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CHAPITRE VI

EDIMBOURG ET LES GRANDES VILLES d'ÉCOSSE.

LÉGISLATION ÉCOSSAISE. CONDITION DES LOGEMENTS MEILLEURE qu'en ANGLETERRE. HABITATION d'uNE SEULE CHAMBRE. COUTUME d'acquérir la PROPRIÉTÉ d'uNE PARTIE DELA MAISON OU d'uNE PIÈCE : TENTATIVE DESIR SIDNEY .VATERLOW POUR ACCLIMATER CE SYSTÈME EN ANGLETERRE. LES DÉMOLITIONS A EDIMBOURG, GLASGOW, DUNDEE. INSUCCÈS DE LA MUNICIPALITÉ DE GLASGOW, QUI A TENTÉ l'expérience DE BATIR DES LOGEMENTS A BON MARCHÉ (1).

Je ne sauvais m 'étendre sur le coté pittoresque, sous peine de fatiguer le lecteur par une insupportable monotonie. On rencontre en Ecosse quelques traits caractéristiques, (jiii ditlèrent de ce que nous ont l'ait connaître les villes anglaises. D'autre part, il y a des traits communs : dans l'un comme dans l'autre royaume, certaines lois sont restées absolument à l'état de lettre morte. On en avait même complèteinent perdu le souvenir. (Test là une des nu'sax ciitures assez fréquentes au\(|iielles

(1) Voir Svcond report, Inquiry inlo thc housing o/" the workintj classes. Scolland, [HHIk

QUESTION DES LOGEMENTS EN ANGLETERRE. i W

sont exposés les partisans de l'intervention de l'Etat : a tin de répondre à des consid(''rations de philanthropie on de politique électorale, ils s'adressent au parlement, ils mettent en branle la machine à fabriquer des lois, et ils parviennent à arracher une r('glementation nouvelle. Celle-ci très souvent entrave l'action de l'initiative privée, ou bien elle reste absolument stérile. Un des obstacles à lacquisition des maisons par l'élite des ouvriers, c'est qu'ici également les frais de mutation, les formalités d'enregistrement ont été trop considérables ou trop dispendieux.

La principale loi concernant la santé publi(|iu^ en vigueur en Ecosse, est le Public health act 18(j7. Le Board of supervision (bureau de surveillance) est l'autorité centrale chargée de l'administration de cette loi. Les autorités locales qui doivent l'appliquer sont les conseils urbains [town cou/iciis), les commissaires ou curateurs de police, et dans les localités où il n'y a pas de conseils urbains ni de commission de police, ce devoir incombe aux bureaux des paroisses. Les deux premiers sont élus par vote populaire ; les bureaux (le paroisse se composent en partie de personnes élues par les contribuables, en partie de membres r.f officio.

La loi écossaise sur la santé publique traite de la rpiestion de l'approvisionnement (67//>/)/y) d'eau, de la suppression des jiuisances, de la réglementation

ioO Ol'KSTION DES LOGEMENTS

des iiHincubU's lialtit(';s par plus (ruiic fiunilie. La (Ic'liiiilioii (le ce (|u*il faut cutcudro par nuisance resscinl)!*' à colle qui est donnée ])ar la loi anglaise de i87o; elle sappli(|ue enire autres à toute maison ou partie de maison tellement encombrée qu'elle peut être dangereuse ou nuisible à la santé des habitants. Si l'autorité locale néglige de s'apercevoir d'une nuisance, deux habitants househoklcrs pinnent s'adresser au sheriff et commencer les poursuites. Il ne semble pas qu'on ait l'ait un usage fi'équent de cette facult»'. La loi renferme des dispositions afin de permettre l'inspection des immeubles, elle donne aux magistrats (justice de paix) le pouvoir de décréter la suppression d'une nuisance, l'inlerdiction d'habiter des bâtiments dans une condition dangereuse; on peut fermer une maison où il y a eu deux condamnations pour encombrement. L'autorité locale a le droit de faire des règlements pour les maisons louées à plus d'une famille. Une loi votée en 1855 afin de faciliter à des associations volontaires l'acquisition, l'enregistrement, le morcellement de propriét(î dans les villes, et les dotant d'un droit d'expropriation, est restée lettre morte. Il en a été de môme pour la législation (|ui porte le nom de M. Torrens. Quant à celle dont sir Richard (ïross (auj(nird'hui lord Cross) est l'auteur, elle a été étendue aux bourgs pourvus de la franchise parlementaire ou sous la juridiction de police commissioners.

