‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 187 sur 283 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Qui était doué de mémoire et de sagesse.] Cette traduction n'est pas parfaitement exacte, en ce qu'elle attribue la mémoire et la sagesse à Bhagavat, comme des qualités constitutives et permanentes , ce qui est vrai et n'a pas besoin d'être rappelé , tandis qu'elle n'indique pas le rapport de ces qualités avec l'état spécial de méditation d'où sort Bhagavat. Il faudrait donc dire : « Ensuite Bhagavat , avec sa mémoire et sa sagesse, sortit de sa mé- « ditation. » Peut-être même devrait-on donner à smrïti le sens d'esprit, intelligence, et même esprit présent, et à pradjnâ celui de connaissance ou conscience, de façon qu'on traduirait, « ayant l'esprit présent, ayant toute sa connaissance. » C'est très-probablement une expression pareille que Csoma rend ainsi dans un curieux fragment emprunté aux livres tibétains : with a clear knowledge, recollection and selfconsciousness ^. Mais I. J. Schmidt va probablement trop loin quand il traduit pratimukhîm smrîtim upasthdpya par « das « Gedenken (die Méditation) olfen darlegend^, » tandis que cette expression doit signifier « rappelant à lui sa mémoire ou son intelligence. " Au reste ces deux idées qui , chez les Buddhistes du Sud, sont représentées par les deux mots satô sampadjânô , peuvent avoir également la signification spéciale que je viens de supposer. En voici quelques exemples empruntés à deux ouvrages d'une certaine célébrité. Au commencement du Thûpa vafhsa on lit: Adjdja Bhagavâ yamakasâlânam antarê dakkhinénapassêna satô sampadjânô sîhasêyyam upagatô. « Aujourd'hui Bhagavat s'est placé sur la couche du lion (c'est-à-dire, s'est couché « comme fait le lion) sur le côté droit, entre deux arbres Salas, conservant sa mémoire « et sa connaissance ^. » De même dans le Djina alamkâra on lit : Tatô Bhagavâ gandhakûiim pavisiivâ satchê âkamkhati dakkhinêna passêna satô sampadjânô muhuttam sîhasêyyam kappêti. « Alors Bhagavat étant entré dans la salle des parfums , s'il en a le désir, se couche « à la manière du lion, sur le côté droit, conservant sa mémoire et sa connaissance*. » Je dis sa connaissance , parce que c'est le terme qui va le mieux ici; mais le participe sampadjâna prendrait fort bien le sens de conscience dans cette expression du Pâtimôkkha, sampadjânamasâvâdô, «l'énoncé d'un mensonge dont on a conscience^. »

Ils sont en possession de lois étonnantes et merveilleuses.] L'expression dont se sertie texte

' Csoma, Oricjin oj ilie Shâkja race, dans Jouru. asiat. soc. ofBengal, t. II, p. 386.

^ Vadjra tclitckhédika , f. 3 a; I. J. Schmidt, Veber das Mahâyâna, dans Mém. de l'Acad. des sciences de S. Pétersbourg,t. IV, p. i86.

^ Thûpa vanisa, f. g b.

* Djina alamkâra, £.276.

^ Pâtimôkkha , pâli et barman, man. Bibl. nation. Introd. f. 4 a; p. 20 de ma copie. Il est vrai qu'ici sampadjâna n'est pas accompagné de sata.

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