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LA RUE DU PUITS-QUI-PARLE

Lhomond ; ruelles provinciales et ombreuses où picorent les poules, où dorment les chiens, où les autos demeurent presque inconnues, où les passants sont rares.

Au numéro 10 de la rue Amyot, — qui, jusqu'en 1867, s'appela rue du « Puits-qui-Parle », à l'angle de la rue Laromiguière (autrefois <« rue des Poules », et sur l'emplacement de laquelle s'étendait jadis le cimetière des protestants), s'élève, pas bien haut, une maisonnette ainsi désignée : « École professionnelle d'assistance aux malades », fondation charitable ouverte à toutes les confessions et due à la généreuse libéralité de Mme Halphen-Salvador. M. le docteur Baudouin, qui dirige cette œuvre, dont le but est de perfectionner l'art de guérir, en créant pour les gardes-malades un foyer d'enseignement, nous reçoit la main tendue.

Qui croirait, à visiter cet hôpital modèle et minuscule, à considérer cet intérieur à la Pieter de Hoog, ce logis quasi flamand, où les cuivres des casseroles, les boutons des portes et les montants des lits reluisent comme de l'or, où les murs passés au ripolin sont d'une éclatante blancheur, où l'on pourrait se mirer dans les parquets ; qui croirait, dis-je, en saluant ce personnel de jeunes femmes sérieuses, distinguées, élégantes sous leur costume rose et leur tablier blanc, que voici une maison évoquant tant de machinations, de trucs, de mystères.

Après avoir parcouru le jardinet et les salles où sont soignés les malades, nous passons dans la partie ancienne du logis. Nous longeons un corridor sinueux coupé dans son milieu par une large plaque de fonte; cette plaque recouvre aujourd'hui l'orifice d'une citerne, sœur de l'antique « Puits qui parle », lequel donna jadis son nom à la rue.

Peut-être tenterons-nous d'expliquer tout à l'heure l'origine possible de cette appellation ; pour le moment, continuons notre route. Nous voici au pied d'un escalier à rampe de bois dont les brusques tournants semblent dater de la Fronde. Nous montons... un arrêt : « Voyez à droite, voyez à gauche, ces « caches » pratiquées dans le mur, très apparentes encore sous les crépis qui les recouvrent. Remarquez au plafond ces raccords qui dissimulent des excavations; maintenant baissez-vous . . constatez que les marches que vous franchissez sont machinées ; tirez à vous cette poignée dissimulée dans l'épaisseur du bois ; l'intérieur des marches forme tiroir... Merveilleuses cachettes bien difficiles à découvrir, vous l'avouerez. Montons encore; ici l'escalier semble toucher le toit — ou presque — car, pour pénétrer dans le grenier, il faut en quelque sorte ramper au milieu des poutres; et la promenade n'est pas commode... Descendons, bifurquons à gauche,

LÀ RUE DU IU'iTS-OUi-l'AIUR

enjambons ces degrés, pénétrons dans un couloir sombre... prenez garde à vous . l'obscur passage que nous traversons est, çà et là, coupé de marches, sous

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