CHAPITRE YII
LA CONDITION DES LOGEMKNTS d'oUVRIERS A DUBLIN ET A BELFAST.
Toutes les fois qu'on traite do IV^at de l'Irlande, on éprouve un véritable serrement de cœur. Quel que soit le côté qu'on aborde, quel que soit le problème social qu'on examine, on est forcé de constater l'appauvrissement et la dé'cadence. Dans les dernières années, grâce aux elForts de M. I\irnell et des députés nationalistes, les soufTrances de la population agricole ne sont plus un mystère pour personne; elles ont été notifiées à l'Angleterre avec une viguenr irrésistible. L'Angleterre, depuis une trentaine d'années, s'est efforcée d'accorder des satisfactions partielles à l'Irlande et de remédier progressivement à ses griefs. Elle ne s'y est jamais d('cidé'e qu'à contre-cœur, sous la pression méiiii' de la nécessité.
Si le problème irlandais est aussi ardu et aussi épineux, c'est que les injustices commises dans le passé ont singulièrement compliqué les choses. L'Irlande n'a jamais joui de l'égalité des droits.
octroyée aux habitants des deux autres royaumes; la liberté politique, lautonomie administrative nont jamais été véritablement acclimatées chez elle. Dans un sentiment d'cgoïsme mal entendu, l'Angleterre a ruiné l'industrie irlandaise, qui était tlorissante et donnait de quoi vivre aux habitants, qui trouvaient une occupation et une source de profit ailleurs que dans l'agriculture. L'absentéisme des propriétaires fonciers, vivant en Angleterre ou sur le continent, a drainé l'île de ses capitaux, et le capital anglais ne s'y est jamais engagé qu'avec répugnance.
Dans le dessein de se concilier l'Irlande et afin d'écarter en partie au moins les causes de mécontf'ntement, qu'aggravait la pauvreté des habitants, l'Angleterre s'est départie à maintes reprises de la ligne de conduite qu'elle pratiquait chez elle; elle a appliqué à l'Irlande tout un programme de socialisme d'Etat, depuis l'intervention dans les contrats jusqu'à la construction et la subvention de travaux publics par le gouvernement. On a cru longtemps gagner les sympathies de la population, en facilitant la construction de chemins de fer, de ports. Toutes ces aumônes n'ont guère adouci l'humeur des Irlandais, qui rêvaient, avec la perp(''tuité de la tenue de leurs fermes, le retour à une demi-indépendance politique. Toutes les concessions, contraires aux règles strictes de l'économie politique, en ont exigé de nouvelles, et l'on est
Kii Ol'KSTION DKS LOGEMENTS
arrivé peu à pou ù la situation intolérable' contre laquelle on se débat aujourd'hui.
L'Irlande n'a pas souffert seulement des fautes ronnuises par l'Angleterre ; elle a été éprouvée par (les famines, qui accompagnaient la maladie de la ])()mme de terre et la perte dune récolte.
La population depuis 1800 u'a l'ait (juo diminuer, le pavs sest apj)auvri, la décaden(7e des villes, à deux ou trois exceptions près, ne s'est pas arrêtée. Sous lintluence de ces circonstances mélancoliques, la ([ueslion du logement prend un autre aspect, une couleur plus sombre en Irlande (juen Angleterre. H semi)le diflicile d'apporter des améliorations; ni les amendements à la législation sanitaire, ni des prodiges d'activité des autorités ne peuvent soulager beaucoup la misère des classes ouvrières. Dans le Royaume-Uni, d'après le témoignage du principal fonctionnaire médical de Dublin, Sir Ch. Cameron, on ne rencontre guère de population ouvrière plus mal nourrie [imderfed) que dans cette ville. J)ans la ]»rovince, sauf dans l'Ulster, la situation n'est ]»as meilleure. 1^'ouvrier irlandais, qui gagne à peine de quoi numger, n'a guère les nu)yens de dépenser ce qu'il faut pour un logenu'ut tant soit peu convenable. La crise agricole pousse les habitants des campagnes vers les villes, dont bien peu sont restées le siège de manufactures importantes.
