‹ Le lotus de la bonne loiChapitre 48 sur 283 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

50. Célèbrent diverses espèces de véhicules, mais le véhicule du Buddha est le seul réel. Quand on ignore ce que c'est que la roue de la transmigration , on ne connaît pas le Nirvâna.

51. Mais celui qui reconnaît que les lois sont vides et privées d'une essence propre, pénètre à fond l'état de Bôdhi qui appartient aux Bienheureux parfaitetement Buddhas.

52. Une sagesse intimement inhérente [à celui qui la possède], c'est ce qu'on nomme un Djina individuel; le Çrâvaka se reconnaît k ce qu'il est privé de la connaissance du vide.

53. Mais le Buddha parfaitement accompli est celui qui pénètre toutes les lois; aussi emploie-t-il des centaines de moyens pour enseigner la loi aux créatures.

54. C'est comme si un aveugle de naissance, ne voyant ni le soleil, ni la lune, ni les constellations, ni les étoiles, disait dans son ignorance : Il n'existe absolument pas de formes.

55. Mais qu'un grand médecin éprouve de la compassion pour cet aveugle de naissance, et que s'étant rendu dans l'Himavat, il traverse la montagne, et en visite les vallées et les sommets.

56. Qu'il rapporte de cette montagne les quatre plantes dont la première est celle qui possède toutes les couleurs et toutes les saveurs, et qu'il les emploie comme médicament.

57. Qu'il les fasse prendre à l'aveugle de naissance, l'vme après l'avoir broyée avec ses dents, l'autre après l'avoir pilée, l'autre en l'introduisant dans son corps avec la pointe d'une aiguille.

58. Qu'ayant recouvré la vue, cet homme voie le soleil, la lune, les constellations et les étoiles ; et qu'il reconnaisse qu'il n'a parlé , comme il faisait auparavant, que par ignoi'ance.

59. De même, aveuglés dès leur naissance par la grande ignorance, les êtres sont condamnés à la transmigration; ne connaissant pas la roue de la production des causes et effets, ils entrent dans la voie de la douleui\

60. De même le Meilleur des êtres, le Tathâgata qui sait tout, naît, plein de compassion comme le grand médecin, dans le monde troublé par l'ignorance.

61. Habile dans l'emploi des moyens, le Précepteur [du monde] expose la bonne loi; il enseigne l'état suprême de Bôdhi à celui qui est entré dans le premier des véhicules.

62. Le Guide [des hommes] expose une science moyenne à celui qui n'a qu'une moyenne sagesse; il enseigne un autre état de Bôdhi pour celui qui est épouvanté par la transmigration.

63. Le Çràvaka intelligent qui est sorti de l'enceinte des trois mondes, se dit alors : J'ai atteint le pur, le fortuné Nirvana. Ce n'est cependant que par la con-

1". 78 b. naissance de toutes les lois que s'acquiert le Nirvana immortel.

64. Mais c'est alors comme quand les grands Rïchis, dans leur compassion pour . l'aveugle, lui disent : Tu es un insensé, ne crois pas avoir acquis la science.

65. Car quand tu es assis dans l'intérieur de ta maison, tu ne peux, à cause de la faiblesse de ton intelligence , connaître ce qui se passe au dehors.

66. Ce que fait ou ce que ne fait pas un homme renfei'mé dans f intérieur [de sa maison] , tu ne le sais pas aujourd'hui en le regardant du dehors; comment donc, avec aussi peu d'intelligence, peux-tu dire que tu sais?

67. Tu es incapable d'entendre ici la voix [d'un homme qui parlerait] à la distance de cinq Yôdjanas; à bien plus forte raison, tu ne peux entendre une voix qui viendrait de plus loin.

68. Tu es hors d'état de reconnaître ceux qui ont pour toi des dispositions bienveillantes ou hostiles; d'où te vient donc cet orgueil?

69. S'il te faut aller seulement à la distance d'un Rrôça, tu ne peux te passer de tes pieds ; tu as complètement oublié ce que tu as fait dans le sein de ta mère.

70. Celui qui possède les cinq connaissances surnaturelles, est le seul qui s'appelle en ce monde, Celui qui sait tout; mais toi, qui ne sais absolument rien, c'est par erreur que tu dis : Je sais tout.

71. Si tu désires fomniscience, mets-loi en possession des connaissances surnaturelles ; et pour en obtenir la possession , médite , retiré dans le désert , sur la loi qui est pure; c'est ainsi que tu acquerras les connaissances surnaturelles.

72. Cet homme adopte donc ce parti, et, retiré dans le désert, il médite avec recueillement; et bientôt, doué des qualités convenables, il a acquis les cinq connaissances surnaturelles.

1'. 7g a. 73. De la même manière tous les Çràvakas s'imaginent qu'ils ont atteint le Nirvana; mais le Djina les instruit en disant : Ce n'est là qu'un [lieu de] repos, ce n'est pas là le Nirvâna.

74. Quelque doctrine que les Buddhas enseignent, c'est un effet des moyens dont ils disposent : il n'y a pas de Nirvana sans omniscience; c'est à fomniscience qu'il faut s'appliquer.

75. La science infinie des trois voies [du temps], les cinq perfections accomplies, le vide, f absence de toute cause, f absence de tout objet ;

76. L'idée de fétat de Bôdhi, ainsi que les autres lois qui conduisent au Nirvâna, celles qui sont parfaites , comme celles qui ne le sont pas, qui sont calmes et semblables à f espace ;

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