‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 214 sur 283 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

que nous venons d'en voir une preuve , de lya, j'allais jusqu'à supposer que Ija pouvait être le substitut de rya. Le commencement du mot ud me paraissait la transformation populaire de ad, de façon que je ramenais udilla k udirya et udîrya, qui pourrait avoir une signification analogue à celle de utsarga, « déjection. » Tout cela était sans doute fort hypothétique , mais je n'avais rien de mieux à proposer. Depuis j'ai pu consulter les deux manuscrits de M. Hodgson qui lisent également «qjiHyj'-ci.M*umir5ii<y|'j^, ce qui ajoute à la précision de l'idée qu'on a voulu exprimer par ce composé , car syandanikà peut répondre au sanscrit syandinî et signifier « salive. » Quant au dernier mot udigalla, il ne m'est pas plus connu que adilla : j'incline à penser qu'il répond au sanscrit udgâra, «vomissement, » transformé d'après les lois des dialectes populaires. Les signes de cette transformation sont l'insertion d'un i entre les deux consonnes dg, la substitution de J d d, et l'abrègement de l'a long devant le groupe lia qui n'est sans doute ici que le remplaçant de lya.

Là ne paraîtra pas Mâra le pêcheur.] Je crains de n'avoir pas traduit assez exactement le texte qui est ainsi conçu : natcha tatra mârah pâpiyân avatâram lapsyaté. La difficulté roule sur le mot avatâra et la locution avatâram lapsyaté. Ce mot se présente dans un grand nombre de passages avec le sens de « occasion de surprendre » dans une mauvaise intention ; et c'est ainsi que j'ai cru pouvoir le traduire plus bas , chap. xxi , f. 210 a. Mais je crois que les Buddhistes , forçant un peu cette signification , ont vu dans avatâra une signification que ce mot n'a pas , au moins à ma connaissance , chez les Brahmanes , et qu'on pourrait tout au plus attribuer au mot avatârana, « possession par un mauvais génie, » lequel est dérivé de la forme causale de trï; ce sens est celui de perte, destruction , que je trouve plus d'une foisdans le livre célèbre intitulé Achtasahasrikâ pradjnâ pâramitâ. Ce livre, dans un passage où Çâkyamuni est représenté soutenant les attaques de Mâra, nous fournit le texte suivant : " Mâra le pêcheur ayant réuni l'armée de ses troupes formée de quatre corps , se « rendit au lieu où se trouvait Bhagavat. Alors cette réflexion vint à l'esprit de Çakra, « l'Indra des Dêvas. Voilà Mâra le pêcheur qui ayant réuni l'armée de ses troupes formée « de quatre corps, s'est rendu au lieu où se trouve Bhagavat. La masse de l'armée de ces "troupes formée de quatre corps, que Mâra le pêcheur a ainsi réunie, rassemblée, est " bien supérieure à la masse de l'armée formée de quatre corps du roi Bimbisâra , à celle " du roi Prasênadjit, à celle des Çâkchâtkrïts , comme à celle des Litchtchhavis. Depuis " longtemps Mâra le pêcheur attend la perte de Bhagavat , recherche la perte de Bhagavat , « dîrgharâtrain mârah pâpiyân Bhagavatô 'vatâraprékchî avatâragavêchî^ . » Dans une autre partie de ce traité, Çâkyamuni signalant les avantages qui résultent de la connaissance de la Pradjnâ pâramitâ, s'exprime ainsi : «Les fils ou les filles de famille, dont des hom- « mes ou des êtres n'appartenant pas à l'espèce humaine , attendent la perte , désirent la « perte, ces êtres, ô Kâuçika, n'obtiendront pas leur perte; té 'pi têchârh kâuçika avatâran « na lapsyanté^. « Ici nous trouvons l'expression même du Lotus qui donne lieu à cette note, c'est-à-dire avatâra, employé avec le radical lahh, et nous la rencontrons encore au fol. 29 6 et 34 « de la Pradjnâ pâramitâ, dans un passage qui a le même sens que ceux

' Achtasahasrikâ pradjnâ pâramitâ, f. 4g b. — ^ Ilid. f. à8 a.

NOTES

que je viens de transcrire. li semble résulter de ces divers rapprochements qu'on devrait, pour être parfaitement littéral , traduire ainsi la phrase du Lotus : " Là Mâra ne surpren- « dra pas, ou ne perdra pas, » en ajoutant « les êtres. »

St. 17. Je vais aujourd'hui vous témoigner mon affection.] Lisez, «Je vais aujourd'hui « vous parler. »

St. 22. Les six affranchissements.] Lisez, «les huit affranchissements. « Je ne sais par quelle erreur j'ai pu substituer le mot six à celui de huit : tous nos manuscrits lisent achtâu; et plus bas, f. 100 a et 111 6, les moyens d'affranchissement sont dits être au nombre de huit. Ces affranchissements ont été énumérés dans une note spéciale de ÏAppendice, sous le n" XV.

Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, < Je vais vous parler, » et faites la même correction f. Sli a, p. gli.

Hauts de cent Yôdjanas, ayant une circonférence de cinquante Yôdjanas.] C'est là la version du manuscrit de la Société asiatique; mais les deux manuscrits de M. Hodgson, avec une amplification beaucoup plus buddhique, disent, « hauts de mille Yôdjanas, avec une cir- « conférence de cinq cents Yôdjanas. » Ce doit être la leçon véritable, car c'est exactement celle que suit le manuscrit même de la Société asiatique, pour la prédiction relative à Mahâmâudgalyâyana, prédiction qui est littéralement conçue dans les mêmes termes que celle de Kâtyâyana; voyez ci-dessous, i. 8à a et b , p. qIi.

Des sept^sabstances précieuses.] Voyez ci-dessus, chap. i, f. 9 a, p. Sig.

Sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas.] Il faut ajouter après ces mots la formule finale : « et l'image de sa bonne loi durera vingt autres moyens Kalpas. » Le manuscrit de la Société asiatique a oublié cette phrase : je la rétablis d'après les manuscrits de M. Hodgson.

St. 3o. Après avoir revêtu un corps humain.] Pour traduire ainsi, je lisais ûhitva, sur le seul manuscrit de la Société asiatique; encore étais-je obligé de forcer le sens. Depuis j'ai reconnu que tous les manuscrits lisent djahitva, forme altérée du participe en tvâ du radical hâ. Il faut donc traduire, « après avoir abandonné son corps d'homme, » et entendre ceci comme un synonyme de l'expression « après sa mort. »

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