CHAPITRE XVIÏ
reprendra un second corps, deviendra possesseur de chars tramés par des bœufs, par des chevaux, par des éléphants, possesseur de palanquins, de bateaux, de véhicules attelés de buffles et de chars divins. De plus, si s'asseyant dans le Vihâra, ne fût-ce qu'un seul instant, pour entendre la loi et ce Sûtra, il venait à écouter cette exposition de la loi, ou s'il faisait asseoir un autre homme , ou s'il partageait son siège avec lui , par l'accomplissement de cette œuvre méritoire , il deviendra possesseur des sièges de Çakra, de ceux de Brahmâ, des trônes d'un Tchakravartin. Si un fils ou une fille de famille, ô toi qui es invincible, dit à un autre homme: Viens, ô homme, et écoute l'exposition de la loi nommée le Lotus de la bonne loi, et que cet homme vienne en effet sur cette invitation, et qu'il l'écoute, ne fût-ce qu'un seul instant, ce fils de famille, pour avoir fait cette invitation qui est une racine de vertu, obtiendra l'avantage de rencontrer des Bôdhisattvas ayant acquis la possession des formules magiques. Il ne sera pas stupide , ses sens seront pénétrants, il aura de la sagesse; pendant le cours de mille existences, sa bouche n'exhalera jamais de mauvaise odeur, et il ne souffrira pas des maladies qui rendent la bouche et la langue fétide. Il n'aura les dents ni noires, ni inégales, ni jaunes, ni mal t. 187 h. rangées, ni brisées, ni de travers; il aura toutes ses dents. Il n'aura les lèvres ni pendantes, ni trop serrées, ni tournées de travers, ni fendues, ni retroussées, ni noires, ni laides. Il n'aura le nez ni plat, ni de travers; la figure ni longue, ni large, ni noire, ni d'un aspect désagréable. Bien au contraire, ô toi qui es invincible, il aura les lèvres, les dents et la langue petites et bien faites, le nez long, le contour du visage plein, les sourcils bien formés, le front très-haut. Il possédera d'une manière parfaite tous les organes de la virilité. C'est de la bouche du Tathâgata qu'il recevra les avis et l'enseignement, et il obtiendra bientôt l'avantage de rencontrer des Buddhas bienheureux. Vois, ô toi qui es invincible, combien est grand le mérite que recueillera ce fils de famille pour avoir excité un seul être à entendre la loi; que dire de celui qui après avoir honoré la loi, l'écouterait, la réciterait et l'enseignerait .►^
Ensuite, Bhagavat prononça, dans cette occasion, les stances suivantes :
2. Écoute quel est le mérite de celui qui, placé au cinquantième degré dans la transmission de ce Sûlra, n'en entendrait qu'une seule stance, et qui, l'esprit calme, en témoignerait de la satisfaction. f. 188 a.
3. Supposons qu'il existe un homme qui comble sans cesse de ses dons des myriades de kôtis de créatures , de ces créatures dont j'ai précédemment indiqué le nombre sous forme d'exemple, et qu'il les comble de joie pendant le cours de quatre-vingts ans.
4. Que cet homme voyant que la vieillesse est venue pour ces êtres, qu'ils sont couverts de rides , que leur tête est blanchie , vienne à s'écrier : Hélas ! tous ces êtres sont livrés à la corruption [du mai]. Ah ! puissé-je les instruire au moyen de la loi !
5. Que cet homme alors leur expose la loi et qu'il leur explique ce que c'est que le terrain du Nirvana; [ qu'il leur dise : ] Toutes les existences sont semblables à un mirage ; sachez promptement vous détacher de toutes les existences.
6. Et que tous ces êtres, ayant entendu la loi de la bouche de cet homme généreux, deviennent en ce moment même des Arhats afFranchis de toute faute et parvenus à leur dernière existence.
7. Eh bien , il recueillera beaucoup plus de mérites que cet homme, celui qui entendra une seule stance de la loi qui lui aura été transmise , et qui en témoignera de la satisfaction. La masse des mérites de celui dont j'ai parlé le premier n'est pas même une partie des mérites du second.
8. Voilà quels seront les mérites , mérites infinis et sans mesure , de celui qui aura entendu ne fût-ce qu'une stance de cette loi qu'on lui aura transmise; que dirai-je de celui qui l'entendrait de ma bouche !
9. Et si quelqu'un excite en ce monde ne fût-ce qu'un seul être, en lui disant : f. i88 b. Viens et écoute la loi, car ce Sûtra est bien difficile à comprendre, dût-on y consacrer plusieurs myriades de kôtis de Kalpas ;
10. Et si l'être ainsi excité vient à entendre ce Sûtra, ne fût-ce qu'un seul instant, écoute quelle est la récompense de cette action : Jamais il n'a aucune maladie de la bouche.
11. Jamais sa langue n'est malade; jamais ses dents ne tombent, elles ne sont jamais ni noires, ni jaunes, ni inégales; jamais ses lèvres n'offrent un aspect repoussant.
12. Sa face n'est ni de travers, ni blafarde, ni trop longue; son nez n'est paf aplati ; au contraire , son nez , son front , ses dents , ses lèvres et le contour de son visage sont parfaitement formés.
13. Son aspect est toujours agréable pour les hommes qui le voient; jamais sa bouche n'exhale de mauvaise odeur ; un parfum semblable à celui du lotus bleu s'en échappe sans cesse.
14. Qu'un homme plein de fermeté sorte de sa maison pour aller dans un