‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 228 sur 283 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Les Lôkâyatikas.] Il n'y a pas de raison de croire que ce terme désigne chez les Bud- f. lAg « dhistes autre chose que la secte connue chez les Brahmanes pour se rattacher à la doctrine athéiste des Tchârvâkas. Le pâli pourrait suggérer ici une autre interprétation ; comme lôkâyata y signifie « histoire fabuleuse, roman ^, » il serait permis de supposer que les Lôkâyatikas de notre Lotas désignent les auteurs ou les lecteurs de pareils ombrages, dans lesquels les passions et les affaires du monde forment le sujet principal.

St. 4. Et que ne pensant qu'aux Arhats.] La comparaison des manuscrits de M. Hodgson f. i5o a avec celui de la Société asiatique me donne le moyen de rectifier cette traduction avec certitude : « et les Religieux estimés des Arhats ; qu'il fuie , etc. »

St. 5. Et les Jidèles connus pour ne pas être fermes dans h devoir.] Tel est le sens que j'avais cru pouvoir tirer du texte manifestement altéré de la Société asiatique. Mais depuis , un des manuscrits de M. Hodgson m'a fourni une leçon intelligible avec un sens plus satisfaisant; il faut donc substituer à la phrase finale de la stance la traduction qui résulte de cette nouvelle leçon : « et qu'il évite les fidèles assises dans un chariot. «

St. 11. Les musiciens.] C'est par conjecture que je donne ce sens au mot du texte f. i5o 6 rïllaka, que nos trois manuscrits reproduisent de la même manière. Ce mot doit avoir de l'analogie avec celui de riUari qui désigne certainement un instrument de musique , cidessus, chap. II, f. 3i 6, p. 359. Cependant si la substitution d'un djha au rï initial de ce mot devenait nécessaire, il faudrait lire djhallaka et traduire par «joueur de bâton, u du sanscrit djhalla.

Qui sont arrivés à l'état de Buddha.] Lisez, « qui sont partis pour l'état de Buddha. » f. ibh h

Et que, dans son contentement , il donne également.] Le mot que je traduis par également f. i55 h est samânah, pour lequel je suis l'autorité du sanscrit classique, au moins quant au sens spécial de samâna, « uniforme, égal. » Mais je doute aujourd'hui de l'exactitude de cette interprétation, et je soupçonne que le samâna que nous trouvons ici et qui se répète plusieurs fois dans le cours de cette parabole, est employé comme le même mot en pâli, c'est-à-dire à la place du participe présent san, « étant, » dont il serait grammaticalement

' Abhidhâna ppadipikâ, 1. I , chap. n , sect. 2 , st. 8 ; Clough , p. 1 3.

NOTES

la forme moyenne. Je remarque en effet que samâna ne se rencontre jamais qu'après des adjectifs, exactement à la place où paraît san dans le style des commentateurs brahmaniques. En voici un exemple très -caractéristique que j'emprunte au Sâmannaphala sutta, dont on trouvera la traduction au n° II de Y Appendice. Le roi Adjâtaçatru rappelant que des Brahmanes réputés savants n'ont pas pu répondre à une question qu'il leur avait proposée, s'exprime ainsi : Kaihafh hi nâma sanditthikam sâmannaphalam puHhô samânô vikkhépam vyâkarissati. « Comment étant interrogé sur le résultat général et prévu , exposera-t-il « une doctrine de perplexité^? >• J'en ajoute ici une seconde preuve: un jeune homme dont les parents sont tombés dans la misère, vient d'entendre de la bouche de Çâkyamuni l'exposition du Satta qui a pour titre Mâtapôsaka, « celui qui nourrit sa mère, » et touché de la morale charitable qui en îorme le but, il se dit à lui-même : Idânim pana pahbadjdjitô samâno mâtâpitarô pôsissâmi. « Mais aujourd'hui étant Religieux , je nourrirai mes pa- « rents^. » Ici samânô signifie sans aucun doute étant, et la glose barmane ne laisse sur ce point aucune incertitude, puisqu'elle remplace ce terme pâli par phratch lyak, « si je suis, " étant. " Le doute n'est pas plus possible en ce qui touche l'exemple suivant que j'emprunte au Sônadaiida sutta : Samânô khala hhô gôtamô daharô samânô susukâlakésô bhadréna yôbhanéna samannâgatô pathamêna vayasâ agârasmâ anagâriyam pahhadjdjiiô. « Certainement « le Samana Gôtama , étant tout jeune , ayant les cheveux parfaitement noirs , étant doué d'une «jeunesse fortunée, est sorti de la maison dans la fleur de l'âge, pour se faire Religieux^. » Il paraît même qu'on rapprochait volontiers samâna à la forme moyenne de santa à la forme active; car je trouve dans la curieuse dispute du jeune Ambhattha, disciple de Pôkkharasâdi , avec Çâkyamuni , la phrase suivante où il reproche aux Çâkyas de ne pas honorer les Brâhmanes : Ihhhâ santâ ibbhâ samânâ na biâhmanô sakkarônti. « Etant riches, se « trouvant riches, ils ne traitent pas honorablement les Brâhmanes*. « Si cette forme curieuse était reconnue authentique, ce serait un fait nouveau à ajouter au chapitre déjà si riche de M. Bopp, sur la théorie des participes dans les langues ariennes^. VAbhidhâna ppadipikâ confirme du reste cette explication de samâna, sinon au point de vue grammatical, du moins quant au sens, puisqu'aux significations de semblable, seul, qu'il assigne à samâna, il ajoute celle de santé (pour le sanscrit sati) , « étant, existant » 11 est vrai qu'en comparant Y Abhidhâna ppadipikâ avec Y Amarakocha , on pourrait interpréter santé par vertueux ^; cependant Clough ne donne pas ce sens. J'ajouterai pour l'intelligence du dernier exemple cité, que le pâli ibbha doit répondre au sanscrit ibhya, « riche, opulent, » que Weber a cité d'après le Tchhândôgya upanichad^ .

St. 60. // les voit assis sur un trône.] J'avais suivi la leçon du seul manuscrit que je

' Sâmannaphala sutta, dans Dîgh. nife. f. 16 a. - Siivannasâma djâtaha, man. Bibl. nat. f. 6 b, p. 43 de ma copie.

' Sônadanda, dans Dîgh. nik. f. 33 b.

* Ambhattha sutta, dans Dîgh. nih. f. 24 6.

■ Vergleich. Grammatik,^). 1100 et suiv.

Abhidhâna ppadipikâ, i. III, chap. tu, st. i38; Clough, p. 120.

' Amarakocha, i. III, chap. iv, sect. 18, st. i3o; Wilson, Sanscr. Dict. au mot samâna.

' Tchhând. upanich. dans Roer, Bihl. Ind. t. II, p. 80 ; Weber, Ind. Stud. t. I, p. 255 et 476.

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