E\ ANGLETERRE. loi

En 1884, la population de l'Ecosse s'élevait à 3,848,000 personnes, le nombre des autorités locales ind('pendantes était de 1,034. L'étendue et le nombre des habitants variaient natvirellement beaucoup d'un district à l'autre. Il y a une circonscription administrative de 250,000 habitants, et tout au bas de l'échelle, une paroisse de 147 habitants. Dans les villes, le personnel de l'inspection sanitaire est suffisant, ph'in d'intellii^cnce et d'activité. A Glasgow il y a 30 inspecteurs sanitaires nommés au concours, après avoir subi un examen sur les principales questions d'hygiène. La plus petite commune d'ailleurs possède l'appareil administratif complet, un médical office.)' of Jiealth et un sanitanj inspector. La conséquence est toute simple : les appointements dont ces places d'inspecteurs sont dotées se trouvent être si dérisoires (il y a des exemples de 25 francs par an) qu'il est impossible d'obtenir les services de personnes compétentes. Si l'inspection sanitaire est relativement bonne dans les villes d'Ecosse, elle est illusoire dans les campagnes. On a proposé d'y porter remède en groupant ensemble plusieurs petites paroisses de façon à offrir une rémunération suffisante pour s'assurer les soins d'un homme en mesure de remplir les devoirs de sa charge.

La commission d'enquête, qui a étudié en 1885 la condition du logejnent des ouvriers dans les grandes villes d'Ecosse, constate dans son rapport

152 QUESTION DES LuGEMENÏS

(page 4) que riiin)ression qui se dégage des dépositions recueillies par elle n'est pas trop défavorable!. (( La condition du logement des classes ouvrières, bien ({ue déplorable dans beaucoup de cas, n'est pas du caractère extrêmement misérable qu'on a décrit comme existant à Londres. J)cs cITorts ont été tcnl(''S en vue de l "annUiorcr et ils ne sont pas demeurés sans un cilct visible. » Le président du Board of supervision a exprimé cet optimisme ofliciel: « Nous n'avons pas d'inquiétude sérieuse au sujet des grandes villes. »

Il y a deux causes principales à l'encombrement, a-t-il ajouté : l'une, c'est l'impossibilité pour l'ouvrier de payer un loyer plus élevé pour une maison qui serait à sa disposition, s'il était en mesure de débourser ce loyer plus considérable; l'autre, l'incapacité où se trouvent un grand nombre d'ouvriers d'apprécier le coml'ort de logements meilleurs. Ainsi dune j)art la j)auvreté ou, si l'on préfère, l'absence de ressources suffisantes pour se payer un logement relativement bon, de l'autre les lial)itudcs de l'ouvrier, (|ui lui l'ont préférer une liabitation sale et encombrée, lors même qu'il a les moyens de se procurer plus de comfort.

L'usage d'une seuK^ pièce, le single rooni st/sfe?n, prévaut nwv une singulièi'e intensiti'. Cela parait une institution iiiliinenient luiie à la ^ ie des ouvriers dans h's \ illes dKcosse. Le vocabulaire même s'en ressent, puis(|u"()n nomme înaison en

Ecosse ce que les Anglais entendent par chambre, par loiiement. Un tenemenl désigne en Ecosse la maison tout entière, le Iiouse, toute portion occupée séparément de la maison. La coutume d'iiabiter ensemble une môme maison, qui est si répandue dans les villes du continent, est pratiquée en Ecosse. La grandeur et la hauteur des anciennes maisons dans la vieille ville, à Edimbourg par exemple, suflisent pour montrer qu'elles étaient de tout temps destinées à abriter plusieurs familles. En outre nombre de maisons, qui au siècle dernier étaient occupées par des personnes* aisées, ont été transformées en maisons à locataires multiples. Ce système est si solidement établi que la législation écossaise a pourvu d'avance aux difficultés provenant de ce (jue plusieurs personnes sont propriétaires chacune d'une portion de la même maison, dune ou plusieurs chambres. Les réparations nécessaires du toit, les frais d'entretien des conduits de drainage et d'eau, doivent être supportés dans une certaine proportion par les copropriétaires, et l'on dit qu'il n'en résulte pas de difficultés dans la pratique.

