CHAPITRE IX
Dont les uns étaient Maîtres et les autres ne l'étaient pas.] Voyez, pour cette expression, f. 117 «. la note relative au chap. i, f. 2 a, p. 295.
St. 1. Je vais vous témoigner mon affection.] Lisez, «je vais vous instruire, ô Religieux f. 118 a. « assemblés. »
De même que ta es ici mon fils aîné.] Les Buddhistes croient que les parents de Çâkya- f. 119 è. muni, et en général tous ceux qui l'ont approché, s'étaient déjà, pendant le cours de leurs existences antérieures , rencontrés avec lui dans les mêmes rapports , et qu'ils devaient conserver pendant leurs existences futures ces mêmes relations , ou tout au moins des relations analogues ; le Lolita vistara l'afFirme positivement pour le père et pour la mère du jeune Siddhârtha Le compilateur du Saddharma pundarîka se conforme à cette donnée qui repose sur la croyance à la transmigration, en annonçant que Râhula hhadra, qui était le fils mortel de Çâkyamuni, sera également dans l'avenir le fils d'un nombre incalculable de Buddhas, avant de parvenir à en être un lui-même. Je suppose, quoique je n'en aie pas la preuve directe, que le nom de Râhula hhadra, avec cette addition de hhadra, est le nom religieux de celui qui passe pour le fils du Buddha Çâkyamuni, et qu'en cette dernière qualité il se nommait seulement Bâhula. Selon Y Ahhinichhramana sûtra, dont M. Foucaux a traduit un fragment d'après la version tibétaine du Bkah hgyur, Râhula aurait été ainsi nommé parce qu'il était venu au monde au moment d'une éclipse de lune^. La légende ellemême rapporte les doutes qu'on avait conçus touchant la légitimité de cet enfant, doutes qu'un miracle seul put dissiper. Les Buddhistes de toutes les écoles n'en admettent pas moins universellement que Çâkya a eu un fils, et que ce fils est Râhula. Ceux du Nord affirment que Râhula fut le chef d'une des premières sectes qui se formèrent dès la mort de Çâkyamuni, et qui se développèrent dans le cours des temps; c'est à Csoma de Côrôs que l'on doit ce renseignement curieux dont j'ai fait usage ailleurs^. Depuis j'ai cru retrouver la confirmation de ce fait dans l'inscription de Bhabra : on verra le résultat de mes recherches à cet égard, à Y Appendice n° X, sur le mot Anyatra. Quoi qu'il en soit, et tout en admettant l'exactitude des renseignements qui assignent à un personnage nommé Râhula une influence réelle sur la formation d'une des premières sectes du Buddhisme , il
^ Lalita vistara, f. ig a de mon manuscrit A; ' Asial. Res. t. XX, p. 298; Introd. à l'hist. du
Rgya tch'er roi pa, t. II, p. 34. Buddh. indien, t. I, p. lilid; Journ. asiat. soc. of Ben-
Rgja tch'er roi pa, t. II, p. 689, note 1. gai, t. VII, p. 1^3. ,
398 NOTES
est permis de concevoir des doutes sur l'existence même d'un fils de Çâkyamuni, nommé Râhula. Ce nom par lui-même m'est déjà suspect, à cause de la grande ressemblance qu'il ofFre avec celui de Gôtama Râhûgana, un des chefs des anciennes familles brâhmaniques, auquel sont attribués un certain nombre d'hymnes du Rigvêda^. Les textes qui sont à ma disposition écrivent diversement ce nom de Râhûyana, tantôt avec une première longue, comme je viens de le reproduire, tantôt avec une première brève, Râhûgana; mais il résulte clairement de la glose de Sâyana que Râhûgana est le nom du Rïchi, père de Gôtama et chef de la famille des Râhûganas , ou « descendants de Râhûgana. » Or si l'on se rappelle que Çâkyamuni se nommait le Gâutamide, et que son fils, s'il en a eu un, a dû avoir également ce nom patronymique, parce que c'était le nom religieux de la race des Çâkyas, c[ue le Buddha appelait Gâutamides , quand il leur adressait la parole^, n'a-t-on pas lieu d'être surpris de voir ce fils poiier un nom qui se rapproche tellement de la première partie du nom du vieux Rïchi , auteur de la race des Gâutamides ? Et n'eston pas conduit à supposer qu'un membre de cette race, dont le nom Râhula rappelait par sa partie radicale celui de son primitif ancêtre Râhûgana, a pu être rattaché après coup au fondateur du Buddhisme par une descendance que la légende elle-même qui la donne , rend extrêmement suspecte ?
f. 120 a. Dont les uns étaient Maîtres et les autres ne l'étaient pas.] Voyez, pour cette expression , la note relative au chap. i, f. 2 a, p. 2g5. Ce renvoi doit être également appliqué à la même expression qui est employée plus bas, f. 121 a.
' Weber, Ind. Stiidien, t. I, p. 179, 180 et 272; Rigvêda, I, i3, 78, st. 5, Rosen, p. i53; Langlois, Rîgvêda, t. I, p. i/i.8; et surtout Max Mill-
ier, hïgvéda, t. I, p. 645, comp. avec p. 682 init.
^ Csoma, Analjsis of the Daim, dans Asiat. Res. t. XX, p. 74.