‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 121 sur 283 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

en entend avec cet organe de l'ouïe physique, ainsi perfectionné; et cependant il ne possède pas pour cela l'ouïe divine. Il perçoit les voix de chacun des êtres, il les discerne, il les distingue; et son oreille, qui entend les voix de tous ces êtres avec cet organe naturel de l'ouïe , n'est pas pour cela troublée par tous ces sons. C'est là, ô Satatasamitâbhiyukta , l'organe de l'ouïe dont ce Bôdhisattva Mahâsattva devient possesseur; et cependant il ne jouit pas pour cela de l'ouïe divine.

Voilà ce que dit Bhagavat; ensuite Sugata le Précepteur ayant ainsi parlé, prononça encore les paroles suivantes :

7. L'organe de l'ouïe d'un tel homme devient pur, et tout naturel qu'il est, rien ne l'émousse ; à l'aide de cet organe, il entend d'ici la totalité des voix diverses de cet univers.

8. Il entend la voix des éléphants, des chevaux, des bœufs, des chèvres, des moutons; le bruit des chars, des timbales, des tambours au son agréable, des Vînâs , des flûtes et des luths.

9. Il entend les chants doux et qui vont au cœur, et plein de fermeté, il ne se laisse pas attirer à ce charme ; il entend les voix de plusieurs kôtis d'hommes ; il sait tout ce qu'ils disent, dans quelque heu qu'ils le disent.

10. Il entend toujours les sons que produisent les Dêvas et les Nâgas; il entend le bruit des chants doux et qui vont au cœur, la voix des hommes , celle des femmes, celle des enfants et ceUe des jeunes filles;

1 1 . Celle des êtres qui habitent les montagnes et les cavernes ; celle des Kaiavigkas, des Rôkilas et des paons, celle des faisans et des autres oiseaux; il entend les voix agréables de tous ces êtres.

12. Il entend les lamentations effrayantes qu'arrache la souffrance aux habitants des Enfers, et les cris que poussent les Prêtas tourmentés par les douleurs de la faim ;

13. Et les paroles diverses que s'adressent les Asuras qui habitent au milieu de l'océan ; tous ces sons , en un mot , cet interprète de la loi les entend de ce monde où il réside, et il n'en est pas ému.

14. Il entend les cris que poussent entre eux les êtres qui sont nés dans des matrices d'animaux; ces voix diverses et nombreuses, il les perçoit du monde même où il se trouve.

15. Les discours que tiennent entre eux les Dêvas qui habitent le monde de Brahmâ , les Akanichthas et les Dêvas Abhâsvaras , sont complètement perçus par lui.

16. Il entend toujours la voix des Religieux qui , après être entrés ici dans la vie religieuse sous l'enseignement du Sugata, sont occupés à lire ; il entend aussi la loi qu'ils enseignent dans les assemblées;

17. Et les voix diverses que font entendre les Bôdliisattvas qui, dans cet univers , sont occupés à lire entre eux, et le bruit des entretiens auxquels ils se livrent sur la loi.

18. Le Bôdhisattva qui possède ce Sûtra entend en même temps la loi excellente qu'expose dans les assemblées le bienheureux Buddha qui dompte l'homme comme un cocher [dompte ses chevaux].

19. Les bruits nombreux que font tous les êtres renfermés dans cet univers formé de trois mille mondes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son enceinte ,

ï. 191 b. jusqu'à TEnfer Avîtchi, et au-dessus, jusqu'aux heux où commence fexistence;

20. Les bruits de tous ces êtres , en un mot, sont perçus par lui , et cependant son oreille n'en est jamais offensée : grâce à la perfection de son organe, il sait reconnaître le lieu d'où naît chacune de ces voix.

21. Voilà quel est en lui f organe naturel de fouie, et cependant il n'a pas l'usage de fouïe divine; son oreille est restée dans son état primitif, car ce sont là les qualités de l'homme intrépide qui possède ce Sûtra.

Encore autre chose, ô Satatasamitâbhiyukta. Le Bôdhisattva Mahâsattva qui possédera cette exposition de la loi, qui l'expliquera, qui la lira, qui l'écrira , obtiendra la perfection du sens de l'odorat, lequel deviendra pour lui doué de huit cents qualités. Avec cet organe de l'odorat ainsi perfectionné, il percevra les diverses odeurs qui se trouvent dans le grand millier de trois mille mondes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, comme les mauvaises odeurs, les odeurs agréables ou désagréables, celle des fleurs de diverses espèces, du Djâtika, de la Mallikâ, du Tchampaka, du Pâtala. Il sentira de même les divers parfums des fleurs aquatiques, telles que le lotus Meu, le lotus jaune, le lotus rouge, le lotus blanc, et le Nymphaea. Il sentira les divers parfums qu'exhalent les fleurs et les fruits produits par les arbres qui en portent, comme l'odeur agréable du Santal, du Tamâlapatra, du Tagara , et de l'Aguru. Les cent mille espèces de mélanges de diverses odeurs, 1. 192 a. il les percevra et les distinguera toutes sans sortir de la place qu'il occupe.

Il sentira aussi les odeurs qu'exhalent lesidiverses espèces de créatures, telles que l'éléphant, le cheval, le bœuf, la chèvre, les bestiaux, ainsi que celles qui s'échappent du corps des différentes créatures qui sont entrées dans

Page 1