A Edimbourg on compte 20,000 logements (1884) coûtant de 150 à 375 francs par an, de 3 fr. 10 à 21,50 par semaine. Ce logement se compose d'une pièce et d'une cuisine, — la pièce a d'ordinaire 4 mètres sur 3 1/2. et une hauteur de 2 1/2 à 3 mètres. L'achat d'un logement de cette nature

iril Ol^KSTION DES LOGEMENTS

revient ù i),00() francs au parlcri-c. à {j,'2l'A) francs à Icta^^iï su|)('riL'ur dans les maisons neuves. Les frais de inulation sont de 7;) francs.

Cette queslion de l'acquisition en dc'tail d'une maison par plusieurs locataires copropriétaires est fort intéressante. On a voulu profiter en Angleterre de l'exemple donné par l'Ecosse. Sir Sidney Waterlow, qui est toujours à l'atlVit des moyens de développer la jouissance de la propriété parmi les ouvriers, a obtenu en 1881 le vote d'une loi, Chambers and offices act, qui est destinée à faciliter aux ouvriers l'acquisition des logements qu'ils occupent dans des immeubles considérables. Le nombre de petites maisons c^ue les ouvriers ont achetées grâce aux building societics est une preuve évidente du désir très vif qui existe parmi eux d'acquérir la propriété de leur home^ mais ils n'ont pu agir de même dans les grands bâtiments à locataires multiples, qui ont élt!' construits à Londres dans les dernières années par diverses compagnies. Il semble (ju'il n'y ait aucune difliculté à vendre des parties détachées dun immeuble, mais sans législation spéciale sir S. Waterlow a reconnu qu'il était impossible de toucher à des droits qui sont communs, se raj)portant aux escaliers, couloirs, murs, toits, conduites d'eau, de gaz, de drainage, réparation, etc. Afin de résoudre le problème, il demanda au Parlement de reconnaître une Société, créée en vue d'appliquer ces idées. La Chambcrsand officea Coni-

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pany est autorisée à prendre sur elle et à gérer les droits communs dans des bâtiments construits en sections pour être occupées comme logements séparés, à s'entendre avec les propriétaires qui resteront maîtres de disposer à leur gré des chambres, logements.

La loi contenait unplanen vertn duquel les locataires peuvent s'arranger afin de devenir propriétaires des chambres qu'ils occupent, en payant un loyer plus considérable pendant un certain nombre d'années (afin d'amortir l'acquisition). D'après les renseignements recueillis par sir Sidney Waterlow, les cajutaux engagés à Londres dans des bâtiments contenant des logements séparés pour les ouvriers représentaient une somme de 300,000,000 de francs. Jusqu'en 1885, il n'avait pas été appliqué. Les auteurs de la législation sont fort optimistes. Ils assurent que leur plan ne se heurtera à aucune difficulté, qu'il est avantageux pour le propriétaire et le locataire. La commission d'enquête a suggéré l'idée d'étendre cette loi à toutes les compagnies qui ont été fondées en vue de construire des logements ouvriers, si elles le désirent. Elle fait observer que l'on s'apercevra des difficultés dans la pratique, non pas au début, lorsque les immeubles sont en bon état, mais plus tard lorsqu'il y aura de grosses réparations à faire. En outre y aura-t-il beaucoup d'amateurs pour ce genre de propriétés parmi les classes ouvrières? Tl diiïère de l'acquisition d'une

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pc'tile maison. 11 iiofuul pus oublier que les grandes maisons modèles, aux(|uellcs il s'agissait d'appliquer la l(''gislation imaginée par sir Siduey Waterlow, ont vïC' loiigtem[)s inq)opulaires; cette impopularité ne selîacera cpi'à la longue. Est-ee que l'ouvrier ne considérera pas comme plus digne de son ambition de devenir propriétaire d'une petite maison bien à lui, plutôt que d'acquérir une part dans une énorme caserne de location (1)?