CertainenuMit. en tlK'orie. il serait avantau,eux
d'agir pour améliorer les règlements de sahibrilc', mais le budget local est déjà surchargé, la taxation locale fort lourde. Dans la condition actuelle de rirlande, avec la pauvreté des habitants, la question du logement y est plus désespérée quailleurs; sauf sur quelques points, la législation sanitaire est restée absolument inappliquée, et cela se comprend, lorsqu'on réiléchit que l'organisation de 1 administration locale est défectueuse, insuflisante. La participation aux affaires communales est limitée par des conditions de cens ; la majorité des contribuables n'a pas de voix pour élire les autorités qui gèrent les intérêts de la communauté. On reproche aux municipalités irlandaises de négliger leurs devoirs, on établit une corrélation entre le taux élevé de mortalité dans les villes et le cens électoral. Il est certain que cette restriction des fonctions muiiicipides et cette limitation du droit de sulfrage à une minorité ne sont pas compensées par la ipialité des élus.
Xous nous trouvons ainsi en présence dun cas spécial, où l'on ne réclame pas de nouveaux pouvoirs pour les autorités locales. Ceux mêmes qui sont chargés de mettre en vigueur la législation exishmte contre les logements insalubres, contre I encombrement, déclarent qu'ils sont armés de p()U^T)irs suffisants. Ceux (ju'ils possèdent déjà sont simplement leri'il)les,5/;;«y>/y terrifie.
Dublin se compose de la cité de Dublin propre
lOr» ni'ESTION DKS LOGKMENTS
avec iino populalion do 2.')(),000 ànu's environ (l), des tOiV)is/tf/JS[\i\[cs) de Ualtniiiiesel llalhgar, avec 26,000 âmes, de cehii de Pembroke avec 24,000. (-es derniers sont soumis à nne administration s(''j)an''e, ayant une taxation étal)lie sur des bases dilVérentes. On a réclamé depuis longtemps l'annexion des toicmhips à la cité.
Au commencement du xvn" siècle, Dublin était la seconde ville des Iles-Britanniques; aussi grande qu'Edimbourg et Bristol réunies, elle avait M00,000 habitants. Elle perdit beaucoup en 1800 lorsqu'elle cessa d'être le siège du parlement, puis après la famine, (|uand la population irlandaise eut diminué de deux millions, par suite d'épidémies et d'émigration, elle en ressentit le contre-coup et vit encore baisser le nombre de ses habitants.
Le chiflre suivant fera bien saisir le retour en arrière, le recul dans la prospérité de la ville : en 188.'), au moment de ren(|uète sur les logements d'ouvriers, il y avait trois mille maisons vacantes à Dublin. La densité relative de la populalion y est plus considérable, 10,3 personnes par maison, qu'en Angleterre où elle est en moyenne de 7 personnes par maison. A Dui)lin 32,000 l'aniilles de quatre, cinq personnes, en moyenne, sur 54,000 vivent dans une seule pièce. Dans les maisons occupées jadis par nne seule famille, on en rencontre aujourd hui jus([u'à dix et douze.
(1) En IS81. — En ISIÎl : 227, (M lO.
Nous avons eu l'occasion de signaler les inconvénients qui résultent de la conversion d'une maison servant à une seule famille aisée en maison de location pour les ouvriers. A Dublin la majeure parlie des ouvriers ont succédé comme habitants aux familles riches du siècle dernier. Certains quartiers jadis riches et élégants sont aujourd'hui occupés presque exclusivement par les classes qui dépendent de leur salaire journalier.
Dublin ressemble à certaines villes d'Italie et des Pays-Bas oii la population est stationnaire, oîi l'on construit peu et où de belles maisons anciennes ont vu descendre le niveau de leurs habitants. Par un fâcheux contraste, les maisons de Dublin n'ont pas été construites avec des matériaux aussi solides et aussi durables que les palais italiens. Les murs massifs, les escaliers de pierre de ceux-ci résistent non seulement au temps, mais à l'action destructive des locataires. A Dublin, au xvni^ siècle, on bâtissait plus légèrement, en briques, avec des poutres assez minces. Ces maisons, qui abritaient des bourgeois ou des nobles, dont les familles sont éteintes pour la plupart, servent aujourd hui aux classes plus humbles de la société. Les réparations nécessaires pour maintenir l'immeuble en bon état n'ont pas été faites; les murs sont lézardés, les poutres pourries, les toits un assemblage d'ardoises à moitié brisées, les cours sans pavé, le sous-s(d, qui renfermait jadis une cuisine
IfiS OL'KSTION DKS LOGEMKMS
])ropro et bioiî leiiiic, est devenu une série de pii'ces luimides, sales.
