‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 194 sur 283 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sans avoir fait la demande nécessaire pour, etc.] Le texte dit, pranidhânam aparigrîhya, selon la version tibétaine, smon-lam yongs-su mi adzin-te, « n'ayant pas embrassé complé- « tement la sollicitation, (la prière pour obtenir, etc.) » Le pranidhâna ou encore pranidhi est aussi familier aux Buddhistes du Sud qu'à ceux du Nord. Ainsi on le voit cité au commencement du Mahâvamsa dans la phrase bôdhâya panidhim akd, qui signifie littéralement, « il adressa une prière pour devenir Buddha^ »

Je n' éprouve aucune intention, aucun désir de le posséder.] 11 parait que le traducteur tibétain a eu sous les yeux un texte où manquaient ces mots, car après avoir dit, «je suis » retranché du véhicule des Buddhas, » il ajoute, « qui parle ainsi : c'est là le complet af- « franchissement de mon corps, « dans le texte, ngahi lus hdi iham mya-ngan-las hdah-laho. Ces mots représentent l'expression spéciale du texte : me samutchtchhrayasya paçtchimakam parinirvânam, «me voici arrivé au Nirvàna complet, dernier terme de mon existence. » J'ai traduit par existence le mot samutchichhraya, qui semble signifier élévation, ou peutêtre accumulation; le tibétain y voit simplement l'idée de corps. Il est à peu près certcun que ce terme qui paraît propre au sanscrit buddhique^, n'a pas d'autre signification chez les Buddhistes du Nord, car je trouve au chap. viii, f. m b de notre Lotus, les mots suvarnavarnâih samutchtchhrayâih , « avec des corps de la couleur de l'or, » suivis dans les deux manuscrits de M. Hodgson du mot kâyâih , qui est une véritable glose du terme précédent , car ce mot n'existe pas dans le manuscrit de la Société asiatique. C'est encore un de ces termes qui se retrouvent chez les Buddhistes du Sud où le pâli samussaya a , selon YAhhidhâna, le double sens de multitude et de corps^.

St. 39. S'écria.] Ajoutez « avec joie, » pour rendre mudâ que j'avais omis. 11 semble que f. 28 a. la version tibétaine représente un texte où manquait la négation que donnent nos manuscrits du Saddharma pandarika. Voici la traduction du texte tibétain , si toutefois j'entends bien les quatre lignes dont il se compose : >< Comme ils avaient fait les bonnes œuvres suffi- « santés pour entendre cette loi, le Chef du monde, après avoir reconnu l'absence d'imper- « fection de l'assemblée , s'écria. )■

St. 44. Des Adbhatas.] C'est-à-dire, des récits merveilleux, des histoires miraculeuses. f. 28 b. Ce sont les Adbhuta dharma de la liste des écritures buddhiques données par M. Hodgson*. J'aurais probablement aussi bien fait de traduire ce terme, qui n'est pas, à proprement parler, un titre de livre; mais puisque je le conservais, il fallait en faire autant pour celui de Gêya que j'ai traduit par « des vers faits pour être chantés^. »

St. 48. Cette loi formée de neuf parties.] Les neuf parties dont il est ici question, sont,

' Mahâivanso , t. I, p. 1, 1. 5. '' Hodgson, Notices of the languages, lit. and relig.

^ Voy. ci-dessous, ch. m, f. 4o a, st. 28; ch. iv , of the Bauddhas, dans Asiat. Res. t. XVI, p. 426;

f. 66 b, st. 45. Introd. à l'hist. du Buddh. t. I, p. 63. • Abhidh. ppadîp. 1, III, c. m, st. 32 2. ^ Introd. à l'hist. du Buddh. 1. 1, p. 62.

NOTES

d'après les Buddhistes de Ceylan , les neuf divisions dont se compose l'ensemble des écritures sacrées attribuées à Çâkya : voici l'énumération qu'en donne Clough , dans son Dictionnaire singhalais : Sutra, Gêya, Vêyyalmrana, Gâthâ, Udâna, Itivuttaka, Djâtaka, Ahhhutadhatmna , Vêdalla fVâipulya). Je me suis amplement expliqué sur la valeur et l'application de ces divers termes dans un passage spécial de mon Introduciion^ .

f. 29 b. St. 58. Paré des [trente-deux] signes.] J'ai rejeté à l'Appendice une note sur les trente-

deux signes de la beauté corporelle d'un Buddha, qui eût occupé ici une place trop considérable. Voyez Appendice, n° VIII.

St. 63. Dans les six routes.] Voyez ci-dessus chapitre 1 , f. i b, p. Sog. Le manuscrit de la Société asiatique ne fournissait pas un sens clair pour la fin de cette stance qui y est lue ainsi : gatintcha vidhyénti punah punas tâni, ce qui semblait signifier : « ils reviennent " à plusieurs reprises dans cette voie. « Je me suis aidé de la version tibétaine , qui traduit ainsi: dar-khrod de-dag fyi fyir hphel-bar byed, ce qui signifie, si je ne me trompe, «ils augmentent sans cesse les cimetières.» Depuis, le manuscrit de la Société asiatique de Londres et les deux manuscrits de M. Hodgson sont venus confirmer la version tibétaine en lisant, katânisi vardhanti punah punas tâm, texte qui est certainement encore fautif, mais d'où ressort le sens de " ils augmentent sans cesse les cimetières, » soit qu'on voie dans kaiâmsi le pluriel d'un neutre katas, que je ne trouve cependant pas en sanscrit, soit que les manuscrits aient lu à tort si pour pi et katâm pour kalân.

St. 6/i. Soixante-deux [fausses] doctrines.] Il nous faudrait un commentaire pour déterminer ce que sont ces soixante-deux fausses doctrines ; mais ce qu'on doit dès à présent remarquer, c'est que ce nombre de soixante-deux est également admis par les Buddhistes du Sud : je trouve en effet les soixante-deux hérésies citées sous le titre de dvâchachtidrïchfi dans le Dharma pradipikâ singhalais^. H y a tout lieu de croire que ces soixantedeux fausses doctrines appartenaient pour la plus grande partie aux croyances brahmaniques ; mais , dans les commencements du Buddhisme , quelques-unes de ces hérésies pouvaient bien être partagées par plusieurs disciples de Çâkya. Quant à ces derniers, on sait que des schismes se sont développés de bonne heure parmi eux , et il est naturel que le nombre en ait augmenté avec le temps. Suivant les Buddhistes du Sud, le second concile aurait eu pour objet de rappeler à sa pureté première la discipline que divers Religieux avaient considérablement altérée^. En effet, pendant le premier siècle qui suivit la mort de Çâkyamuni, il ne s'était produit, suivant l'auteur du Mahâvamsa, qu'une seule hérésie. C'est postérieurement à cette époque que prirent naissance divers schismes dont le nombre , suivant le même auteur qui vivait au milieu du v" siècle de notre ère , s'éleva successivement à dix-huit, seulement dans le Djambudvîpa, c'est-à-dire dans l'Inde*. Ce nombre de dix-huit schismes est également celui que reconnaissent les Tibétains, dont le

' Introd. à l'hist. du Buddh. t. I, p. 5i et suiv. ^ Mahâwanso, t. I, p. i5 et suiv.

^ Dharma pradipikâ, f. 11 h, init. '' Ihid. p. 20 et 21.

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