‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 195 sur 283 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

témoignage est postérieur à celui des Singhalais de deux ou trois siècles. Csoma nous a conservé les noms de ces dix-huit sectes , dont les adeptes faisaient remonter leur dissidence jusqu'aux principaux disciples de Çâkya^;il parait qu'elles s'étaient déjà développées antérieurement à l'époque de Kanichka, qui tombe un peu plus de quatre cents ans après la mort de Çâkya. Ce sera pour la critique , lorsqu'elle aura réuni plus de matériaux , un curieux sujet de recherches que la comparaison des deux listes qu'en donnent les Tibétains et les Singhalais. Actuellement ces listes sont assez dissemblables ; mais bien des différences disparaîtront certainement devant la synonymie des dénominations. Les Mahâsamghikâs sont connus de part et d'autre , de même que les Hémavatâs et les Kassapiyds qui sont les Hêmavatâs et les Kâçyapriyâs (pour Kâçyapîyâs] des Tibétains. Les Pûrvaçâilâs etles Avaraçàilâs des Tibétains se retrouvent également dans les Séliyas orientaux et occidentaux des Singhalais ; ces trois dernières sectes sont , selon les Tibétains , des subdivisions des Mahâsamghikâs qui remontent à Kâçyapa. L'auteur du Mahâvamsa pâli nous apprend qu'elles sont postérieures au if siècle après la mort de Çâkya. Une autre division des Mahâsamghikâs, les Pradjnaptivâdinas , se retrouve dans les Pannattivâdâs des Singhalais, et peut-être les Bahuçrutîyâs nous cachent les Ddhulikâs du Mahâvamsa. Les Vatsiputrîyâs des Tibétains peuvent être aussi les GôkuJikâs des Singhalais. Les Dharmaguptâs des Tibétains sont les Dhammagutiikâs du Mahâvamsa : il est bon de remarquer ici le rapport de la liste tibétaine avec l'énumération singhalaise; car pendant que les Tibétains placent les Dharmaguptâs immédiatement au-dessus des Bahuçrutîyâs, les Singhalais rapprochent également les Dhammagutiikâs des Bâhnlikâs, quoiqu'ils les fassent postérieurs. Les Mûlasarvâstivâdâs , malgré l'altération et la diminution du mot, sont reconnaissables dans les Sabbatthavâdinas des Singhalais; et les Râdjagiriyâs des Singhalais peuvent bien n'être que les Ahhayagirivâsinas des Tibétains. En résumé , sur les dix-neuf noms dont se compose la liste des Tibétains, nous retrouvons déjà, et sans aucun autre secours que les listes elles-mêmes, douze noms ou identiques, ou analogues. Je puis donc reproduire ici ces deux listes, en marquant par des étoiles les noms qui désignent de part et d'autre les mêmes schismes.

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