‹ Le logement de l'ouvrier et du pauvreChapitre 33 sur 47 · NOMBRE DE PIECES · texte numérisé non relu

NOMBRE DE PIECES

5 p., rez-de-ch., 2 étages 3— — 1 —

Revenu brut annuel ; . 2 406 fr.

i Impôts des portes et fenêtres 116.35 \ Assurance incendie, ramonage ... 1 1 . 25 | Déclaration annuelle des loyers. ... 6.00 > 170 Ir. Extraction des fosses et petites ré- t

parations annuelles, timbres, etc. 45.40 I

Revenu net 2227 fr.

Soit un revenu de 3,13 p. 100 sur le capital engagé de 69 805fr- 25 Disons un revenu minimum de 3 p. 100

peut prendre l'air chez elle, étendre le linge, faire pousser quelques légumes ; grâce au jardinet, les enfants jouent sous les yeux de la mère de familici et ne vont pas chercher dans la rue de pernicieuses habitudes.

« Depuis quatre ans, les loyers de M. Satre sont

parfaitement rentrés ; sur 7 500 francs, il n'a pas eu 100 francs de non-valeur.

« Les habitations ouvrières constituent, dit M. Satre, le moyen de faire la plus grande somme de bien non seulement sans le moindre sacrifice, mais en faisant le fameux placement du père de famille. Il faut se garder en général de traiter ces questions d'habitations ouvrières trop administrativement, notamment se garder de confier ces travaux à un entrepreneur général, qui, en soustraitant avec les spécialistes de chaque corps d'état, n'a d'autre but que de réaliser les plus gros bénéfices, et cela au détriment de la construction. Il faut que ceux qui s'en occupent y mettent du leur et suivent ces constructions comme si c'étaient les leurs. Un excellent et consciencieux architecte est nécessaire. Au début de nos constructions, nous pensions que l'architecte faisait tout trop confortablement. Aujourd'hui nous reconnaissons qu'il avait absolument raison. »

L'ingénieur lyonnais croit qu'il vaut mieux de ne pas tomber dans la cité ouvrière, la caserne à beaucoup d'étages, parce que le bon ouvrier sérieux n'aime pas ce genre d'édifice qui pour lui sent un peu la maison du pauvre guenillardet secouru.

A Lyon, trois hommes de cœur, MM. Gillet, Aynard et Mangini ont réuni à eux seuls 200,000 fr. pour la construction des maisons ouvrières. Ils lûi'ont pas fait appel au public.

En versant le cinquième du capital souscrit, ils ont commencé un groupe d'immeubles et se sont adressés au crédit pour parfaire ce qui leur était nécessaire. La caisse d'épargne de Lyon possède des réserves qu'elle peut placer pourvu qu'un intérêt de 4 p. 100 lui soit garanti. Les fondateurs ont fait avec elle un traité qui leur a permis do quintupler leur capital et leur donnera les moyens de construire cinq groupes.

M. Mangini s'est mis à la tête des travaux; il a construit avec une économie dont sa haute compétence lui a donné le secret. Les murs sont on mâchefer aggloméré et le ravalement en plâtre. On a élevé en 6 mois un groupe de 6 maisons renfermant 60 logements. Comme à Rouen, il n'y a pas de corridors et, du palier, on entre dans l'appartement. Les logements ont trois pièces de dimensions très grandes et de 3 m. 30 de hauteur.

Bordeaux. — Les maisons de M. F. Patio.

A Bordeaux, M. Patto est proprietaire.de logements à bon marché situés à proximité du boulevard de ceinture de la ville de Bordeaux. Les logements sont au nombre de 19, séparés par deux hangars. La superficie totale occupée par les logements, la cour, les jardinets est de 1748 mètres. La construction commencée vers 1861 a

364 QUESTION DES LOGEBlfiNTS

été terminée en 1863. Elle a été faite d'une façott absolument économique.

