‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 224 sur 283 · CHAPITRE XI. /i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. /i

nécessaires: Sammâsamhaddhasa tê patidjânatô imê dliammâ anabhisambuddhâti tatra vata main samanôvâ hrâhmanôvâ dêvôvâ mârôvâ hrahmâvâ kôtchi lôkasmim saha dhammêna patitchôdéssatiti (cocl. tchôdêssâm(ti) nimitiam êtam hhikkhavé na samannpassâmi ; êtampaham bhikkhavë nimittam asamanupassattâ khémappattô ahhayappattô vêsâradjdj appattô vïharâmi. « Je n'aperçois pas , ô Religieux , de raison pourquoi un Samana ou un Brahmane , un «Dêva, un Mâra ou un Brahmâ quelconque dans ce monde viendrait avec juste raison « me gourmander en disant , Arrivé à l'état de Buddlia parfaitement accompli , éclairé « comme tu l'es, voici cependant des lois que tu n'as pas pénétrées; maintenant, parce que "je n'aperçois pas de raison pour cela, je me trouve plein de bonheur, de sécurité et de « confiance. » On voit que vêsâradjdja qui dans ce texte pâli représente le sanscrit vâiçâradya, ne peut avoir d'autre sens que celui de confiance; c'est donc celui-là qu'il faut rétablir dans ma traduction. Le passage qu'on vient de lire est le premier motif de confiance que le Buddha reconnaisse en lui : ce motif, c'est qu'il a pénétré toutes les lois. Il y en a encore trois autres que je vais reproduire d'après le Dharma pradipikâ, en abrégeant à son exemple la formule commune aux quatre vêsâradjdja. Le second motif de confiance est ainsi conçu : khînâsavassa té patidjânatô imé âsavà apavikkhînâti (cod. parikkhînâti) , « ayant " détruit toutes les souillures du vice , éclairé comme tu l'es , voici cependant des souillures « que tu n'as pas détruites ; » le Buddha ne craignant pas qu'on lui fasse ce reproche , vit dans une entière confiance. Le troisième motif est celui-ci : je khô tê pana antarâyikâ dhammd vuttâ iê patisévatô nâlam antarâyâti, «les conditions que tu as dit être un obstacle [à " la contemplation], pratique-les, elles ne seront pas un obstacle. » Je traduis le mot antarâyikâ signifiant « qui apporte un obstacle, «sans qu'on dise à quoi, d'après l'interprétation qu'en donne le commentaire barman du Pâijmàkkha : djliân mag phoil eng antarày koivpru tat sari sâ Uiyag phratch sô, « qui est même capable de faire obstacle au fruit de la voie de « la contemplation ^ » Enfin voici le quatrième motif de confiance : yassa khôpana tê atthâya dhammô désitô sô na niyyâti nitakkarakka sammâ dukkhâkkhayâyâti , " la loi que tu as ensei- " gnée pour ce but particulier de détruire complètement la douleur, elle ne conduit pas à « ce but celui qui la pratique 2. « Je m'aide, pour traduire ainsi ce texte qui me parait altéré, d'un passage analogue du Têvidjdja satla qu'on trouvera vers la fin de V Appendice , n° n, et où, au lieu de niyyâti nitakkarakka, on lit avec un mot de plus, niyyânikô niyyâti takkarassa ^. Le premier mot répond en pâli au sanscrit nâiryâiiika, « qui aide à sortir « dehors, " que nous allons voir dans le Laliia vistara. Le second, niyyâti, doit être en sanscrit niryâti, « il sort, » et takkarassa est probablement tatkarasya, <i pour celui qui agit « ainsi. » Mais même sans cette correction, le sens général de la phrase n'est pas douteux : le Buddha ne voyant pas de raison pour qu'on lui adresse plus c-e l'eproche que le précédent, vit dans une entière sécurité. En résumé, les quatre motifs de sa confiance sont : 1'' qu'il a pénétré toutes les lois; 2° qu'il s'est débarrassé de tous les vices; 3° qu'il a reconnu quels sont les obstacles qui s'opposent à la contemplation ; 4° que sa loi a atteint à son but, celui de détruire complètement la douleur.

