‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 199 sur 283 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

J'éprouve de la satisfaction.] Le mot de satisfaction n'est peut-être pas ici la traduction f. 35 h. exacte de âudvilya, puisque Çâriputtra exprime quelques lignes plus bas son profond chagrin. Ce serait plutôt curiosité ou même trouhle qu'il faudrait dire. Voyez ci-dessus chap. i, f. 4 6,p. 3o8.

Je me retrouve toujours avec cette même pensée.] Je traduis ainsi les mots anêndiva vihâ- f. 36 a. rêna viharâmi, d'après la paraphrase poétique dont le texte en prose est suivi, et notamment d'après la stance 3. L'interprétation littérale serait, «je réside toujours dans cette « résidence ou dans ce Vihâra ; « mais on comprend sans peine que cette expression puisse recevoir au figuré le sens que je lui attribue.

Dans le domaine de lois semblables à nous.] J'ai traduit aussi littéralement que j'ai pu ce texte obscur tulyanâma dharmadhâta pravêçé, et je l'ai compris comme si le disciple de Bhagavat voulait dire qu'en les introduisant dans une loi qui est de même nature qu'eux, qui n'est pas plus élevée qu'eux , le Buddha s'est servi d'un véhicule misérable pour les transporter hors du monde, ou même plutôt pour les exclure de la possession d'une loi supérieure. L'examen de la version tibétaine ne paraît cependant pas justifier cette interprétation du mot tulya. Si je ne me trompe pas en effet sur le sens de ces termes tchhos-kyi dbyings-la hdjug-pa mishungs-na, ils signifient "dans une égale introduction au « domaine de la loi. » Il résulterait de cette version que tulyanâma ne se rapporterait pas à dharmadhâta, comme on est naturellement conduit à le penser, mais à pravéçê. Dans cette supposition, on devrait traduire, « en nous introduisant également [tous] dans le domaine « de la loi. » Il se présente cependant encore une troisième interprétation qui est un peu différente de celle de la version tibétaine, si tant est que je la comprenne bien. Cette interprétation repose sur le sens purement métaphysique de tulya, qui comme sama, « semblable, » est une épithète très-fréquemment jointe au mot dharma, « loi, condition, " être. » Ainsi on rencontre à tout instant cette définition , que les lois ou les êtres sont sama, " semblables entre eux, » et tulya, « égaux entre eux. » Des expressions de ce genre reviennent plusieurs fois dans la partie du Mémoire de Deshauterayes consacrée à la métaphysique des Buddhistes. Ainsi quand Çâkyamuni parvient après de longues méditations à la perfection d'un Buddha , Deshauterayes , s'appuyant sur ses autorités chinoises , s'exprime ainsi: «Il acquit la véritable sagesse qui égalise ou identifie toutes choses V » Dans

' Recherches sur la reliçiion de Fo, dans Journ. asiat. t. VII, p. i66.

NOTES

un autre endroit on lit cette invocation au Buddha : « O Fo , vous égalisez ou identifiez " toutes choses ; n'admettant aucune différence entre elles , vous rendez également heu- « reux les hommes et les habitants des cieux ' . » Si c'était là le sens qu'on dût attribuer à tulya dans la phrase qui nous occupe, lepithète de tulya, « égal, » appliquée aux lois serait une qualification absolue et non relative à la situation de celui qui parle.

St. ^. Semblables à moi.] Le texte se sert du mot tulya, à l'explication duquel est consacrée la note précédente.

St. 5 et 6, Les trente-deux signes de beauté. . . et les signes secondaires.] Voyez sur ces caractères d'un Buddha une note étendue k Y Appendice, n" VIII.

St. 6. Les lois homogènes aa nombre de dix-huit.] Lisez, «les lois indépendantes." Le terme dont se sert le texte est âvênika, sur lequel on trouvera une note à Y Appendice, sous lenMX.

St. 10. Dans la pure essence de l'état de Bôdhi.] Lisez, » sur le trône de la Bôdhi. »

Je vais te témoigner mon affection.] J'avais cru pouvoir traduire ainsi l'expression du texte ârôtchayâmi tê , que la version tibétaine rend par ces mots : hhyod mos-par-byaho , « tu « auras une attention respectueuse, ou de l'inclination. » Je pensais qu'un des emplois les plus ordinaires du sanscrit rutch [yadi té rôtchaté, «si cela te plaît») m'autorisait à traduire littéralement la phrase ârôtchayâmi tê par «je fais quelque chose qui te plaise, « et tropiquement , «je te témoigne mon affection. « Mais depuis fimpression de ma traduction je me suis convaincu que la forme causale du radical rutch avait encore moins conservé de sa valeur primitive que je ne le croyais, et qu'elle signifiait simplement dans le sanscrit buddhique, «j'annonce, je déclare. " J'ai rencontré de très-nombreuses preuves de ce fait en traduisant sur le texte du Divya avadâna fhistoire de Pûrna que j'ai publiée dans mon Introduction à l'histoire du Buddhisme indien^; et ces preuves se sont trouvées confirmées par la version tibétaine, qui au lieu d'employer dans le cours du Hdul-va-gji l'interprétation que je citais en commençant, se sert simplement d'un verbe comme smras, « dire. » J'ajoute enfin que les textes pâlis emploient également ce terme dans le sens d'annoncer, faire connaître, comme on peut s'en convaincre par les deux passages suivants, sabbam brâhmanassa pôkkharasâdissa ârôtchêsi, «il annonça le tout au Brahmane « Pôkkharasâdi ^ ; » Bhagavatô kâlam ârôtchêsi, «il fit connaître à Bhagavat que le temps « était venu'^ » Je m'aperçois que Spiegel avait déjà fait cette remarque en ce qui touche le pâli , et favait appuyée d'un certain nombre de passages empruntés au Mahâwanso de

' Recherches sur la religion de Fo , dans Journ, as. ^ Amhattha sutta, dans Dîgh. nik. f. 27 b et j8 a.

t. VII, p. 172. ' Sônadanda sutta, dans Digh. nik. f. 32 a; Lôhi-

^ Introd. à l'histoire du Buddh. indien, t. I, de la tchtcha sutta, ihid. f. 69 a; Mahâparinibbâna sutta,

p. 235 à la p. 275. ibid.{.8Sa.

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