Sir (i. Ciamei'on, ((ui est à la lèle du service d'hygiène, l'ait le tableau suivant de ces maisons de location en décadence.
« Les défauts des logements de Dublin consistent dans ce que les maisons sont vieilles, les bois en si mauvais état qu'il n'est pas facile de les tenir propres; le plancher fait souvent un angle considérable avec rhorizoji, pai-ee que l'un des murs s'est alTaissé', les par(piets sont mangc's de vers, les trous boucliés par des pièces de bois irrégiilièrcs, qui entravent le nettoyage; les fenêtres ont des croisées abîmées, qui laissent passer la pluie et le vent; les escaliers, sombres, mal ventilés, l'installation sanitaire tout à fait insuffisante; un waler closet est commun à dix ou douze familles, il est ])lacé dans la cuisine ou l'entrée commune; on a fait évacuer les sous-sols, mais on ne s'est pas préoccupé de les tenir propres, ils sont envahis par la saleté. Trop de familles demeurent dans une maison; les fièvres, notamment la fièvre typhoïde et la scarlatine, y font de nombreuses victimes. »
La municipalité a fait de son mieux pour lutter contre rinsalubriti; des logements, elle n'a pas ménag(' sesell'orts, mais sans un bien grand succès. Le taux de mortalité' demeure élev('. Mais on aurait tort de rendre le logement, si insalubre qu'il soit, seul responsable. La misère est très grande à
Dublin, le pauvre et l'ouvrier vivent dans des conditions d'alimentation et de vêlement déplorables, ils ont une constitution affaiblie qui leur enlève la foi'ce de résistance. Parlant de l'état sanitaire de Dublin, le professeur Cameron constate qu'il y a eu une certaine amélioration en ce qui touclie les maladies de la saleté [fllth diseases), mais il nen a pas été de même, dit-il, pour les maladies constitutionnelles, les maladies de reins et les maladies de poumon. Les causes qui produisent celles-ci ne sont pas affectées par l'action des autorités sanitaires, elles naissent de la pauvreté, de l'intempérance, du manque de vêtement.
lue particularit(' de Dublin, c'est (jue dans toutes les parties de la ville, on rencontre des groupes de maisons occupées par la partie la plus pauvre de la population. Entre Saint-Stephen's Green et Fitzwilliam square, se trouvent des habitations dans un état déplorable. Contrairement à ce qu'on voit d'ordinaire, les quartiers les plus misérables de Dublin sont situés à l'ouest. Là il n'y a pas une seule rue un peu grande, dont les maisons ]ie soient occupées par de nombreux locataires pauvres.
iNon seulement les maisons où résidaient jadis les gens aisés ont cté^ converties en logements d'ouvriers; mais encore; on a couvert de constructions b's cours et les espaces libres. Lair et la lumière l'ont défaut; les cabinets d'aisances, lorsqu'il y en a, sont en ruine.
Le taux (le la in()ilalit('î est de 28 à 20 par mille dans les(niatre ou eiiK] dei'iiières aniuîes. Eu 1871), il a alleiut le cliillVe très considérable de 30 par mille (1).
Le prix du loyer à Dublin varie entre 1 fr. 25 et 7 fr. oO par semaine. La moyenne ordinaire est de 2 fr. oO à 2 fr. î).'). Ou a fait le relevé des loyers et des salaires des ouvriers employés par le comité de salubrité : 290 personnes vivent dans 97 pièces, soit 3 personnes par chambre. Le salaire par famille est de 19 sh. o d. (24 fr. 25}, le loyer de 2 sh. 4.
En gé'uéral les salaires ne sont pas très élevés, un ouvrier bijoutier gagne 35 francs par semaine, un jardinier 20 francs, des portefaix de 20 à 30 francs, un cordonnier 48 francs, une femme de ménage 0 fr. 25. Il y a nombre d'individus qui arrivent à se faire 15 francs par semaine lorsqu'ils ont du travail, et malheureusement ils n'en trouvent pas régulièrement.
La population ouvrière de Dublin est relalivenu'ut trop cousidi'rable, elle forme un contingent beaucoup plus gros que dans d'autres cités (2).
(1) Comme avant 188(t, la déclaration des décès n'était pas obligatoire à Diililiii, il y avait un écart considérable (10 à 11 p. 100) cnlic Ir nombre des décès enregistrés oITiciellemeut et celui des enterremtMits.
ii) D'ajirèsle r(>censement de 1881,11 y avait l()l,7t)0 personnes appartenant à la classe des oiiviicrs, domestiques iartizan and tjeneral service), sans coiiipler l'armée, la police, les employés de l'Klaf.