• Pâtimôkliha, ntian. pâli-barman, f. 4 «j et de ma - Dharma pradipikâ , f . 2 1 a et b.

copie, p. 20. ^ Dîgha nikâja, f. 60 b,i. 9.

NOTES

Au reste , il paraît que les textes buddhiques sont assez sobres d'explications quand il s'agit des quatre motifs de confiance du Buddha, motifs qu'ils rappellent cependant presqu'à chaque page. En voici une preuve que j'emprunte au Lalita vistara, où malgré l'abondance des mots ces quatre motifs sont moins clairement indiqués que dans les quatre phrases pâlies assez courtes que je viens d'expliquer. Parmi les titres qui sont donnés à un Buddha, et qu'on énumère à la fin du xxvf chapitre du Lalita vistara, on trouve quatre passages sur la confiance que je vais reproduire et traduire successivement. Le premier motif de confiance est ainsi formulé : Niravaçêcha sarvadharmâbhisamhuddha pratidjnâràhana sadévalôkânabhibhûta pratidjhâ vâiçâradya prâptatvân niravaçécha sarvadharmâbhisainbuddha pratidj fidrôhana sadêvalôké 'nabhibhûta pratidjnâ vâiçâradya prâpta ityatchyatê. « Gomme il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans être con- « tredit par le monde réuni aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre sa parole, assurance Il qui consistait à dire qu'il connaissait les lois , toutes et sans reste , on dit de lui qu'il a « acquis la conliance dans cette assurance. » J'ai traduit de cette formule ce qu'il y a d'essentiel, et je n'en ai pas répété la fin qui consiste à reproduire après le mot « confiance » la phrase même par laquelle débute la formule. Elle revient à ceci , que le Buddha est nommé «plein de confiance dans la connaissance qu'il a de toutes les lois, » par cela même qu'il possède cette confiance. Cela répond au premier article de la définition du Dharma pradipikâ que j'ai donnée plus haut. Le second motif de confiance est ainsi conçu : Sarvâ sâiïiklêçikântarâyikadharmântarâyakaranâ nirvânasyêti tatpratidjûârôhaiia sadévaké lôké 'nâtchtchhédya pratidj ââvâiçâradya prâptatvdt sarvâ sâihkléçikântarâyikadharmântarâyakaranâ nirvânasyêti tatpratidjnârôhana sadêvakè lôké 'nâtchtchhédya pratidjfidvâiçâradya prâpta ityutchyaté. " Comme il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans « être arrêté par le monde réuni aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre sa parole, quand " il disait. Toutes les conditions du vice qui sont des obstacles, sont des obstacles au Nir- « vâna, on dit de lui qu'il a acquis la confiance dans cette assurance. » J'ai reproduit exactement le texte tel que le donnent mes trois manuscrits du Lalita vistara; il y a dans la partie de la formule qui exprime cette espèce particulière de confiance , des réunions anormales de mots qui cependant n'en cachent pas la signification véritable; elle répond certainement au troisième article de la définition du Dharma pradipikâ. Le troisième motif de confiance est ainsi conçu d'après le Lalita : Nâiryânikim pratipadam pratipadyamânô nirvânam nârâgayichyatîti pratidj ûârôhana sadêvakè lôkê ^pratiichôdya pratidjnâvâiçâradya prâptatvân nâiryânikim pratipadam pratipadyamânô nirvânam nârâgayichyatîti pratidjnârôhana sadêvakè lôkê 'pratitchàdya pratidjnâvâiçâradyaprâpla ityutchyaté. « Comme il a acquis n la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans être gourmandé par le monde réuni « aux Dêvas , où nul ne s'est élevé contre sa parole pour dire , Arrivé au degré qui est fait « pour conduire hors du monde, non il n'atteindra pas au Nirvana, on dit de lui qu'il a « acquis la confiance dans cette assurance. » Cette formule répond à l'article quatrième de la définition du Dharma pradipikâ, quoiqu'il n'y ait pas entre les deux énoncés autant de ressemblance que pour les formules précédentes. Au lieu de placer dans la bouche des opposants l'opinion que le sage ne parviendra pas au Nirvana, le Lalita vistara de la

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