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'sociétés fondées depuis. Les sociétés régies par la loi de 1836 sont calquées sur la Friendly Society et soumises à certaines prescriptions surannées.
La législation nouvelle les a respectées. Les sociétés fondées depuis \ 874 sont seules tenues de transmettre au registrar un compte rendu (bilan) annuel. Il en résulte que les statistiques sont incomplètes.
Les données de la fin de 1879 fournissent un état de 1,106 sociétés, dont 876 envoient leurs retums et qui comptaient 320,000 membres avec un avoir de 31,192,128 liv. ster. (779,803,200 fr.). Ajoutez pour TÉcosse 54 sociétés dont 46 fournissant des bilans avec 11,902 membres et un avoir de 1,270,821 liv. ster, (27,958,125 francs), et pour rirlande 27 sociétés dont 24 fournissant un bilan annuel, avec 6,533 membres et un avoir de 899,347 liv. ster. (22,496,173 francs). Le revenu annuel est estimé par M. Ludlow à un demi-milliard de francs (1).
La plus grande des building societies (la Birkbeck) reste en dehors des lois nouvelles. La
propriété foncière par voie d'hypothèque. Quelques-unes font aussi des avances sur leurs actions, mais c'est Texception.
(i) M. Ludlow estime entre trois septièmes et un septième la part de la classe ouvrière sur le total des fonds qti'il évalue à i,2o0 millions de francs.
National land Society a un actif de près de 3 millions de francs.
Nous trouvons dans un document présenté à la Chambre des communes en juin 1886 des données plus récentes qui permettent de constater les progrès accomplis depuis 1879. Le nombre des sociétés s'élevait pour le Royaume-Uni, le 31 décembre 1885, à 2,243 ; dans le courant de Tannée, 96 se sont dissoutes.
4811 sociétés ont fait connaître le nombre de leurs membres ; celui-ci s'élevait à 583,830 (soit une moyenne de 322).
2,023 sociétés ont reçu dans Tannée 21,671,944 liv. ster. (près de 542 millions de francs), soit 10,713 liv. ster. par société (267,800 francs).
2,041 sociétés ont communiqué le compte de leur actif. Elles devaient 34,879,350 liv. ster. (871 millions de francs) à leurs actionnaires, 16,031,298 liv. ster. (400 millions) à leurs déposants. L'actif était représenté par 48,893,429 liv. ster. (1,200,000,000 francs) de créances hypothécaires et 3,787,769 (92 millions de francs) d'argent en caisse et d'avance sur d'autres valeurs.
1512 sociétés n'avaient pas distribué le solde de leur bénéfice, qui s'élevait à 1,901,633 (près de 30 millions de francs).
Les chiffres qui s'appliquent aux trois royaumes ne tiennent pas compte des sociétés créées avant 1874, qui ne sont pas obligées de communiquer
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l(Mirs bilans. De 1879 à 1885, le nombre des membres a progressé de 250,000, — de 330,000 à 583,000.
Pour rAnglet<»rre et le pays de Galles, le document parlementaire constate 2,150 sociétés. Dans 1,751 sociétés, il y avait 567,594 membres (soit 324 en moyenne). 1,936 sociétés ont reçu 20,800,154 liv. sterl. (520 millions de francs), 10,3441. sterl. en moyenne.
1,953 sociétés dont les bilans sont communiqués avaient un passif de 33,479,246 liv. ster. (830 millions de francs) dû aux actionnaires et 15,385,503 1. sterl. (83 millions de francs) dû aux déposants. L'actif composé de 46,955,176 liv. sterl. en créances hypothécaires, 3,601,190 liv. sterl. en caisse et en avances sur d'autres valeurs. Le déficit constaté ne dépassait pas 118,000 francs et il y avait 1,810,000 de bénéfice non distribué (1).
Dans le comté de Durham, il existe 83 sociétés avec 29,404 membres; dans le Glocestershire 24 avec 10,933; dans le Kent 78 avec 28,342; dans le
(l) Un modccin, le D' Bowkett, a inventé une combinaison où les avances se font nominalement sans intérêt. Mais la combinaison fonctionne très lentement, de sorte que l'évolution complète est de vingl-cinq à trente ans. On a modifié le système Bowkett dans les sociétés dites Starr-Bowhett, de manière à réduire leur durée à i8 ans. En 1878, on en comptait 200 à 300. Le rapport sur i88o parle de la 801« Starr-Boioketti
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Lancashire 337 avec 83,347, le Middlesex 430 avec 146,839, le Northumberland 48 avec 14,990, le Surrey 126 avec 32,377, le Yorkshire 101 avec 61,855.