On peut avoir une idée de ce que les classes ouvrières payent de loyer par les chiffres suivants : 1,074 familles occupaient en 188i 1,482 pièces dans 17o maisons; elles payaient un loyer annuel de 8,31 1 £ (207,700 francs), les maisons étant estimées dune valeur annuelle de 2,077 £ (00,900 francs). Une maison estimée 200 francs de loyer par an était occupée par 8 familles payant 4,300 francs.
En 1880, une commission extraparlementaire fil une enquête sur la condition sanitaire de Dublin, et voici le résumé de cette enquête : « Sur 23,000 maisons, 9,700 étaient habitées exclu- « sivement par des artisans et des ouvriers ; « sur ce nombre, 2,300 étaient dans un état qui « les rendait dangereuses à habiter, et dans « ces 2,300 maisons végélait une population de « 30.000 personnes. »
Depuis lors, 1,900 à 2,000 de ces maisons insalubres ont été fermées par ordre de la municipalité (de 1879 à 188r)), en même temps qu'on interdisait l'habitation dans 430 caves. Une partie (les maisons condamnées ont été réparées et ouvertes de nouveau.
Jusqu'en 18G0, il n'a pas été fait grand'chose pour améliorer ou réglementer la condition du logement des ouvriers. Il n'y avait pour Dublin tout entier qu'un seul inspecteur de nnisanees. — En 1806, la municipalité organisa un corps d'inspecteurs, pris parmi les sergents et les constables
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(l(> l;i [)olicL' liiôli'opolitaine. Les pouvoirs légaux, sont trèscousidérables; tout un otat-uiaj or s'occupe aujourd'hui de les faire applicpier; il comprend 2l\ inspecteurs sanitaires, des surveillants qui président aux travaux de vidange et de d(''sinl'eclion. Knménie teinj)s la mnnicipalité faisait des elïbrls dans danlres directions. Elle a d(''pensé de grandes sommes à construire des égouts, elle fait nettoyer chaque jour les cours des tenement houses, elle a ccmstruit des bains et des lavoirs publics. Enfui elle a profdé de la législation de sir Richard Cross pour déblayer des quartiers insalubres. Ayant obtenu la sanction du parlement, elle a exécuté deux plans d'amélioration, l'un est le Cooinhe Street schenie^ pour lequel elle a emprunté 2i,000 C aux commissaires des travaux publics (expropriation, établissement de la voirie, égouts, gaz). Le terrain d(''blayé a été loué moyennant 200 C ( ri, 000 francs) par an à VArtizans" diceUing:^ Company. Celle-ci a construit 211 maisons, où logent un millier de personnes. Pour l'amélioration de Plunkett street, on a emprunté 27,000 C (007,500 fi'ancs), loué le terrain à la nuMue société pour 140 £ (3,î)00 francs) l'an, elle doit y construire 4i cottages à un étage, X\ cottages à »leux étages et 24 logements pour une famille. Ici comme dans d'autres villes du Royaume Uni, l'opération aété mauvaise pour les finances de la cité, et la inunici|)alit('' n'a pas le dé-sir de i*t>connnencer.
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Elle a payé le terrain à raison de 165,000 francs lacre (40 francs le mètre) et dépensé 1,300, 000 francs en expropriation. Si la vente avait eu lieu à l'amiable, elle se serait faite probablement pour la moitié.
L'initiative privée n'a pas fait défaut à Dublin. Xous venons de parler de VIndustrial dwellings companij, fondée en 1876.
En 1872. il s'était créé une association volontaire — Dublin sanitary association — qui s'occupa d'étudier la question du logement des ouvriers et des jxuivres, d'inspecter les quartiers insalubres, d'attirer l'attention des autorités et de l'opinion publique en général. Le comité exécutif de l'Association se réunit toutes les semaines. Cette intervention d'un grou})(! d'hommes de bonne volonté a eu d'excellents résultats, elle a stimulé l'autorité locale et du mouvement qu'elle a provoqué est née [' Industnal dwellings compamj (fondée en 1876) (1). Celle-ci a été établie d'abord avec un capital de 1,250,000 francs, qui a été porté ensuite à 2,500,000 francs. Elle a emprunté 1,175,000 francs aux commissaires des travaux publics. Elle paye 4 p. 100 de dividende. Elle a fourni des logements salubres et à bon marché à 1,200 familles, c'est-àdire à environ 6,000 personnes. Ce qui lui permet
(1) Voir les publications de M. Edw. Spencer, secrétaire de la Dublin Artizans' dwelling compantj : « The homes of IheWorking Classes ia Dublin, » 1884, etc., et sadéposition devant, la coniuiissicju d'enqurlc, 188.-).
