CHAPITRE XII
f. b. Que Bhagavat modère son ardeur.] Le texte se sert ici de l'expression alpôtsuka, qui appartient également aux livres pâlis du Sud, ainsi que je le remarque dans cette phrase du Thûpa vamsa: appôssakatam âpadjdjamânô , « éprouvant une diminution de zèle, » Les Tibétains n'ont pas traduit assez exactement le terme à' alpôtsuka, en le rendant par « peu « de miséricorde. » Lorsque Çâkyamuni parvenu à la science parfaite , hésite s'il la communiquera aux hommes , le Lalita vistara s'exprime ainsi : yannvaham alpôtsakavihâréiiâiva viharêyam, ce qui signifie, « si je me contentais de rester avec peu de zèle, » et non « peu « de miséricorde^; >■ et plus bas : tathâgatasya alpôtsukatâyâi tchittaih natam na dharmadêçanâyâm^ « l'esprit du Tathàgata incline à avoir peu de zèle, » et non « à enseigner la loi. »
Privés de foi.] Lisez, « privés d'intelligence, n'ayant pas beaucoup de pénétration. »
f. i45 a. Dont les uns étaient Maîtres.] Voyez ci-dessus, chap. i, f. 2 a, p. agô.
f. 1^7 h. St. 6. Les six connaissances surnaturelles.] J'ai remarqué que notre texte compte tantôt cinq ahhidjnâs, et tantôt six, clans une note consacrée aux connaissances surnaturelles, ci-dessus, chap. v, f. a, p. 879, et Appendice , n° XIV. Cette stance et celles qui suivent jusqu'à la fin du chapitre forment un des morceaux les plus caractéristiques de la dernière moitié du Lotas de la lonne loi. L'expression de « la fin du Kalpa » qui y revient si souvent, l'annonce des mauvais traitements que doivent souffrir les prédicateurs de la loi , la nécessité où ils se verront d'abandonner leu<rs monastères , tout cela forme le tableau , peu poétique il faut l'avouer, mais suffisamment expressif des persécutions qu'éprouvèrent les sectateurs du Buddha avant de quitter l'Inde centrale , où nous les trouvons encore nombreux et puissants au iv" siècle de notre ère. Je ne puis croire que cette partie du Lotus ait été écrite pendant l'époque la plus florissante du Buddhisme; au contraire il est naturel de penser qu'elle porte la trace de souvenirs pénibles pour les disciples de Çâkya, et on doit conclure qu'elle a été rédigée hors de l'Inde, ou au moins pendant le temps de la lutte où les Brahmanes sont restés vainqueurs. De pareilles descriptions des misères qui sont réservées aux Buddhistes après la mort de Çâkya , sont assez fréquentes dans les livres du Nord; je ne me souviens pas au contraire d'en avoir rencontré de ce genre dans ceux du Sud. Voyez du reste ci-dessus, chap. m, f. Sg b, p. 366 et 367.
^ Lalita vistara, f. 2oh b de mon man. A; Rgja tch'er roi pa, t. II, p. 368.