Sur ce terrain, il semble qu'une combinaison consistant à permettre à l'ouvrier d'acquérir des aclions de la Compagnie immobilière où il loge, lui donnant la faculté de solder son loyer en totalité ou eu partie avec les intérêts et les dividendes, devrait avoir la préférence ? On unirait par là le caractère de la propriéti'; mobilière et immobilière. L'ouvrier aurait sa part de propriété sur sa juaison et en même temps la réalisation serait plus facile, moins coûteuse.

Revenons à l'Ecosse. Ce n'est pas seulement à à Edimbourg qu'on rencontre ces grandes maisons de location. Le nombre va en augmentant à IVusley. C'est Tbabitude de bâtir uiu' grande et liante maison avec de nombreux k)gements, tout comme en Angleterre on bâtit des rangées de cottages à deux étages.

(1) Voir Roi/al Commission on the hmising of the working classes. Evidence, page 422. Report, page 43.

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A Glasgow, une grande partie de la population vit dans une seule chambre, mais les chambres y sont plus vastes qu'à Londres. 25 p. 100 de la population est logée dans des single rooms^ dont il y a 35 à 40,000. A Dundee, on trouve 8,221 (1884) houses dune seule chambre avec 22,877 habitants et 15,924 houses de deux pièces. La raison principale de cette coutume, c'est que les occupants n'ont pas les moyens de payer la somme nécessaire pour avoir un logement plus vaste. On fait observer d'ailleurs que des couples sans enfants, des veuves, des ouvrières de fabrique, peuvent loger dans une seule pièce sans inconvénient et qu'ils forment un fort contingent (1).

Le loyer est élevé à Edimbourg, il absorbe entre le sixième et le quart du salaire. On sait ([ue si l'Ecossais possède de très grandes qualités, la sobriété fait souvent défaut aux classes laborieuses. Si celles-ci consacraient une moindre partie de leur budget à la boisson, elles seraient en mesur»i de se loger dans de meilleures conditions. Mais elles sont habituées à ce milieu et il faut une éducation progressive pour leur faire sentir le bienfait d'une habitation supérieure.

("il En 1881, sur une population de .S10,000 âmes, 126,264 vivaient dans une chamljie, 228, 62« dans deux, 8{,o46 dans trois. — 84,338 logements sont d'un loyer inférieur il 2r)0 francs l'an, en moyenne de 1G2 francs. On y trouve 73 p. 100 de la poi)ulalion.

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Lorsqu'on a dc'inoli les vieilles maisons et qu'on les a remplacM-es par dos immeubles mieux eonslruits, c'est l'élite parmi les ouvriers qui es! venue les oeciiper. La partie la plus pauvre de la population n'a pas éU'; toucliée par les am(''lioratiojis ; elle reste dans les menus conditions mauvaises que par le passé. Avec ses habitudes de malpropreté, ses habitudes de destruction, elle transi'oj-me en bouges les locaux où elle demeure.

Malgré les etï'orts persévérants des u'unieipalili's, elles n'ont pu triompher du mal, et l'on rencontre encore, à Cllasgow notamment, des ruelles encombrées, où les maisons sont adossées lune à l'autre.

A Edimbourg on a dépensé 7 millions et demi de francs à expropri»'r et à di'molii' des quartiers (It'fectueux. A Glasgow, les opérations ont été sur une plus vaste échelle. Depuis 1870, on a consacré 40 millions de francs à acheter 32 hectares pour ell'ecUier des démolitions- et reconstruire; on a d(''placé 30,000 ])ersonnes. A Greenock, on a dé- [tlacé 2,000 personnes qui habitaient des logements encombrc'S, ei on a reconsiruit des maisons pour (iOO. A Leitli, on a emprunté 2 millions et (Iciiii, sans arriver à aucun résultiil nolalde. A Dundee, on a abattu une partie des (|u;iitiers notoirement malsains.

