CHAPITRE VIII
24. Là des Bôdhisattvas pleins d'application et montés sur d'excellents chars divins, habiteront cette terre, livrés à la méditation, purs de mœm's, et sans cesse occupés de bonnes œuvres.
25. Après avoir entendu la loi de la bouche du Meilleur des hommes, ils ii-ont sans cesse dans d'autres terres ; et honorant des milliers de Buddhas , ils leur rendront un culte étendu.
26. Puis, en un instant, ils reviendront dans la terre de ce Guide [du monde] nommé Prabhâsa, du Meilleur des hommes; tant sera grande la force de leur conduite.
27. La durée de l'existence de ce Sugata sera de soixante mille Kalpas entiers; f- ^• et quand le Protecteur sera entré dans le Nirvana complet, sa bonne loi durera
deux fois autant de temps dans le monde.
28. Et l'image de cette loi durera encore pendant trois fois autant de Kalpas; et quand la bonne loi de ce Protecteur sera épuisée , les hommes et les Maruts seront malheureux.
29. [Après lui] paraîtront cinq cents Guides [du monde ] portant en commun avec ce Djina le nom de Samantaprabha ; ces Buddhas , les meilleurs des hommes, se succéderont les uns aux autres.
30. Tous habiteront un pareil système de monde; ils aui^ont tous une même puissance due aux mêmes facultés surnaturelles, une terre de Buddha pareille, une pareille assemblée , une même bonne loi, et cette bonne loi durera pour tous autant de temps.
31. Leur voix se fera également entendre dans le monde réuni aux Dêvas, de même que celle de Samantaprabha, du Meilleur des hommes, ainsi que je l'ai dit précédemment.
32. Pleins de bonté et de compassion , ils s'annonceront successivement les uns aux autres leurs destinées futures; c'est ainsi que doit aiTiver, immédiatement après moi, ce que je dis aujourd'hui à tout l'univers.
33. Voilà, ô Kâçyapa, comme tu dois considérer ici en ce jour ces Auditeurs qui ne sont pas moins de cinq cents , aussi bien que mes autres Çrâvakas , parvenus à la puissance; expose également ce sujet aux autres Çrâvakas.
Alors ces cinq cents Arbats, ayant entendu de la bouche de Bhagavat la prédiction qui leur annonçait qu'ils parviendraient un jour à l'état suprême f- ii5 «■ de Buddha parfaitement accompli, contents, satisfaits, joyeux, l'esprit transporté, pleins de joie, de satisfaction et de plaisir, se rendirent à Tendroit où se trouvait Bhagavat, et, s'y étant rendus, ils parlèrent ainsi, après
avoir salué ses pieds en les louchant de la tête : Nous confessons notre faute , ô Bhagavat , nous qui nous imaginions sans cesse dans notre esprit que nous pouvions dire : « Voici pour nous le Nirvana complet, nous sommes arrivés « au Nirvana complet ; » c'est , ô Bhagavat , que nous ne sommes pas éclairés, que nous ne sommes pas habiles, que nous ne sommes pas instruits comme il faut. Pourquoi cela ? C'est que , quand il nous fallait arriver à la perfection des Buddhas dans la science du Tathâgata, nous nous sommes trouvés satisfaits de la science ainsi limitée que nous possédions.
C'est, ô Bhagavat, comme si un homme étant entré dans la maison de son ami , venait à y tomber clans l'ivresse ou dans le sommeil , et que son ami attachât à l'extrémité du vêtement de cet homme un joyau ou un diamant du plus grand prix, en disant: Que ce joyau inestimable lui appartienne ! Qu'ensuite , ô Bhagavat, l'homme [endormi] s' étant levé de son siège, se mette en marche ; qu'il se rende dans une autre partie du pays ; là qu'il éprouve des malheurs, qu'il ait de la peine à se procurer de la nourriture et des vêtements, et que ce ne soit qu'avec de grandes difficultés qu'il obtienne de se procurer si peu de nourriture que ce soit; que ce qu'il trouve lui suffise , qu'il s'en contente et en soit satisfait. Qu'ensuite, ô Bhagavat, l'ancien ami £ ii5 6. de cet homme, celui par qui a été attaché à l'extrémité de son vêtement ce joyau inestimable, vienne à le revoir et qu'il lui parle ainsi : D'où vient donc , ami , que tu éprouves de la difficulté à te procurer de la nourriture et des vêtements, quand, pour te rendre l'existence facile, j'ai attaché et placé à l'extrémité de ton vêtexiient un joyau inestimable, propre à satisfaire tous tes désirs, et quand je t'ai donné, ami, ce joyau.*^ C'est par moi, ami, que ce joyau a été attaché à l'extrémité de ton vêtement. Comme tu ignores cela , tu dis : Est-ce que ce joyau a été attaché pour moi.^^ par qui l'a-t-il été? pour quelle raison et pour quel motif l'a-t-il été.^^ Tu es, ami, un véritable enfant, toi qui, cherchant avec peine à te procurer de la nourriture et des vêtements, te contentes de cette existence. Va, ami, et, prenant ce joyau, retourne sur tes pas; rends-toi dans la grande ville, et, avec fargent que tu en auras retiré , fais tout ce que l'on fait avec de l'argent.
De même aussi, ô Bhagavat, quand jadis le Tathâgata remplissait les devoirs de la conduite imposée à un Bôdhisattva , il produisait même en nous des pensées d'omniscience; et ces pensées, ô Bhagavat, nous ne les connaissions pas , nous ne les savions pas. C'est pour cela, ô Bhagavat,