CHAPITRE XI
Société asiatique la présente sous la forme affirmative et la laisse clans la bouche du Bucidha, de cette manière : « Nul ne s'est élevé contre sa parole quand il a dit, Arrivé au Il degré qui est fait pour conduire hors du monde, oui il arrivera au Nirvâna. » Le quatrième motif de confiance est conçu comme il suit : Sarvâçravakchayaprahâna djnânapraiidjnârôhana sadêvàkê lôké 'vâivartyapratidjfiâ vâiçâradyaprâptatvât sarvâqravdkchaya prahâna djnânapratidjnârôhana sadêvàkê lôkê 'vâivartyapratidjfiâ vdiçâradyaprâpta ityutchyatê « Comme Il il a acquis la confiance dans l'assurance qu'il a donnée sans reculer devant le monde Il réuni aux Dêvas, où nul ne s'est élevé contre cette affirmation, qu'il possédait la science Il de l'abandon et de l'anéantissement de toutes les souillures du vice , on dit de lui qu'il «a acquis la confiance dans cette assurance'. » Cette formule répond au second article de la définition du Dharma pradîpikâ. En rapprochant une à une ces quatre formules sanscrites des définitions correspondantes du pâli, on en reconnaît facilement l'objet commun , malgré la différence des termes ; je crois cependant que si pour se faire une idée claire de la théorie des quatre motifs de confiance d'un Buddha, on débutait par les énumérations verbeuses du Lalita vistara, on n'en aurait pas une notion aussi précise que celle que nous en donne l'exposé plus bref du Dharma pradîpikâ.
Les quatre richesses de V accumulation. '\ Je n'étais pas sûr d'avoir traduit exactement le nom de cette catégorie, saggraha vastuni, pour l'intelligence de laquelle je ne possédais aucun secours, car elle ne se présente qu'une seule fois dans tout le Saddharma pundarika; aujourd'hui la lecture du Lalita vistara doit lever tous les doutes, puisque nous y trouvons et le titre de la catégorie dite saggraha, et le nom des éléments qui la composent. Le seul examen de ces éléments prouve que saggraha doit être pris dans le sens de propitiating, " pleasing, » que lui donne 'Wilson; M. Foucaux, d'après les Tibétains, adopte celui de réunion'^. 11 n'est pas facile de trouver une expression française qui représente d'une manière à la fois clciire et complète les idées que résume le composé saggraha vastuni, c'està-dire , « les éléments du rapprochement , » les actes par lesquels l'homme se rapproche de son semblable, et lui devient agréable. Cependant, comme il faut traduire, je crois pouvoir m'arréter à cette version encore un peu vague : « les éléments de la bienveillance. » Ces éléments sont énumérés par le Lalita vistara parmi les cent -huit portes de la loi. Ils ont, d'après le texte de cet ouvrage, le résultat suivant : Sattvasaggrahâya sambôdhipràptasyatcha dharma sampratyavékchanatâydi sarhvartatê. « Cela conduit à la faveur des créatures, « et à pénétrer complètement la loi de celui qui a obtenu la science absolue^. » Cette sorte de définition que j'ai traduite aussi littéralement qu'il m'a été possible, marque suffisamment la destination des quatre mérites énumérés sous le titre collectif d'éléments de la bienveillance ; c'est l'ensemble des moyens par lesquels un Buddha se rend les créatures favorables, de manière qu'éclairées par son enseignement, elles se mettent en état de comprendre la loi de celui qui est arrivé à la perfection la plus élevée de l'intelligence. Le
' Laliia vistara, f. 226 b du man. A; f. 226 a du - Ryya icli'er roi pa, t. II , p. 45.
man. B; f. 229 6 du m. Soc. as. Je ne puis renvoyer Lalita vistara, f. 23 a de mon man. A, et 26 a
au Rgja Ich'er roi pa, où ce passage ne se trouve pas. du man. B.
NOTES
premier de ces moyens que le Lolita vistara énumère ailleurs ^ est dânam, « l'aumône ou « la bienfaisance. » Le second est priyavatchanam , « un langage agréable ; » cette qualité n'a pas plus besoin d'explication que la précédente. Le Vocabulaire peniaglotte, qui reproduit également l'énumération de ces termes sous la section XVII, a ici priyavâditâ , littéralement « la qualité d'avoir un langage agréable. » Le troisième élément est artliakriyâ, littéralement n l'exécution de l'avantage , du bien , » c'est-à-dire l'exécution de ce qui doit servir au bien des créatures; le Vocabulaire pentaglotte a ici arthatcharyâ , « la pratique du bien, » ce qu'il faut sans aucun doute entendre dans le même sens que arthakriyâ. Le quatrième élément est samânârthatà , <i la qualité d'avoir un bien commun, n ou selon la version tibétaine, la communauté des biens. Ce mérite ne doit pas être entendu des biens temporels , mais , d'une manière beaucoup plus générale , du bien ou de l'avantage des êtres que le Buddha se donne la mission de sauver. Or il y a entre lui et les créatures communauté de biens ou d'avantages, puisque c'est à la délivrance déjà obtenue par lui-même qu'il cherche à les conduire. Il résulte de ce qui précède que les mérites compris sous le titre commun à! éléments de la bienveillance sont des qualités accessoires d'un Buddha, qualités qui résument brièvement l'ensemble de ses rapports extérieurs avec les êtres.
Les dix-huit conditions d'un Buddha dites homogènes.] Voyez ci-dessus, chap. in, f. 87 a, p. 362 , le renvoi au n" IX de Y Appendice, et lisez, « dites indépendantes. »
L'univers nommé Dévasôppâna.] Les deux manuscrits de M. Hodgson lisent plus correctement Dêvasôpâna, ce qui veut dire « escalier des Dêvas. » Cette idée d'un escalier à l'aide duquel on monte aux cieux , se présente , comme on sait , dans la vie même de Çâkyamuni 2.
f. \Uo l>- Soixante fois cent Yôdjanas de hauteur.] Les deux manuscrits de M. Hodgson lisent " soixante Yôdjanas, » ce qui est déjà suffisamment merveilleux.
f. i42 a. Ceux de ces Bôdhisattvas qui avaient été anciennement des Çrâvakas.] Ceci est peut-être inexact; il faut lire , " ceux de ces Bôdhisattvas qui avaient à leur tête des Çrâvakas; » c'est du moins ce sens qui me paraît le mieux convenir à cette expression du texte , je çrâvakapûrva bôdhisattvâh.
f. i42 b. Elle a saisi et les lettres et le sens des discours des Tathâgatas.] Le texte se sert de l'expression tathâgata bhâchita vjandjanârthôdgrahaiia; si l'on n'admet pas la légitimité du sens de lettre que j'ai essayé d'attribuer au mot vyahdjana, ci-dessus, chap. i, f. 11 a, p. 33o, on traduira, « elle a saisi les caractères et le sens, etc. »
Douée de la perfection d'une beauté souverainement aimable.] Le texte se sert ici de l'expression paramayâ çubhavarnapuchkalatayâ samanvâgatâ , qui se retrouve presque mot pour mot dans les livres des Buddhistes du Sud. J'en rencontre un exemple dans le Sôna-
^ Lalila vistara, chap. v, init. f. 25 a du man. A, et f. 28 a du man. B. — - Foe koue ki, p. 1 2I1.