(roIVrirdes lovorsavanlcigviix. c'est (juVlie a obtenu le terrain de la imini(i[»jdil('' dans des conditions exceptionnelles. Elle a sa clientèle dans l'élite des classes ouvrières (1).
On sait que la plus grande brasserie du Royaume- Uni se tronve à Dublin, celle de Guinness, qui a été transformée récemment en société anonyme an capital de 150 millions de francs. Elle occupe l.GOO ouvriers, dont :^00 gagnent entre 37 fr. 50 à 100 francs et davantage par semaine, le reste environ 2o francs. Sir Edw. Guinness a cru de Tintérèt commun de ses ouvriers et de lui-même de construire des habitations salubres pour une partie de son personnel; il a ou en vue la partie la plus pauvre, lia bàli en 1872 et en 1882 deux groupes — Belle-Vue et lliallo buildings — qui renferment aujourd'hui 180 familles. 11 y a six cottages, contenant chacun 3 chambres à coucher, cuisine, etc, et coûtant 0,250 francs; le loyer hebdomadaire en est de 7 francs par semaine. On a édifié en outre des maisons à trois étages, contenant des appartements de une, deux, trois pièces (loyer : 5 francs, 3 fr. 75, 3 francs). Ces prix sont inférieui's à ceux qu'on paye en ville, et de plus la qualit('? du logement est meilleure. Sir Ed. Guinness ne retire guère plus de 2 p. 100 net (Ui capital dc'pensé.
(1) Eu lîSBO, le elividciiilr a l'Ii'- di' 4 1/2 |i. tOO, Los iiiinieubles oui liniporlr plus dv 32,», 000 liaui's pat- au.
Si Diiljlin L'st en dik-adence, si elle a perdu en richesse et en population, La condition de Belfast est toute différente. C'est la ville dlrlande la plus prospère. Elle avait 37,000 habitants en 1821, 120,000 en 1861, 208,000 en 1881. La valeur des immeubles a doublé en vingt ans. Le taux de mortalité y est encore de 23 par mille, après avoir ét(3 sensiblement plus haut. La densité de la population n'est pas grande, entre o et 6 habitants par maison. Il y avait 18,000 maisons en 1861 , 47,000 en 188r>. On y construit, bon an, mal an, environ un millier de maisons. Grâce à cette activité dans les constructions, il n'y a pas de difticulté à loger les individus que les embellissements et les améliorations chassent de leur habitation. Belfast est une ville nouvelle, il n'y a pas de vieilles maisons bcjurgeoises abandonnées aux locataires ouvriers. Le système des tenements houses y est à peu près inconnu. La règle est que les maisons sont construites ordinairement pour une seule famille.
l^e coiit d une maison est remarquablement bas. On peut établir une maison avec cuisine, office, deux chambres ;icoucherpourl,100àl,230 francs. r»elfast est la ville de la Grande-Bretagne où l'ouvrier peut devenir propriétaire à meilleur marché Il n'existe pas de sociétés qui construisent des logements d'ouvriers, on y rencontre quelques hiiilding societies qui font des avances. Les loyers \arient entre 3 francs et 6 fr. 2.") par semaine. Le
I"('> yuKSTioN ni:s lockments en Angleterre.
prix dos luatéi'iaiix de construction et les salaires des ouvriers du ])àtiuieut sont inotl(''rés.
A Cork, Linierick, Walerl'ord, (lalway, la situalion est ({('ploraltle; la pauvreté des luilntanls et le triste état financier des villes enipéc.lienl toute amélioration. 11 vaut la peine de relever à Ihonneur de la race irlandaise que, malgré sa misère et le milieu atTreux où elle végète, sa moralité est suj»érienre à ce que nous connaissons des autres pays(-l).
(1) (( Tlio MoraliLy of tlie lowcr classes at l)iil)liii is a of vorv liigli standard >> (Eiiquèle de 188."i].