Les logements sont loués à des artisans ou à des boutiquiers. Laménagement intérieur est approprié à la profession du locataire.

La gérance de lensemble des immeubles a été confiée à une femme, la principale locataire habitant le n° 405 depuis 25 ans. Elle est chargée de percevoir les loyers, dWectuer les petites réparations, de louer les logements. Il lui est alloué 4 p. 100 de commission et un rabais sur son propre loyer de 25 p. 100. La probité et la moralité du gérant sont une condition indispensable de la bonne administration de ces sortes de logements. C'est la cheville ouvrière de l'opération. Il faut être à l'affût au jour de paye des ouvriers, afin de leur réclamer le prix du loyer.

Les logements en question n'ont qu'un rez-dechaussée.

Depuis 1872, M. Patto a retiré un produit net équivalent à 5,60 p. 100 du capital dépensé. L'intérêt a tendance à s'élever dans son cas. Il recommande d'employer le mode de payement des loyers par mois et d'avance.

Nîmes.

La Société d'économie populaire de cette villô du Midi s'est occupée à diverses reprises de la question des logements ouvriers. J'extrais du

procès- verbal du 12 février les détails suivants : « Autour de Nîmes on peut avoir des terrains à 2 et 3 francs le mètre. D'après le plan soumis par le vice-président de V Abeille nîmoise^ il faudrait bâtir sur une superficie de 83 mètres pour obtenir une maison de quatre pièces, avec cour et jardin revenant à 2,450 francs.

« Il y a trois systèmes qu'on peut suivre : s'adresser à une Compagnie comme à Mulhouse ; ou bien verser ses économies entre les mains de la Société de consommation à laquelle on se rattache, et quand le capital est suffisant, on construit; ou bien encore prêter aux ouvriers en hypothéquant la maison en garantie.

« Un quatrième système serait d'appliquer les fonds de réserve des Sociétés de consommation à la construction des maisons ouvrières. D'après des calculs minutieux, l'amortissement d'une maison revenant à 2,4S0 francs serait obtenu au 4 p. 100 par un loyer de 220 fr. 35 pendant quinze ans, ou de 180 fr. 27 pendant vingt ans. L'amortissement d'une maison revenant à 2,738 francs serait obtenu par un loyer de 246 fr. 20 en quinze ans ou de 221 fr. 46 en vingt ans. Si cet amortissement était payé pendant vingt-huit ans, il équivaudrait au prix d'un loyer ordinaire.

« Les avantages des cités ouvrières sont nombreux, il faut relever surtout la propreté, le confort et le relèvenient de \^ vie 4^ faniille,

« Une objection est formulée par un membre de la Société d'économie populaire : convient-il que Touvrier devienne propriétaire, alors qu'il ne le devient qu'à un âge avancé, au moment où il risque de laisser à ses enfants une propriété immobilière à liquider? Les industries se déplacent en vingt ans. Être propriétaire devient alors une charge. Il serait peut-être plus sage de construire et de louer à prix réduits. C'est la tendance actuelle de la Société de Mulhouse ; car la stabilité de l'ouvrier tient à la stabilité de l'industrie qui le fait vivre.

« La Société d'économie populaire de Nîmes, en approuvant le rapport qui vient de lui être soumis sur les cités ouvrières, et en appréciant la valeur des objections qui ont été formulées, nommée a une commission de cinq membres chargée d'étudier la question au point de vue pratique et local. »

Grenoble.

Les autorités municipales et les particuliers les plus au courant de ces questions affirment qu'il n'y a jamais eu de tentative dans cette ville. A Grenoble comme dans toute l'ancienne province du Dauphiné, les maisons se vendent au détail, c'est-à-dire étage par étage, et même par demiétage, ce qui permet aux classes ouvrières de devenir assez facilement propriétaires. C'est la môme chose dans la capitale de l'Ecosse, à Edimbourg.

Page 1