‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 40 sur 283 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

chant de la nourriture et des vêtements, il se trouve insensiblement porté à l'endroit où est située la maison de son père.

14. L'homme fortuné, cependant, possesseur de grandes richesses, était assis à sa porte sur un trône , entouré de plusieurs centaines de personnes ; un dais était suspendu en Yair, au-dessus de sa tête.

15. Des hommes qui ont sa confiance sont debout auprès de lui; quelques-uns comptent ses biens et son or ; d'autres sont occupés à tenir des écritures ; d'autres perçoivent des intérêts et des revenus.

16. Alors le pauvre voyant la demeure splendide du maître de maison : Comment suis-je donc venu ici? [dit-il;] cet homme est le roi, ou le ministre du roi.

17. Ail! puisié-je n'avoir commis aucune faute [en venant ici]! Puissé-je ne pas être pris et mis en prison! Plein de cette pensée, il se met à fuir, en demandant oii est le chemin des pauvres.

18. Mais le père, assis sur son trône, reconnaît son propre fils qui vient d'arriver; il envoie des coureurs à sa poursuite : Amenez-moi ce pauvre homme.

19. Aussitôt le pauvre est saisi par les coureurs; mais à peine est-il pris, qu'il f. 65 a. tombe en défaillance. Certainement, [se dit-il,] ce sont les exécuteurs qui me saisissent; à quoi bon penser aujourd'hui à de la nourriture ou à des vêtements?

20. A la vue de son fils, le riche prudent se dit : Cet homme ignorant, faible d'esprit, plein de misérables inclinations , ne croira pas que toute cette splendeur est à lui; il ne se dira pas davantage : Cet homme est mon père.

21. Le riche, alors, envoie auprès du^auvre plusieurs hommes boiteux, borgnes, estropiés, mal vêtus, noirs, misérables : Engagez, [leur dit-il,] cet homme à entrer à mon service.

22. L'endroit où l'on jette les ordures de ma maison est puant et infect; il est rempli d'excréments et d'urine; travaille à le nettoyer, je te donnerai double salaire, [dit l'homme riche au pauvre.]

23. Ayant entendu ces paroles, le pauvre vint, et se mit à nettoyer l'endroit indiqué; il fixa même là sa demeure, dans une hutte de chaume près de la maison.

24. Cependant le riche, occupé sans cesse à regarder cet homme par les fenêtres ou par un œil-de-bœuf, [se dit:] Cet homme aux inclinations misérables est mon fils, qui nettoie fendroit où l'on jette les ordures.

25. Puis il descend, prend un panier, et se couvrant de vêtements sales, il se présente deA^ant le pauvre, et lui adresse ce reproche: Tu ne fais pas ton ouvrage.

26. Je te donnerai double salaire, et une double portion d'huile pour frotter f. 65 b. tes pieds; je te donnerai des aliments avec du sel, des légumes et une tunique.

27. C'est ainsi qu'il le gourmande en ce moment; mais ensuite cet homme

prudent ie serre dans ses bras [en lui disant] : Oui, tu fais bien ton ouvrage ici; tu es certainement mon fils, il n'y a là aucun doute.

28. De cette manière, il ie fait peu à peu entrer dans sa maison, et il fy emploie à son service; et au bout de vingt années complètes, il parvient à lui inspirer de la confiance.

29. Le riche, cependant, cache dans sa maison son or, ses perles, ses pierres précieuses; il fait le calcul de tout cela, et pense à toute sa fortune.

30. Mais fhomme ignorant qui habite seul dans la hutte en dehors de la maison, ne conçoit que des idées de pauvreté : Pour moi, [se dit-il,] je n'ai aucune jouissance de cette espèce.

31. Le riche connaissant ses dispositions [nouvelles, se dit^ : Mon fils est arrivé à concevoir de nobles pensées. Puis ayant réuni ses parents et ses amis, il leur dit : Je vais donner tout mon bien à cet homme.

32. En présence du roi, des habitants de la ville et du village, ainsi que d'un grand^ nombre de marchands réunis, il dit à celte assemblée : Celui-là est mon fils, ce fils que j'avais depuis longtemps perdu.

33. Il y a déjà, [depuis cet événement,] cinquante années complètes, et j'en ai vu encore vingt autres depuis; je fai perdu pendant que j'habitais telle ville, et c'est en le cherchant que je suis arrivé ici.

f. 66 a. 34. Cet homme est le propriétaire de toute ma fortune; je lui ai donné tout sans exception : qu'il fasse usage des biens de son père, selon qu'il en aura besoin; je lui donne toutes ces propriétés.

35. Mais cet homme est frappé de surprise en songeant à son ancienne pauvreté, à ses inclinations misérables et à la grandeur de son père. En voyant toute cette fortune, il se dit : Me voilà donc heureux aujourd'hui!

36. De la même manière, le Guide [du monde] qui connaît parfaitement nos misérables inclinations, ne nous a pas fait entendi^e ces paroles : Vous deviendrez des Buddhas, car vous êtes des Çi'âvakas, mes propres enfants.

37. Et le Chef du monde nous excite : Ceux qui sont arrivés, [dit-il,] à fexcellent et suprême état de Bôdhi,jeleur indique, ô Kâçyapa, la voie supérieure que Ton n'a qu'à connaître pour devenir Buddha.

38. Et nous, que le Sugata envoie vers eux, de même que des serviteurs, nous enseignons la loi suprême à de nombreux Bôdhisattvas doués d'une grande énergie, à faide de myriades de kôtis d'exemples et de motifs.

39. Et après nous avoir entendus, les fils du Djina comprennent cette voie éminente qui mène à fétat de Buddha; ils entendent alors l'annonce de leurs destinées futures: Vous serez, [leur dit-on,] des Buddhas dans ce monde.

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