‹ Le long du chemin [microforme]Chapitre 4 sur 50 · VIVE LA FRANCE · texte numérisé non relu

VIVE LA FRANCE

J'ai vu une femme en haillons, qui marchait sou: le soleil ardent, soudain s’agenouiller Pour ramasser dans le fossé, au bord de la grande route, un petit rien. Je vis sa lèvre ps'e s’agiter d’un sourire, puis la lumière monter duus ses yeux ternes et y allumer la joie.

Le regard de cette femme, regard d'amour, se fixa sur la petite chose recueillie dans la boue du fossé. Etait-ce une pierre précieuse qui donnerait du pain à la pauvresse? Etait-ce un bijou, un diamant, de l'or? La mendiante Souriait, et, curieuse, je me penchai avide de savoir... Et je reconnus entre les doigts tremblants d'émotion, un simple bout de ruban de la patrie adorée et lointaine: les trois couleurs de France! Oui, les trois couleurs, elle venait de les trouver au bord du chemin; maintenant elle s’en allait allègre et joyeuse, oubliant qu'elle était seule, pauvre, perdue sur la terre d'exil, oubliant tout cela parce qu’elle avait, tout près d : son coeur, ce petit rien qui est tout !

Oh! comme je l'ai comprise l'émotion joyeuse ue la paria qui a trouvé sur la route déserte ce chiffon bleu blanc

rouge, tombé là exprès pour qu’en passant elle le vit et s’en para.

Dorénavant elle ne sera plus ni triste ni seule...

Petit ruban qui incarne les souvenirs et les aspirations de la race la plus admirable et la plus aimée, petit ruban bleu blanc rouge combien tu me parus sublime et puissant, lorsqu’à ton seul aspect je sentis naître une joie au sein d’une détresse.

Je comprends d’ailleurs que l’on t'aime jusqu’à l’adoration, que l’on te vénère! jusqu’au culte, ô relique de gloires, de sacrifices, de luttes, d’héroïsmes! C’est la France que nous aimons en toi petit ruban, la France au nom plus doux que tous les autres, nom qui passe en chantant sur nos lèvres émues. La France!

O pays, qui nous donna des pères héroïques et des mères saintes, as-tu jamais compris la grandeur et la force du sentiment qui nous liait à toi? As-tu compris qu'après notre patrie c'était toi, la Grande, l’Aimée, et n’as-tu pas senti passer le grand souffle qui de nos rives venait? Souffle d'amour !

Aimer la France! maïs cela est en nous dès le berceau, sentiment intense et vibrant qui s’exalte tout de suite, puisque nos petits tendent leurs lèvres naïves pour baiser cette chose qui là-haut rayonne et s’agite aux heures d’allégresse. Ils ne savent pas encore que c’est la France, maïs ils portent en leur âme française le culte de ce merveilleux symbole.

Vive la France! oui, vive la France de jadis et de toujours!

imp et

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