Les building societies s'entendent souvent avec une société foncière, Land Society^ qui achète à bas prix de vastes étendues de terrains et puis les revend par lots avec la plus-value qu'entraîne la création d'une cité.
Pour animer ce tableau, interrogeons les dépositions devant la commission d'enquête. L'une des plus intéressantes est celle qu'a faite M. Fatkin, secrétaire et administrateur de la Leeds permanent benefit building society.
Leeds est une ville de 320,000 habitants (1). On y trouve deux building societies^ qui ont l'une et l'autre près de quarante ans d'existence : \aper?nanent benefit et la commercial^ dont la première comptait, le 31 décembre 1885, 10,760 membres, la seconde 6,390. Ensemble elles avaient reçu dans l'année près de 850,000 liv. sterl. (21 millions 1/4 de francs). Depuis qu'elles ont commencé à fonctionner, elles ont exercé une influence visible sur la formation d'une classe de petits propriétaires de maisons, en même temps qu'elles accueillaient
(1) La cinquième ville de FAngletorre par le nombre des habitants, et la première du monde comme centre de la fabrication des draps.
des dépôts de placement. Une difficulté contre laquelle elles ont eu à lutter a été l'abondance des capitaux qu'on leur apportait et qui dépassait la demande d'avances, en môme temps que la baisse du taux de l'intérêt leur rendait plus ingrate la tâche de faire valoir les capitaux et de bonifier un intérêt suffisant. Comme elles sont administrées avec prudence, elles ne se lancent pas dans des entreprises aléatoires, dans des avances dangereuses, dans des spéculations comme celles qui ont amené la chute de sociétés à Manchester et à Bristol.
L'objet de la Leeds permanent building society est de fournir des facilités aux ouvriers pour acheter leurs propres maisons, d'encourager la petite épargne et de lui offrir un placement.
Tout ouvrier peut devenir membre de la société et prendre un nombre illimité d'actions (le Parlement n'a pas posé de limitation de ce côté). Le minimum de la souscription est un cinquième d'action, ce qui exige un versement de 6 pence par semaine. Une action entière demande 2/6.
Pour des raisons de convenance, la Société fixe à ISO liv. sterl. (3,750 francs) le maximum que peuvent atteindre les versements de placement d'un membre (capital et intérêts). Lorsque ce cliiffre est atteint, l'actionnaire est tenu de retirer sa mise. En 1884, il a été remboursé de la sorte 3o,000 liv. sterl. La Société craint d'être débordée
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par l'abondance de capitaux disponibles. Tout actionnaire qui n'est qu'un déposant, investor^ qui n'a pas recouru au crédit, a le droit de retirer son argent avec un préavis de quatorze jours. Pour la participation aux bénéfices et pour la responsabilité, il n'y a pas de différence entre un actionnaire qui dépose et celui qui emprunte. Un ouvrier placera ses 3 ou 4 shil. par semaine, jusqu'à ce que le principal et l'intérêt montent à 40 ou 50 liv. sterl. Il prendra son argent alors et achètera une maison de 160 liv. sterl. empruntant la différence à la Société. De cette façon, un ouvrier en mesure de déposer 3 shil. par semaine pendant cinq ans peut acheter ou construire une maison de 160 liv. sterl. et en continuant de payer 3 shil. par semaine pendant vingt-quatre ans encore, il aura remboursé la dette. Le loyer d'une semblable maison est de 4 shil. 3 d. la semaine. Ainsi il paye moins à la Société qu'il ne débourserait pour son logement loué, et il devient propriétaire. La Société admet encore une autre catégorie de participants, qui prennent une action de 100 livres ou des cinquièmes de vingt livres ; on leur bonifie 4 p. 100 ; les actions sont échues lorsqu'elles atteignent 150 livres.
De 1874 à 1883, la Société a reçu 5,524,000 liv. ster. (133,400,000 fr.), soit en moyenne 550,000 liv. sterl. par an. En 1885, les recettes se sont élevées à 511,000 liv. ster. Depuis 1880, il y a eu une diminution, la Société ayant prolongé la durée du
remboursement. Il y a quelques années, on remboursait à raison de 10 0/0 l'an en 13 1/2 ans, à présent on rembourse à raison de S 0/0 en vingtquatre ans. On veut même porter la durée du prêt à quarante-sept ans.
En 188S, la Société avait avancé sur première hypothèque 1 ,266,362 liv. sterl. , elle devait 553,000 liv. sterl. à ses actionnaires, 705,000 à ses déposants.
