CHAPITRE XXVI
Et les Bôdhisattvas Mahâsattvas dans les mains desquels tombera cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, ô Bhagavat, pendant cpi'elle se trouvera dans le Djambudvîpa, ces Bôdhisattvas, dis-je, interprètes de la loi, devront reconnaître ce qui suit : Oui, c'est grâce à la puissance et f- 2^6. à la splendeur du Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra que cette exposition de la loi est tombée dans nos mains. Les êtres, ô Bhagavat, qui écriront et qui posséderont ce Sûtra, acquerront la conduite du Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra; ils deviendront de ceux qui auront fait croître , sous beaucoup de Buddhas, les racines de vertu qui étaient en eux, de ceux dont le Tathâgata essuie le front avec sa main. Ces êtres, ô Bhagavat, feront une chose qui m'est agréable. Ceux qui écriront ce Sûtra et qui en comprendront le sens, s'ils viennent, ô Bhagavat, à quitter ce monde, après l'avoir écrit, renaîtront pour aller partager la condition des Dêvas Trayastrimças. A peine seront-ils nés parmi eux, que quatre-vingt-quatre mille Apsaras s'avanceront à leur rencontre. Ornés d'un diadème large comme un grand tambour, ces fds des Dêvas demeureront au milieu de ces Apsaras. Voilà, ô Bhagavat, la masse de mérites que l'on recueille, lorsqu'on a écrit cette exposition de la loi ; que dire de celle que l'on recueille quand on l'enseigne, quand on en fait sa propre lecture, quand on la médite , quand on la grave dans son esprit C'est pourquoi , ô Bhagavat , il faut honorer en ce monde cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi, il faut l'écrire, il faut la saisir de toute sa pensée. Celui qui l'écrira en f- 245 a. y apportant une attention que rien ne soit capable de détourner, verra des milliers de Buddhas lui tendre la main, et, au moment de sa mort, des milliers de Buddhas lui montreront leur visage. Il n'ira pas tomber dans les misères des mauvaises voies. Et quand il aura quitté ce monde, il renaîtra pour aller partager le sort des Dêvas Tuchitas, au milieu desquels réside le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya, et où, portant les trentedeux signes de la beauté, entouré d'une troupe de Bôdhisattvas, servi par cent mille myriades de kôtis d' Apsaras , il enseigne la loi. C'est pourquoi le fils ou la fille de famille qui est sage , doit en ce monde , après avoir honoré cette exposition de la loi, l'enseigner, la lire, la méditer, la graver dans son esprit. Après avoir écrit, ô Bhagavat, cette exposition de la loi, après l'avoir enseignée , après l'avoir lue , après l'avoir méditée , après l'avoir gravée dans son esprit , il entrera en possession de ces innombrables qua-
iités. C'est pourquoi, ô Bhagavat, je bénirai moi-même en ce monde cette exposition de la loi, afin que, grâce à ma bénédiction, elle subsiste dans le Djambudvîpa.
En ce moment, le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni, vénérable, etc., donna son assentiment au Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra. Bien,
f. 2hb h. bien, ô Samantabhadra; oui, c'est pour l'avantage et pour le bonheur de beaucoup d'êtres, par compassion pour le monde, pour l'utilité, l'avantage et le bonheur du grand corps des créatures , que tu es accompli , toi qui es doué de mérites inconcevables, toi qui, avec une attention extrême, portée à son comble par une grande miséricorde, avec une conception perfectionnée d'une manière inconcevable, donnes ta bénédiction à ces interprètes de la loi. Les fils ou les filles de famille qui retiendront le nom du Bôdhisattva Mahâsattva Samantabhadra, auront vu, il faut le reconnaître , le Tathâgata Çâkyamuni ; ils auront entendu cette exposition de la loi du Lotus de la bonne loi de la bouche du bienheureux Çâkyamuni; ils auront adoré ce Bienheureux; ils auront donné leur assentiment à l'enseignement de la loi fait par le Tathâgata Çâkyamuni; ils auront accepté
f. 2 46 a. en la louant cette exposition de la loi. Le Tathâgata Çâkyamuni aura posé ses mains sur leur tête ; le bienheureux Çâkyamuni aura été recouvert de leur vêtement. Il faut regarder, ô Samantabhadra, ces fils ou ces filles de famille comme possédant renseignement du Tathâgata ; ils n'éprouveront pas de plaisir dans la doctrine des Lôkâyatas; les hommes livrés à la poésie ne leur plairont pas; les danseurs, les musiciens, les lutteurs, les vendeurs de viande, les bouchers, ceux qui font le commerce des coqs ou des porcs, ceux qui entretiennent des femmes [pour les autres], ne leur plairont pas davantage. Après qu'ils auront entendu ce Sûtra, qu'ils l'auront écrit, possédé, prêché, rien autre chose ne pourra leur plaire. De tels êtres doivent être regardés comme doués de la nature propre de la loi ; ils posséderont chacun la compréhension personnelle la plus profonde. Ils seront capables de produire la force de leur propre vertu et agréables à voir pour les créatures , les Beligieux qui posséderont ainsi ce Sûtra. Ils ne seront esclaves ni de faffection, ni de la haine, ni de Terreur, ni de fenvie, ni de fégoïsme, ni de fhypocrisie, ni de forgueil, ni de farrogance, ni du mensonge. Ces interprètes de la loi, ô Samantabhadra, se contenteront de ce qu'ils possé-
f. 2/i6 h. deront. Ceux, ô Samantabhadra, qui à la fin des temps, dans la dernière