. Ils apparaissent pour peu qu’un lobe flottant s’écarte du type le plus simple. De complicité avec la douleur hépatique, ils peuvent prendre le masque d’une dyspepsie vésiculaire en dehors même de toute atteinte du cholécyste. Sans doute, relèvent-ils alors de perturbations fonctionnelles de cet organe.
Les petits signes urinaires, quoique infiniment plus rares méritent de retenir l’attention. Associés à une douleur lombaire, ils orientent l'esprit vers une affection rénale. Ils simulent parfois une crise de rétention pyélique (cas de GEenouvizze, de WiLHELMI).
Localement, le lobe flottant compliqué se traduit par les signes que nous avons déjà étudiés. Viennent parfois s’y adjoindre un certain degré de défense musculaire de la paroi, une consistance plus dure
de la masse, qui se révèle douloureuse au palper et à la mobilisation. Voici, à titre d’exemples, deux observations résumées.
19 Observation de Ritter von Hacker (1).
Anna H..., 36 ans, alors que sa santé antérieure avait été parfaite, se plaint depuis un an:
19 de vomissements et de douleurs gastriques intermittents ; <
29 de douleurs lancinantes dans le dos et au niveau du sternum, empêchant tout travail ;
39 d’accès de fièvre intense, accompagnés d’abattement. |
49 d’un amaïigrissement important.
I y a 5 mois, elle s’est découvert dans l’hypochondre droit une tumeur grosse comme une pomme et qui aurait un peu grossi depuis. Enfin, depuis peu de temps, elle présente de l’asthénie, des tendances lipothymiques, des tremblements intenses des mains et des pieds, une sensation perpétuelle de faim, vite rassasiée dès le début des repas.
À l’examen : tumeur dure, un peu plus grosse que le poing, légèrement mobile à la respiration, donnant le ballottement rénal et le contact lombaire, de surface inégale et bossuée. On pense avoir affaire à un « cancer du rein, de l'intestin ou des glandes rétro-péritonéales ». L'intervention fait découvrir un lobe flottant, irrégulier, bossué, rouge brun, relié au foie par un pédicule large de 3 à 4 travers de doigt et d'aspect calleux. On pratique une hépatopexie partielle ; quatre semaines plus tard, la malade quitte l’hôpital délivrée de tous ses troubles.
(1) Von Hacker. — Wiener Medizinische Wochenscrift, 1886: N° 14-15, p. 488-489 ; 529-534.
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mn dr
20 Observation de Tscherning (.).
l’auteur opère, en 1886, une femme de 36 ans, qui depuis 5 ans présentait une tumeur abdominale droite, à développement lent et progressif. Cette tumeur avait été le siège de douleurs particulièrement violentes et fréquentes dans les deux premières années : douleurs survenant par accès, de deux à trois jours, séparés par des accalmies de buit jours ; elles irradiaient dans le dos et dans les flancs et étaient d’une intensité telle que la malade devait garder le lit. | À l'examen de cette femme petite et mince, TsCHERNIN& trouve une tumeur étendue de l’épine iliaque antéro-supérieure droite au rebord costal. Elle remplit la fosse lombaire jusqu’un peu en dedans de la ligne mamelonnaire. Sa matité se continue avec celle du foie dont la limite supérieure est dans le quatrième espace intercostal. Sa surface est lisse, sa consistance solide. Elle est mobile
jusqu’à atteindre la ligne médiane. On la refoule aisément
en avant au palper de la région lombaire. Elle est sensible à la pression.
Le diagnostic hésite entre tumeur d’origine hépatique, lobe droit pédiculé et tumeur rénale. Mais comme les troubles paraissent dépendre nettement de la mobilité de la tumeur, Tscnernine décide d'intervenir. fl opère le 9 juillet et tombe sur une tumeur solide, grisâtre, de surface fibroïde. Ce n’est autre qu’un lobe accessoire du foie, relié au lobe droit par un large pédicule. Il fixe cette tumeur par deux points de suture à la paroi abdominale latérale ; un tamponnement à la Mickuliez est pratiqué dans le but de provoquer des adhérences plus larges. Au mois de février suivant la malade est améliorée, mais incomplètement. Elle est encore obligée de se reposer quelques heures quand ses douleurs réapparaissent.
(4) Tsesernine. — Centralblatt jür Chirurgie,1888. N° 23, p. 426-498.
20 Formes associées. — La plupart du temps, les accidents de quelque importance sont surtout empruntés à une affection concomitante de la vésicule, du foie ou du rein. \
La physionomie du lobe flottant reste souvent inchangée. Il importe néanmoins de connaître ces
formes associées en raison des erreurs de diagnostic qu’elles risquent de faire commettre.
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