‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 120 sur 283 · EXPOSITION DE LA PERFECTION DES SENS · texte numérisé non relu

EXPOSITION DE LA PERFECTION DES SENS

Ensuite Bhagavat s'adressa ainsi au Bôdhisattva Mahâsattva Satatasamitâbhiyukta : Celui qui, ô fils de famille, possédera cette exposition de la loi, ou qui la récitera, ou qui l'enseignera, ou qui l'écrira, que ce soit un fils ou une fille de famille , obtiendra les huit cents perfections de la vue, les douze cents perfections de l'ouïe, les huit cents perfections de l'odorat, les douze cents perfections du goût, les huit cents perfections du corps, les douze cents perfections de l'intellect. Par ces nombreuses centaines de perfections, la réunion de ses sens deviendra pure, parfaitement pure. A l'aide de l'organe physique de la vue ainsi perfectionné, de cet œil de la chair qu'il doit à son père et à sa mère, il verra dans son entier ce grand millier de trois mille mondes, avec son intérieur et son extérieur, avec ses montagnes, avec ses forêts épaisses, avec ses ermitages, atteignant en bas de son regard jusqu'au grand Enfer Avîtchi , et en haut jusqu'aux lieux où commence l'existence. Il verra tout cela avec l'œil physique de la chair, et les êtres qui sont nés dans ce monde , il les verra tous. Il connaîtra quel doit être le fruit de leurs œuvres.

Ensuite Bhagavat prononça, dans cette occasion, les stances suivantes:

f- 1896. 1. Apprends de ma bouche quelles seront les qualités de l'homme qui, plein d'intrépidité, exposera ce Sûtra au milieu de l'assemblée et qui l'expliquera sans se laisser aller à la paresse.

2. Il aura d'abord les huit cents perfections de la vue, perfections qui rendront son œil parfait et pur de toute tache et de toute obscurité.

3. Avec cet œil de la chair qu'il doit à son père et à sa mère , il verra la totalité de cet univers , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

4. Il verra tous les Mêrus et les Sumêrus , les monts Tchakravâlas et les autres montagnes célèbres ; il verra de même les océans.

5. Ce héros embrassera de son regard tout ce qui se trouve en bas jusqu'à r [ Enfer ] Avîtchi, en haut jusqu'aux lieux oii commence l'existence; tel sera chez lui l'œil de la chair.

6. Il ne possédera pas cependant encore la vue divine, et il n'aura pas encore la science ; le champ que je viens de décrire sera celui de sa vue mortelle.

Encore autre chose, ô Satatasamitâbhiyukta. Le fils ou la fille de famille expliquant cette exposition de la loi , la faisant entendre à d'autres , se met en possession des douze cents perfections de l'ouïe. Tous les sons divers qui se produisent dans ce grand millier de trois mille mondes, jusqu'au grand Enfer Avîtchi et jusqu'aux lieux où commence l'existence, en dedans comme en dehors de l'univers : par exemple les bruits que font entendre le serpent, le cheval, le chameau, la vache, la chèvre, les chars; f. 190 «. ceux que produisent les lamentations et la douleur; les bruits effrayants;

les sons de la conque, de la cloche, du tambourin, du grand tambour; la voix du plaisir, celle des chants et de ]a danse; le cri du chameau et du tigre; la voix de la femme, de l'homme, des enfants des deux sexes; les sons de la loi, de l'injustice, du bonheur, du malheur; les voix des ignorants et des Aryas; les bruits agréables et désagréables; ceux que font entendre les Dêvas, les Nâgas, les Yakchas, les Gandharvas, les Asuras , les Garudas et les Kinnaras, les Mahôragas, les hommes, les êtres qui n'appartiennent pas à l'espèce humaine, le feu, le vent, l'eau, les villages, les villes, les Religieux, les Çrâvakas, les Pratyêkabuddhas , les Bôdhisattvas , les Tathâgatas; autant il y a de bruits qui se produisent dans ce grand millier de trois mille mondes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, autant il

Page 1