‹ Le lobe flottant droit du foie dit lobe de RiedelChapitre 31 sur 55 · EMA TRE · texte numérisé non relu

EMA TRE

masse de l’hypochondre droit. Dans les deux cas, on a tendance à croire que la tuméfaction est apparue depuis peu ; « En réalité, dit le Pr N. FressiNGer, cette masse a toujours existé ; seule la perception en est récente. »

Il s’agit souvent d’une femme petite, dont la base du thorax est plus étroite que ne le comporte la corpulence générale. Malgré la finesse de la taille et le volume parfois considérable de la tumeur, celleci ne détermine pour ainsi dire Jamais de voussure visible à l’inspection.

Le palper constitue le temps capital de lexamen.

Il fait sentir directement sous la paroi de l’hypochondre, une tuméfaction oblongue ou arrondie, verticale ou un peu oblique en bas et à gauche, lisse et régulière, rarement bossuée, résistante et ferme, tout à fait indolore à la pression. Volumineuse, la tuméfaction empiète sur le flanc et la fosse iliaque correspondants, et, par son sommet, atteint la région cæcale ou confine à la ligne médiane, plus ou moins près de l’ombilic (1).

Elle est douée d’une certaine mobilité.

19 Comme le foie dont elle émane, elle suit les mouvements respiratoires et s’abaisse à l’inspiration :

20 Essayons de la mobiliser latéralement : les déplacements sont d'ordinaire minimes. L’exemple

(1) Voir p. 131, planche IIL, fig. 8 et 9,

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de PEnNzoLDT repoussant un lobe de constriction jusqu’à l’épigastre et au delà constitue une curiosité.

30 Elle est beaucoup plus mobile dans le sens sagittal : le palper bimanuel à la manière de Guyon, permet de la tenir entre la main postérieure et la main antérieure et de la renvoyer d’une main à l’autre. Ce phénomène, identique au ballottement rénal, se retrouve dans la majorité des observations.

En revanche, la masse donne rarement le contact lombaire, lequel exige soit une ptose rénale droite associée, soit un lobe flottant volumineux ou profond et touchant, au moins par son extrémité hbre, la paroi abdominale postérieure. Il est signalé par quelques auteurs (Genouvicze, Von Hacker, Cape et Caevarzrer). Nous l’avons constaté deux fois sur nos 8 cas.

La percussion décèle de la matité. Hezrrer, Le For, et parfois Riepez, enregistrent de la sonorité antérieure. HERRINGHAM note que le sommet de la masse est tympanique. Dans un cas de Lockwoop, dans ceux de Roux, de Cape et CHEVALLIER, il existait une bande de sonorité entre la matité tumorale et celle du foie. Pour RozLEsToN, ce serait le fait habituel.

Les résultats de la percussion dépendant, à la vérité, de l’épaisseur du procès hépatique, de ses rapports avec un côlon plus ou moins distendu par les gaz et surtout de la façon dont on procède.

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Dans la règle, la percussion légère fournit une matité uniforme, qui se continue avec celle du foie, sans sonorité mtermédiatre (N. Fressincen).

Jusqu’à présent, nous avons reconnu à notre masse les caractères suivants : elle est mobile comme un gros rein ; elle semble en continuité avee le foie dont elle présente la matité, la consistance ferme, la surface lisse et régulière, l’abaissement imspiratoire.

Reprenons la palpation.

Elle donne souvent des renseignements décisifs.

19 À quelques centimètres à droite de la ligne médiane, la tuméfaction se imite par un bord presque vertical. Une paroi souple et pas trop épaisse le laisse percevoir avec netteté : il éveille la même sensation que l’arête inférieure du foie ; comme elle, il est tranchant (beilfürmig, disait Rreper) et s’accroche aisément ; en haut, 1l forme avec elle un angle arrondi où les doigts viennent buter.

Grâce à la perception d’un bord interne tranchant, on peut affirmer avoir affaire à un lobe de Riedel. S'il s'agissait d’uné tumeur, ce bord serait globuleux, réguler, bossué même. Or, ici, il a toutes les apparences de l’arête inférieure du foie, précisément parce qu’il en constitue une partie € sortie du rang ».

C’est là le signe le plus précieux. Malheureusement, certains lobes cyhndroïdes sont dépourvus de bords ; d’autres présentent un bord interne arrondi. De plus, la paroi abdominale n’a pas toujours la sou-

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plesse et la minceur désirables, si bien que ce signe n’est pas absolument constant.

29 Manque-t-il, nous chercherons à accrocher l'extrémité inférieure de la masse. C’est plus difhicile que pour le bord interne ; l’on croit souvent tenir le rein.

30 Reste le versant externe. Il est plus épais, souvent même 1l forme une véritable face. Son contour arrondi se perçoit nettement au voisinage du pôle inférieur, mais plus haut, il semble se perdre en arrière dans la profondeur de l’hypochondre (N. FressinGer). On ne parvient pas à le suivre jusqu’au foie. Retenons cette particularité ; elle nous sera utile pour le diagnostic différentiel.

49 Ilest rare que le palper permette de distinguer le sillon transversal séparant le foie de son lobe accessoire. En pareille circonstance, la recherche des signes précédents permettrait d'éliminer l’hypothèse d’une tumeur mdépendante de l’organe.

Tels sont les signes physiques. L’examen viscéral ne révèle pas nécessairement d’autre anomalie ; le foie de volume normal n’est pas abaissé.

Mais le palper le plus expert ne donne pas toujours des renseignements aussi précis. Dans les cas difliciles on pourra avoir recours à un procédé que nous a enseigné notre Maître le PT N. FressiNcer et qu’on pourrait appeler le « procédé de la main savonneuse ». En voici la technique :

Le médecin se place à la droite de la malade ; sa main gauche déprime la région lombaire droite

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