‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 10 sur 283 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

qui était le Bôdhisattva Mahâsattva, nommé Varaprabha, l'interprète de la

loi. Pourquoi cela.^ C'est que c'était moi qui, dans ce temps et à cette

époque, étais le Bôdhisattva Mahâsattva Varaprabha, l'interprète de la loi.

Et le Bôdhisattva nommé Yaçaskâma qui était d'un naturel indolent, c'était £ i5 a.

toi, ô être invincible, qui étais en ce temps et à cette époque le Bôdhisattva

Yaçaskâma d'un naturel indolent.

C'est de cette manière, ô toi qui es invincible, qu'ayant vu jadis cet ancien miracle du Bienheureux, j'interprète le rayon semblable qui vient de s'élancer [du front de Bhagavat] comme la preuve que Bhagavat aussi désire exposer le Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi, ce Sûtra où est expliquée la loi, qui contient de grands développements [etc.].

Ensuite Mandjuçrî devenu Kumâra, pour exposer ce sujet plus amplement , prononça dans cette circonstance les stances suivantes :

57. Je me rappelle un temps passé, un Kalpa inconcevable, incommensurable, quand existait le Djina, le Meilleur des êtres, nommé Tchandrasûrjapradîpa.

58. Le Guide des créatures enseignait la bonne loi; il disciplinait un nombre infini de kôtis de créatures -, il com-ertissait un nombre inconcevable de Bôdhisattvas à l'excellente science de Buddha.

59. Les huit fils qu'avait ce Chef quand il n'était encore que Kumâra, voyant que ce grand solitaire avait embrassé la vie religieuse , et ayant bien vite renoncé à tous les désirs, devinrent aussi tous religieux.

60. Et le Chef du monde exposa la loi; il expliqua 1 excellent Sutra de la démons- f. i5 b. tration sans fin, qui s'appelle du nom de Vâipulya (grand développement); il l'expliqua pour des milliers de kôtis d'êtres vivants.

61. Immédiatement après avoir parlé, le Chef, s'étant assis les jambes croisées, entra dans fexcellente méditation de la démonstration sans fin; placé sur le siège de la loi, le meilleur des solitaires fut absorbé dans la contemplation.

62. Et il tomba une pluie divine de Mandâravas; les timbales résonnèrent sans être frappées, et les Dêvas, les Yakchas, se tenant dans le ciel, rendirent un culte au Meilleur des hommes.

63. Et en ce moment toute la terre [de Buddha] fut agitée complètement, et cela fut un miracle et une grande merveille; et le Guide [du monde] lança un rayon unique, un rayon parfaitement beau, de fintervalle de ses deux sourcils.

64. Et ce rayon s'étant dirigé vers la région orientale, en éclairant dix-huit ' mille terres complètes [de Buddha], illumina le monde entier; il fit voir la naissance et la mort des créatures.

65. En ce moment des terres faites de substances précieuses, d'autres ayant la couleur du lapis-lazuii , des terres variées, parfaitement belles, devinrent visibles par l'effet de la splendeur du rayon du Chef.

66. Les Dêvas, les hommes, et aussi les Nâgas et les Yakchas, les Gandharvas, les Apsaras et les Rinnaras, et ceux qui sont occupés à l'adoration du Sugata, de-

f. i6 a. vinrent visibles dans les univers où ils lui rendent un culte;

67. Et les Buddhas aussi, ces êtres qui existent par eux-mêmes, apparurent beaux comme des colonnes d'or, comme une statue d'or entoiu^ée de lapis-lazuli ; ils enseignaient la loi au milieu de l'assemblée.

68. Il n'y a pas de calcul possible de leurs Çrâvakas, et les Grâvakas de [chaque] Sugata sont infinis; dans chacune des terres des Guides [des hommes], l'éclat de ce rayon les rend tous visibles.

69. Et les fils des Guides des hommes doués d'énergie, d'une vertu inflexible, d'une vertu irréprochable, semblables aux plus précieux joyaux, deviennent visibles dans les cavernes des montagnes où ils résident.

70. Faisant l'entier abandon de tous leurs biens, ayant la force de la patience, fermes et passionnés pour la contemplation, des Bôdhisattvas , en nombre égal à celui des sables du Gange, deviennent tous visibles par l'eft'et de ce rayon.

71. Des fils chéris des Sugatas, immobiles, exempts de toute agitation, fermes dans la patience , passionnés pour la contemplation , recueillis , deviennent visibles ; ceux-là sont arrivés à l'état suprême de Bôdhi par la contemplation.

72. Connaissant l'état qui existe réellement, qui est calme et exempt d'imperfections, ils l'expliquent; ils enseignent la loi dans beaucoup d'univers; un tel effet est produit par la puissance du Sugata.

73. Et après avoir vu cet effet de la puissance de Tchandrârkadîpa, les quatre f. i6 6. assemblées du Protecteur, remplies de joie en ce moment, se demandèrent les

unes aux autres : Comment cela se fait-il ?

74. Et bientôt, adoré par les hommes, les Maruts et les Yakchas, le Guide du monde s'étant relevé de sa méditation, paria ainsi à Varaprabha son fils, qui était un Bôdhisattva savant et interprète de la loi :

75. «Toi qui es savant, tu es l'oeil et la voie du monde, tu es plein de confiance « en moi, et tu gardes ma loi; tu es en ce monde le témoin du trésor de ma loi, se- «lon que je l'ai exposée pour l'avantage des créatures. »

76. Après avoir formé de nombreux Bôdhisattvas, après les avoir remplis de joie, après les avoir loués, célébrés, alors le Djina exposa les lois suprêmes pendant soixante moyens Kalpas complets.

77. Et chaque loi excellente, suprême, qu'exposait le souverain du monde assis

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