‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 244 sur 283 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

f. 2^2 6. Ces Bôdhisattvas , ô fils de famille, sont intelligents.] J'ai traduit d'après mes quatre manuscrits ce passage dont voici le texte original : udghâtitadjnd hi kulaputtra été hôdhisattvâ api tvayam saddharmapundarikô dharmaparyâyô yad utâsambhinnatathatâ ; le manuscrit de Londres lit à tort yad utâsamhhinnataihâgatê . Mais il faut croire que la version tibétaine se rapporte à un texte plus étendu, ou peut-être qu'elle résulte de la combinaison d'un commentaire avec le texte , car elle est certainement plus développée que l'original sanscrit. Le mot udghâlitadjna existe aussi cbez les Buddhistes de Ceylan, sous la forme de uggatitannu, et il y signifie « intelligent. » Voici un passage du Nidâna vagga, qui en indique suffisamment la signification : Yassa puggalassa saha udâhaiavélâya dhammâbhisamayô hôti ayam vutchtchati puggalô agghaiitannu. «La personne pour laquelle a lieu la compré- " hension de la loi, au moment même où elle est exposée, cette personne se nomme in- « telligente ^ » A voir le choix qu'a fait le commentateur du mot adâhata, qui revient au sanscrit udâhrïta, « exposé, » il semblerait qu'il veut y rattacher étymologiquement ugghatita, qui cependant vient du sanscrit udghâtita. Je rends le mot ahhisamaya, comme s'il était synonyme de samaya, qui en pâli a le sens de pativêdha, «pénétration, compré- « hension profonde « D'après Turnour, ce mot aurait un sens plus religieux , car il le rend par l'expression un peu vague de « l'état de sanctification ^. » C'est dans un sens analogue , mais avec une netteté préférable que Spiegel rend dhammâhhisamaya par « conversion à « la loi*. » Ce sens irait très-bien à des passages comme ceux-ci : désanâpariyôsâné anékésam pânakôtisatasahassânam dhammâbhisamayô ahôsi, « quand l'enseignement fut terminé , « plusieurs centaines de mille de Kotis d'êtres vivants furent converties à la loi ^. »

f. 2ii3 a. Vers l'endroit où se promènera.] Il faut dire plus littéralement, « vers le tournant de sa « promenade , » c'est-à-dire vers le lieu où , touchant au point extrême de l'endroit qu'il parcourt de long en large, il va revenir sur ses pas. C'est là du moins le sens que me paraît avoir le composé tchagkrama katim. Je le trouve avec cette signification dans les textes de Ceylan, sous la forme du pàli tchagkama kôii, « au bout de la promenade *>. » Seulement il doit exister entre ces deux mots la nuance suivante : kaii en sanscrit signifie « courbure, coude, « et kôti, « pointe, extrémité; » il y a lieu de croire que ces significa-

' Nidâna vagga, f. 2 b. Journ. asiat. Soc. of Bengal, t. VII, 2' part. p. 799. - Abliidhâna ppadipikâ,\. III, chap. m, st. 2; '' Spiegel, Kammavâhja, p. 28.

Ciough, p. 106. ^ Maliâvamsa tîhà, f. 3o b.

Turnour, Examin. of Pâli Buddii. Annals, dans ^ Bhûridatta djâtaka, f. 34 b, man. de Londres.

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