CHAPITRE XVII
pas de pieds, ou qu'ils soient bipèdes, quadrupèdes, ou polypodes, tous les êtres en un mot qui sont réunis et rassemblés dans ie monde des créatures. Qu'il vienne à naître un homme, ami de la vertu, ami du bien, qui donne à ce corps tout entier des êtres, le plaisir, les jeux, le bonheur, les jouissances que ces êtres désirent, qu'ils aiment, qu'ils recherchent, qu'ils affectionnent. Qu'il donne à chacun d'eux le Djambudvîpa tout entier, pour f. i85 /). son plaisir, ses jeux, son bonheur, et ses jouissances. Qu'il leur donne de l'or, des Suvarnas, de l'argent, des joyaux, des perles, du lapis-lazuli , des conques, du cristal, du corail, des aliments, des chars traînés par des chevaux, par des bœufs et par des éléphants, des palais et des maisons à étages élevés. Que de cette manière', ô toi qui es invincible, ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité, répande ses dons pendant quatre-vingts années complètes. Qu'ensuite, ô toi qui es invincible, ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité, fasse cette réflexion : Tous ces êtres tiennent de moi les jeux, les plaisirs et une heureuse existence; ces êtres sont couverts de rides; ils ont la tête blanchie; ils sont vieux, usés, cassés, âgés de quatre-vingts ans; ils sont bien près d'achever leur temps. Puissé-je maintenant les faire entrer dans la discipline de la loi expliquée par le Tathâgata! Puissé-je les y instruire! Qu'alors, ô toi qui es invincible, cet homme communique ses enseignements à tous ces êtres, et que, les leur ayant communiqués , il les fasse entrer dans la discipline de la loi expliquée par le Tathâgata , qu'il la leur fasse adopter. Que ces êtres entendent de lui la loi, et qu'au même moment, au même instant, dans le même temps, ils deviennent tous des Çrôtaâpannas, qu'ils obtiennent les avantages de l'état de Sakrïdâgâmin et d'Anâgâmin, jusqu'à ce qu'enfin ils deviennent des Arhats , exempts de toute faute , livrés à la contemplation , à la grande contemplation , à celle des huit délivrances. Comment comprends-tu cela, ô toi qui es invincible .►^ Est-ce que ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité recueillera, comme conséquence de cette con- f. 186 a. duite, beaucoup de mérites, des mérites immenses, incalculables.^ Cela dit, le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya répondit ainsi à Bhagavat : Oui certes, ô Bhagavat, oui certes, ô Sugata; à cause de cela, ô Bhagavat, cet homme recueillera beaucoup de mérites, lui qui aura fait don, à tant de créatures, de tout ce qui peut servir à leur bonheur; à bien plus forte raison, s'il les a établies dans l'état d'Arhat.
Cela dit, Bhagavat parla ainsi au Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya. Je vais te parler, ô toi qui es invincible, je vais t'instruire. Plaçons d'un côté ce maître de libéralité, ce grand maître de libéralité, qui après avoir fait don de tout ce qui peut servir au bonheur de tous les êtres qui se trouvent dans quatre cent mille Asamkhyêyas d'univers, et après les avoir établis dans l'état d'Arhat, en retirera des mérites, et d'un autre côté l'homme placé au cinquantième rang dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu ne fût-ce qu'une seule stance ou qu'un seul mot de cette exposition de la loi, en témoignerait de la satisfaction. De la masse des mérites attachés à la satisfaction de ce dernier, et de celle des mérites attachés et à la libéralité de ce maître , de ce grand maître de libéralité, et à faction qu'il a faite en établissant les êtres dans fétat d'Arhat, la plus considérable est celle de l'homme placé au cinquantième rang
*. 186 b. dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu ne fût-ce qu'une seule stance ou qu'un seul mot de cette exposition de la loi , en témoignerait de la satisfaction. En face de la masse des mérites, ô toi qui es invincible, de la masse des vertus attachées à fexpression de cette satisfaction , la masse des mérites que j'ai indiquée la première , celle qui est attachée à la libéralité et à l'action d'établir les êtres dans l'état d'Arhat, n'en égale pas même la centième partie, ni la millième, [etc. , comme ci-dessus, f. 179 a.] Ainsi est immense et incalculable, ô toi qui es invincible, la masse des mérites que recueille fhomme placé au cinquantième rang dans la transmission successive de la loi, qui après avoir entendu une seule stance ou un seul mot de cette exposition de la loi , en témoigne de la satisfaction. Que dire, à plus forte raison, ô toi qui es invincible, de l'homme qui entendrait en ma présence cette exposition de la loi, et qui après l'avoir entendue , en témoignerait de la satisfaction Je déclare que la masse des mérites de cet homme serait de beaucoup plus immense et plus incalculable que celle de l'autre.
De plus, ô toi qui es invincible, le fils ou la fille de famille qui étant sorti de sa maison pour entendre cette exposition de la loi , se rendrait
f. 187 a. dans un Vihâra, et qui y étant arrivé, y entendrait, ne fût-ce qu'un seul instant, l'exposition de la loi, soit debout, soit assis, cet être, grâce à l'accomplissement de cette œuvre méritoire dont il doit recueillir le fruit, lorsqu'il reviendra à la vie, au temps de sa seconde existence, quand il