La presque totalité des sommes avancées, 30,000,000 fr., a été souscrite par les ouvriers de Leeds, qui apportaient leurs épargnes. En 1884, il y avait 7695 investing niembers^ possédant 12,830 actions se libérant à raison de 2/6 par semaine. Les épargnes accumulées de ces 7,695 membres s'élèvent à 532,403 liv. sterl. et elles ont été formées par des versements de moins de 4/6 par semaine en moyenne. 4,711 membres avaient moins de 50 liv. sterl. dans la Société, 1854 entre 50 et 100 liv. sterl., 786 entre 100 et 200, 214 entre 200 et 300 liv. sterl., 54 entre 300 et 400,19 entre 400 et 500, 21 entre 500 et 600, 11 entre 600 et 700, 6 entre 700 et 800 liv. sterl., 5 entre 800 et 900, 4 entre 900 et 1,000 liv. sterl., 10 ayant plus de 1.000 livres. La moyenne due est de 70 liv. sterl.
Les dépenses d'administration s'élèvent à 3,600 1. sterl., 1/4 p. 100 environ de l'actif (1).
(1) Le taux lUintërèt et d'amortissement en vingt-
D'après M. Fatkin, 2,000 ù 3,000 membres de la Société ne payent pas plus de G pence par semaine. 400 membres de la Société, vivant aux environs de Leeds, sont propriétaires de leur maison, un millier d'autres possèdent plus d'une maison. Il paraît qu'il y a souvent avantage à Leeds ou aux environs de construire à la fois trois ou quatre maisons; c'est meilleur marché qu'une seule.
En 1884, plus de 6,000 maisons valant moins de 200 liv. sterl. chacune étaient engagées à la Société. Dans les vingt dernières années, 17 à 18,000 maisons ont passé par les mains de la Société. La valeur moyenne d'une maison est de 166 liv. sterl.
Grâce aux building societies, les ouvriers de Leeds ont accumulé depuis 1860 plus de 25 millions de francs. La population ouvrière s'est portée à la périphérie, où elle pouvait acquérir du terrain à bon marché et où elle pouvait construire à l'aide des avances de la société.
Une partie des avances de la Société sert à rem-
quatre ans est de 6^/2 p. 100, — en quarante-tro^s ans, de 5 p. 100. Dans ce dernier cas, la Société se réserve le droit de faire l'inspection de la propriété pour voir si elle est bien entretenue.
La permanent bulding Society de Leeds compte 1,710 membres propriétaires, dont 420 possèdent une maison, les autres deux et davantage, jusqu'à huit. En dehors des 9,348 maisons appartenant aux membres actuels, 12,000 à 13,000 autres sont la propriété d'anciens membres.
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bourser d'autres liypotlièques contractées avec des particuliers ; comme les conditions de la Société sont plus favorables, on préfère traiter avec elle. Sur les 9,400 maisons hypothéquées actuellement, 7,000 appartiennent à des ouvriers. Ce sont des maisons à un ou deux étages, la cuisine et le parloir en bas, une à deux chambres à coucher audessus. Elles sont, paraît-il, relativement bien tenues.
La grande majorité des membres gagne un salaire moyen de 20 à 30 shil. par semaine, mais il y a déjeunes ouvriers qui ne gagnent que 10 à 12 sh.
A Newcastle, Birmingham, Bristol, on trouverait la confirmation de ces indications. A Bristol, les building societies fleurissent. Elles recrutent leurs membres parmi les ouvriers qui gagnent de 23 à 30 francs par semaine ; elles n'arrivent guère à toucher les simples journaliers qui n'ont pas appris un métier. L'ouvrier qui place des économies paye 1 fr. à 1 fr. 6 p. par semaine ; celui qui veut acheter une maison, 3 fr. Une maison coûte de 90 à 150 liv. sterl.
La London and Northwestern railway Company a encouragé le plus qu'elle a pu la formation de building societies parmi ses ouvriers et ses employés, et elle a obtenu d'excellents résultats. La plupart de ses ouvriers habitent à Gorton, où elle a de grands ateliers, à 4 ou 5 milles de Manchester, et sont leurs propres propriétaires. Ils commencent
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EN ANGLETERRE. 19i
par mettre à la caisse d'épargne organisée jinr fa Compagnie, puis lorsqu'ils ont 50 à 60 liv. storK ilis prennent des actions dans une building sucieiff* Les maisons sont propres et bien tenues.
Les sociétés coopératives anglaises ont orj^anistï des building départements ou sont affiliées a (l<'s building societies. D'après MM. Acland et Btnjamin Jones {Working men co-operators^ (^assoll et Cy, 1844), 60 sociétés coopératives ont dépensé plus de 500,000 liv. ster. à construire drs i yîtages. En 1883,une seule société a dépensés"**, (100 francs(15,000 liv. sterl.) et construit 3S2 cotlagos. 41 sociétés enregistrées sous Vlndiistrial and provident Act ont construit pour au moins 500,01)1» liv sterl. de cottages d'ouvriers.