CHAPITRE PREMIER
les fidèles des deux sexes, les Dêvas, les Nâgas, les Yakchas, les Gandharvas, les Asuras, les Garudas, les Kinnaras, les Mahôragas, les hommes et les êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine, qui se trouvaient réunis, f- i3 «. assis dans cette assemblée, les rois Mandalins, Balatchakravartins, Tchaturdvîpatchakravartins , tous avec leur suite , avaient les yeux fixés sur Bhagavat, remplis d'étonnement, de surprise et de satisfaction.
Or en ce moment il s'élança un rayon de lumière du cercle de poils qui croissait dans l'intervalle des sourcils du bienheureux Tchandrasûryapradîpa. Ce rayon se dirigea vers les dix-huit mille terres de Buddha situées à l'orient, et ces terres de Buddha parurent entièrement illuminées par son éclat; ce fut, ô toi qui es invincible ,» comme quand ces terres de Buddha, [que tu vois,] sont devenues visibles en ce monde.
Or en ce temps-là, ô toi qui es invincible, il y avait vingt kôtis de Bôdhisattvas qui s'étaient attachés au service du Bienheureux. Tous ceux qui, dans cette assemblée, étaient auditeurs de la loi, furent remplis d'étonnement, de surprise et de curiosité, en voyant le monde éclairé par la grande splendeur de ce rayon.
Or en ce temps-là, ô toi qui es invincible, sous renseignement du Bienheureux, il y avait un Bôdhisattva, nommé Varaprabha. Ce dernier avait huit cents disciples. Le Bienheureux étant ensuite sorti de sa méditation, dé- £ i3 h. veloppa fexposition de la loi nommée le Lotus de la bonne loi, en commençant par le Bôdhisattva Varaprabha; il parla pendant la durée complète de soixante moyens Kalpas, assis sur le même siège, son corps comme sa pensée étant complètement immobiles. Et cette assemblée tout entière assise sur les mêmes sièges, écouta la loi en présence du Bienheureux, pendant ces soixante moyens Kalpas. Et dans cette assemblée il n'y eut pas un seul être qui éprouvât le moindre sentiment de fatigue, soit de corps, soit d'esprit.
Ensuite le bienheureux Tathâgata Tchandrasûryapradîpa , vénérable, etc., après avoir, pendant soixante moyens Kalpas, exposé le Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi, ce Sûtra où est expliquée la loi, qui contient de grands développements, qui est destiné à l'instruction des Bôdhisattvas, et qui a été possédé par tous les Buddhas, annonça en ce moment qu'il allait entrer dans le Nirvana complet, en présence du monde comprenant la réunion des Dêvas, desMâras et des Brahmàs, en présence des créatures
formées de l'ensemble des Çramanas, des Brahmanes, des Dêvas, des hommes et des Asuras : «Aujourd'hui, ô Religieux, [dit-il,] cette nuit «même, à la veille du milieu, le Tathâgata entrera complètement dans « l'élément du Nirvâna où il ne reste aucune trace de l'agrégation [des « éléments matériels]. »
f. i/( a. Ensuite, ô toi qui es invincible, le bienheureux Tathâgata Tchandrasûryapradîpa prédit au Bôdhisattva Mahâsattva nommé Çrîgarbha, qu'il obtiendrait l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, et après avoir fait cette prédiction, il s'adressa ainsi à l'assemblée tout entière : « Oui, Pie- « ligieux, ce Bôdhisattva Çrîgarbha parviendra à l'état suprême de Buddha «immédiatement après moi., Il sera le Tathâgata Vimalanêtra, etc. »
Ensuite, ô toi qui es invincible, le bienheureux Tathâgata Tcliandrasûryapradîpa, vénérable, etc., cette nuit-là même, à la veille du milieu, entra complètement dans l'élément du Nirvâna où il ne reste aucune trace de l'agrégation [des éléments matériels]. Et le Bôdhisattva Mahâsattva Varaprabha garda en dépôt cette exposition de la loi nommée le Lotas de la bonne loi; et pendant quatre-vingts moyens Kalpas, le Bôdhisattva Varaprabha garda en dépôt l'enseignement du Bienheureux qui était entré dans le Nirvâna complet, et il l'expliqua. Alors, ô toi qui es invincible, les huit fils du Bienheureux, à la tête desquels était Sumati, devinrent les disciples du Bôdhisattva Varaprabha; ils furent mûris par lui pour l'état suprême de
1. i4 b. Buddha parfaitement accompli; et ensuite plusieurs centaines de mille de myriades de kôtis de Buddhas furent vus et vénérés par eux; et tous parvinrent à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, et le dernier d'entre eux fut le Tathâgata Dîpamkara, vénérable, etc.
Parmi ces huit cents disciples il y avait un Bôdhisattva qui attachait un prix extrême au gain, aux témoignages de respect, au titre de savant, et qui aimait la renommée; les lettres et les mots qu'on lui montrait disparaissaient pour lui sans laisser de traces. Son nom était Yaçaskâma. Plusieurs centaines de mille de myriades de kôtis de Buddhas avaient été réjouis du principe de vertu qui était en lui; et après les avoir ainsi réjouis, il les avait honorés, servis, vénérés, adorés, entourés de ses hommages et de ses prières. Pourrait-il après cela, ô toi qui es invincible, te rester quelque incertitude , quelque perplexité ou quelque doute ? Il ne faut pas s'imaginer que dans ce temps et à cette époque, ce fût un autre [que moi]