‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 204 sur 283 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

I. l'absence de celles qu'ils désirent , ce qui est la misère de la condition des Dèvas et des « hommes. » Cette idée est, comme on sait, vulgaire dans l'Inde; j'ignore cependant si on en fait ordinairement l'application aux Dévas.

Les cinq qualités du désir.] Ce sont les cinq Mmaguna, ou qucdités sensibles qui excitent f, 46 h. les désirs des hommes , savoir, la forme , le son , l'odeur, le goût et l'attribut tangible. Ces qualités sont catégoriquement énumérées plus bas, f. a, p. 5i.

Eléments constitutifs de l'état de Bôdhi.] Littéralement, «les parties ou membres de la f. 47 b. u Bôdhi , lôdhjagga. » On appelle ainsi sept préceptes qui doivent être observés , ou mieux encore , sept qualités qui doivent être acquises par celui qui veut parvenir à la Bôdhi ou à l'état de Buddha. Ces qualités sont énumérées dans le Lolita vistara^, et dans la section xxx du Vocabulaire pentaglotte ; je les exposerai sous le n° XII de V Appendice, en les comparant avec l'énumération qu'en donnent les Buddhistes du Sud.

Les quatre vérités des Aryas.] Lisez, « les quatre vérités sublimes. »

De même que quelques-uns des enfants de cet homme.] Il n'est pas inutile de remarquer que l'on retrouve dans les notes de M. Rémusat sur le Foe koue ki une allusion à ce passage , et même une traduction à peu près littérale de la phrase qui est l'objet de la présente note. Après avoir rapporté et expliqué , d'après les autorités chinoises , la métaphore des trois chars et celle des trois animaux qui passent un fleuve à la nage, M. Rémusat ajoute : « C'est ce qui est désigné dans les livres classiques par ce passage : Ces disciples, en « cherchant le char aux moutons, sortent de l'habitation dufeu^. » Je ne doute pas que cette dernière phrase, que Rémusat a guillemetée comme une citation, n'appartienne à la parabole de la maison en feu , qui occupe la plus grande partie de notre troisième chapitre. Et c'est pour nous une occasion nouvelle de remarquer le soin consciencieux qu'avait apporté ce savant à reproduire sous leur véritable forme les indications de tout genre qu'il trouvait dans les auteurs chinois, en les marquant des signes qui devaient aiderplus tard à les rapporter à leur source originale.

Un seul beau char.] Ceci est en contradiction formelle avec ce qui a été dit plus haut, f. 48 a. que le père donne plusieurs chars. Voyez ci-dessus, f. 44 i et la note, p. Sôg.

St. 09. Des loups féroces.] Le texte sanscrit a bhêrunda, qui est ici, comme plus bas st. 54, f. 49 h. traduit dans la version tibétaine par Itche-spyang , suivant Csoma, « chjacal ou loup qui vit « dans les cimetières. » Comme le nom du chacal reparaît plusieurs fois rendu par un autre terme tibétain, j'ai préféré celui de loup pour représenter hhérunda, qui du reste n'a pas ce sens dans Wilson. Peut-être veut-on par là désigner l'hyène.

' Rgya ich'er roi pa, t. II, p. 43 et 44; Lolita de la Société asiatique; Vocah. pentagl. sect. xxx. vistara, f. 22 b de mon man. A et f. 19 è du man. ^ Foe koue ki, p. jo.

NOTES

St, 47. Plutôt qu'à des hommes.] Je traduis d'après le manuscrit de la Société asiatique qui lit amanuchyamâtrâh ; naais les deux manuscrits de M. Hodgson ont manachyamâtrâh ; il faudrait traduire, d'après ces manuscrits, « quelques-uns ayant la taille d'un homme, « d'autres celle d'un chien. »

St. /\.S. Et des Piçâtchas, affamés et cherchant de la nourriture.] Lisez, « des Piçâtchas et « des vautours cherchant de la nourriture. «

St. 77. Parés de fleurs.] Au lieu de supachpâ^ d'après lequel j'ai traduit, les deux manuscrits de M. Hodgson lisent supuchtâ, « bien nourris, » ce qui est une leçon préférable.

St. Sl\. Les six connaissances surnaturelles.] On a vu plus haut, chap. I, f. 1 , que les Buddhistes comptent cinq connaissances surnaturelles, ahhidjnâ, sur lesquelles j'ai promis les éclaircissements nécessaires : on les trouvera ci-dessous à la section de Y Appendice n° XIV, qui répond au chap. v, f. 76 a du texte. J'indiquerai en cet endroit l'existence d'une autre énumération , celle des six connaissances surnaturelles, chadalhidjiiâ, qui ne diffère de la liste des cinq connaissances que par l'addition d'un terme. Quant à la triple science dont il est parlé dans le texte de notre Lotus, il y a deux manières de l'envisager. Premièrement, on peut y voir la connaissance des trois parties de la durée, le présent, le passé, l'avenir, connaissance qui vaut à un Buddha l'épithète de trikâlavit, « celui qui connaît les « trois temps ' . « Secondement , on y peut retrouver la connaissance de ces trois vérités fondamentales dans le Buddhisme et que j'ai extraites d'un passage de VAvadâna çataka: « Cela «est passager, cela est misère, cela est vide^. « Sangermano, et d'après lui, Fr. Buchanan , nomment hhâvanâ , la méditation de ces trois vérités , que les Barmans expriment par les termes pâlis légèrement altérés : aneizzâ =: anitchtcha (pour anitya), docchu — dukkha (pour duhkha) , et anatta — anattâ (pour anâtmâ]^. Le commentaire qu'y ajoutent les auteurs que je viens de citer est vague et confus; heureusement que nous pouvons le remplacer par l'explication très-nette que donne Clough, dans son Dictionnaire singhalais, du mot irividyâ. « La triple science, ou plus exactement, la science surnaturelle des " trois faits importants , qui sont l'impermanence de la matière , l'existence de la douleur « en toutes choses , et l'annihilation de l'esprit ou du principe vital , ou encore de la faculté « de sentir qui est dans tous les êtres. Cette science forme une des doctrines essentielles et « dirigeantes du Buddhisme, et Buddha {lisez Çâkyamuni) la possédait au plus haut degré « possible : elle constituait un des attributs essentiels et divins de son caractère ; et l'acqui- " sition de cette science est un des principaux objets de l'étude intellectuelle et de la mé- « ditation abstraite des prêtres {lisez des Religieux) et de tous les ascètes*. »

' âbhidhâna tcilintâmani, st. 2^2 38 , éd. "Bœht- Hngk et Rieu.

^ Introd. à l'hist. du Buddhisme indien, t. I, p. 202 et 2o3.

^ Sangermano, Descript. of the Burmese empire.

p. 83, éd. W. Tandy; Fr. Buchanan, On therel. and liter. of the Burmas, dans Asiat. Pies. t. VI, p. 272, London , in-8°.

'' Clough , Singhalese Dictionarj, t. II , p. 261, au mot Trividjâva.

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