‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 223 sur 283 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Sans ces montagnes que l'on nomme, etc.] Voyez la note à YAppendice , n° XVIII. f. 182 a

Chacun de ces arbres avait une hauteur et une circonférence de cinq cents Yôdjanas.] H f. iSa b. faut traduire plus exactement : « Chacun de ces arbres avait une hauteur de cinq cents «Yôdjanas, et une circonférence d'un demi-yôdjana. » Cela nous donne l'idée d'arbres singulièrement élancés , et on pourrait en conclure que le texte est altéré , mais les manuscrits sont unanimes pour lire ardhayôdjana. Aurait-on voulu dire « un Yôdjâna et demi? » L'exagération de cette description fabuleuse est augmentée jusqu'à la niaiserie par un des manuscrits de M. Hodgson , qui au lieu de cinq cents lit mille Yôdjanas.

Ayant les membres desséchés.] J'avais lu par erreur pariçuchkagâtrô, préoccupé malgré f. i35 a. moi de l'idée de sauver au moins l'apparence du sens commun dans ces exhibitions fantastiques; mais tous les manuscrits donnant pariçuddhagâtrô , il faut traduire, « ayant les « membres très-purs, » ou « parfaits, bien conformés ; » selon le sens qu'a très-fréquemment pariçaddha dans ce livre.

St. 11. Rugissement du lion.] Le texte dit simhanâda; c'est une des expressions figurées f. 187 a. par lesquelles les Buddhistes désignent l'enseignement de la loi que donne le Buddha. J'ai eu occasion d'en parler dans le premier volume de VHistoire du Buddhisme^ . Mais ce que j'ai oublié de remarquer alors , c'est que cette expression est , comme bien d'autres du même genre, empruntée à l'art militaire des Indiens. U Amarakocha nous apprend en effet que simhanâda, ou « le rugissement du lion, « désigne le cri de guerre 2. Le Buddha est comparé à un soldat qui pousse le cri de guerre contre l'armée de Mâra ou du péché ; et chacune des phases de sa lutte avec le vice est comparée à un combat acharné. Il se peut que le souvenir de l'origine militaire de Çàkya n'ait pas été sans influence sur l'emploi de cette phraséologie belliqueuse à laquelle j'ai déjà fait allusion ^. Selon les auteurs chinois, le rugissement du lion sert de point de comparaison , sous onze rapports différents , à la prédication que le Buddha fait de la loi

St. 29. Les quatre-vingt-quatre mille corps de la loi.] Voyez sur cette division fabuleuse f, 187 b. des livres fondamentaux des Buddhistes, VIntrodaction à l'histoire du Baddhisme indien, t. I, p. 34 et 35.

St. 3o. Les cinq connaissances surnaturelles.] Voyez ci-dessus, chap. i, f. 1, p. 291, et f. i38 a. chap. V, f. 75 a, p. Syg.

St. 32. Les six connaissances sarnatarelles.] Voyez ci-dessus, chap. m , f. 62 è, st. 84 , p. 372 , et YAppendice, n° XIV.

' Introd. à l'histoire du Baddhisme indien, t. I, seleur, p. 199; Bhagavad gitdj f. i56, éd. Lassen. p. 43 1, note I. ' Ci-dessus, chap. vii, f. 89 a, p. 887 et 388.

^ j4mara/toc/ia, 1. II, chap. II, sect. 2, st. 75, Loi- " A. Rémusat, Foe fcoue fei, p. 160.

NOTES

f. i38 b. Les devoirs des six perfections.] Voyez ci-dessus, chap. i, f. ii a. p. 332, et Y Appendice, n" VIL

f. iSg b. Comment comprenez-vous cela, ô Religieux?] Le texte se sert ici d'une formule spéciale qui revient toujours la même, chaque fois que le Buddha veut annoncer que l'histoire qu'il vient de raconter d'un ancien Buddha, d'un ancien roi, ou de tout autre personnage, s'applique à lui-même ou à un de ceux qui l'écoutent. Je la transcris ici telle que la donnent les manuscrits sanscrits du Népal , parce que j'ai été obligé d'en déplacer et d'en développer quelques termes pour la rendre claire en français : Tat kim manyadhvam bhikchavô 'nyah sa téna kâlêna têna samayêna richir abhût : na klialu punar êvafn drachtavyam ; tat kasya hétôh ? ayamèva sa dêvadattô bhikchus téna kâlêna téna samayêna rîchir abhût, ce qui signifie littéralement: » Que pensez- vous de cela, ô Religieux? — Autre fut ce Rïchi, en « ce temps-là, à cette époque. — Mais il ne faut pas voir ainsi. Pourquoi cela.** C'est que " c'était le Religieux même Dêvadatta qui dans ce temps-là, à cette époque fut ce Rïchi. » Voici maintenant la même formule en pâli, sauf les trois premiers mots : Anhô nûna têna samayêna râdjâ mahâsudassanô ahôsîti;na khô panétam ânanda êvani datthabbam ahan têna samayêna râdjâ mahâsadassanô ahôsinti, littéralement : « Sans doute, diras-tu, en ce temps- « là le roi Mahâsudassana fut un autre ; mais certes , Ananda , cela ne doit pas être vu ainsi ; « c'est moi qui en ce temps-là fus le roi Mahâsudassana ^ > Au reste, ce pouvoir qu'on attribue au Buddha de se rappeler ses existences passées, est une des plus hautes facultés que lui ait reconnues la foi de ses disciples : on en verra la formule tant en sanscrit qu'en pâli au n° XXI de Y Appendice , où je compare quelques textes sanscrits du Nord avec les textes pâlis correspondants du Sud.

Les six perfections.] Voyez ci-dessus, chap. i, f. i i a, p. 332 , et YAppendice, n° VIL

f. i/io a. Les trente-deux caractères distinctifs d'un grand homme , les quatre-vingts signes secondaires.] Voyez ci-dessus, chap. ii, f 29 b, p. 356, et Y Appendice , n" VIII.

Les dix forces.] Pour les dix forces, voyez ci-dessus, chap. ni, f l\o a, p. 367, et YAppendice, n° XL

Les quatre intrépidités.] Cette catégorie qui a déjà été indiquée plus haut , chap. 11 , f. 1 9 a, p. 346 , doit être examinée maintenant, puisque c'est ici pour la première fois que le texte du Lotus de la bonne loi exprime le nombre des termes dont elle se compose. Malheureusement je n'ai jusqu'ici trouvé qu'un seul texte qui nous montre ce qu'on entend par le mot de vâiçâradya, « l'intrépidité ou la confiance. » Ce texte est cité par le Dharma pradîpikâ; il est un peu bref et quelquefois incorrect; cependant, tel qu'il est, il détermine avec précision celle des deux nuances, intrépidité ou confiance, qui doit être préférée; c'est évidemment la seconde. Voici ce passage que je reproduis ici avec quelques corrections

' Mahâsudassana suUa, A&ns Digha nïkâja, 10% a.

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