La m()rtalit('' a diminué : à Edimbourg, l'ile est tombée de 20, 20 par 1.000 (I80ri à I87r)) à 19, Di

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(187o à 188:;) ; à r,lasi;ow, elle était de 30 par 1,000 en 1870; de 1881 à 188i, 20 par 1,000; à Dundee, elle est descendue de 28 (1864, 1873) à 21 (1874- 1884). On fait observer que le typlius, relativement rare dans les villes anglaises, n'a jamais pu être chassé de Dundee.

Sir Richard Cross a rendu plus difficile Tapplication des lois dont il est l'auteur, en exigeant, dans le cas de d(''molition de quartiers insalubres occupc's par des ouvriers, qu'on reconstruisit des maisons pour la même catégorie. En Ecosse, l'opinion publique s'est toujours prononcée contre cette disposition. On trouve qu'il est inutile de faire intervenir l'autorité locale et que l'entreprise des particuliers est amplement suffisante. Le président de VEdmburgJt tradfis council, parlant au nom des ouvriers, s'est prononcé énergi([uement contre l'idée que le conseil municipal j)ùt en aucune façon devenir responsable du logeuient du peuple. Quant à Glasgow, on a dit que si le toicn council avait montré la moindre velléit(' pour construire pour le compte de la ville, il aurait paralysé les efforts des particuliers. M. Morison, président du comité du Glasgoïc improvement trusta a exj)rimé l'idée que les fonctions d'une corporation sont la destruction d'immeubles insalubres, non pas la reconstruction. Le résultat des démolitions sur une vaste échelle et des embellissements a (''t('' d'augmenter la près-

sion sur les habitations los moins chères. Ce n'est ([utnK^ faible rraclioa (jiii a pu se loger dans les (juarliers assainis.

Dans quelques-unes des villes les plus populeuses d Ecosse, on retrouve la même répugnance clicz l'ouvi'ier pour émigrer et aller \[\i'v dans les faubourgs. A (ilasgow, les ouvriers ont persisté à habiter le centre de la ville, bien que les grands chantiers de construction navale soient à la périphérie et qu'on ait transporté au dehors un grand nombre de fabriques. Les ouvriers vont chaque jour travailler pour ainsi dire à la campagne et rentrent le soir : lapprovisionnement est plus facile dans le cœur de Glasgow, à cause des marchés, et de plus les femmes et les enfants trouvent à exercer des mé'iers qui fournissent des ressources accessoires au ménae,e.

En somme, si l'habitation des classes ouvrières laisse à désirer, les autorités locales compétentes se disejit néanmoins satisfaites des résultats obtenus et elles ne réclament pas une extension de leurs attributions.

Ce qu'il faudrait, c'est une simplification des lois existantes, une diminution des frais de mutation pour les petites ])ropriétés.

On a fondé en 1861 à Edimbourg une compagnie coopérative de construction, qui a un capital de 250,000 fr.. un fonds de réserve de 87.500 fr. Elle a construit 1,400 maisons à deux étages; l'étage

se loue de 275 à 623 fr. par an. Elle recrute sa clientèle parmi les ouvriers d'une classe un peu supérieure, non pas ainsi parmi les pauvres. La (compagnie vend les maisons à ternie (21 ans). En 1884, la Compagnie loi^cait 7,000 personnes. En moyenne, elle a payé d.j p. 100.

La municijmlité de Glasgow a fait l'essai de construire des logements, elle a bâti deux maisons modèles dans un emplacement avantageux, les appartements sont loués de 150 fr. à 212 fr. par an. (îommo placement dargcnt. lessai a été malheureux ; le capital n'est pas rémunéré et il y a un petit déficit à combler par les contribuables. La municipalité a construit plus cher que ne Fauraient fait les particuliers. Elle ne peut élever le ])rix du loyer, parce que les locataires s'en iraient. Ceux-ci napprécient d'ailleurs en aucune fa(;on les améliorations hygiéniques introduites. La dispense a été de 2,175,000 fr. On n'a aucune envie de recommencer l'expérience.

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