CHAPITRE XI
pendant des milliers de kôtis de Kalpas complets, et cependant il ne pouvait arriver à posséder le Sûtra désigné par le nom de la loi.
Comment comprenez-vous cela, ô Religieux? Est-ce que ce roi était, en ce temps-là, à cette époque , un autre [ que moi]? Il ne faut pas avoir cette opinion. Pourquoi cela? C'est que c'était moi qui, en ce temps-là, à cette époque, étais ce roi. Serait-ce, en outre, ô Religieux, que ce Rïchi était en ce tempslà, à cette époque, un autre personnage [ que l'un de ceux qui sont ici] ? Il ne faut pas avoir cette opinion. Pourquoi cela? C'est que c'était le Religieux Dêvadatta, qui en ce temps-là était ce Rïchi. Car Dêvadatta, ô Religieux, était mon vertueux ami. C'est après m'être rendu auprès de Dêvadatta, que j'accomplis les six perfections. La grande charité, la grande compassion, le grand contentement, la grande indifférence, les trente-deux caractères dis- f. i/jo a. tinctifs d'un grand homme, les quatre-vingts signes secondaires, la splendeur qui se répand à la distance d'une brasse, l'éclat semblable à la couleur de l'or, les dix forces, les quatre intrépidités, les quatre richesses de l'accumulation, les^ dix-huit conditions d'un Ruddha dites homogènes, la force de la grande puissance surnaturelle, le pouvoir de sauver les êtres dans les dix points de l'espace, tout cela me fut donné, après que je me fus rendu auprès de Dêvadatta. Je vais vous parler, ô Religieux, je vais vous instruire : oui, dans un temps à venir, après un nombre incommensurable de Kalpas, le religieux Dêvadatta sera le Tathâgata nommé Dêvarâdja, vénérable, etc., doué de science et de conduite, etc. Il paraîtra dans l'univers nommé Dêvasôppâna.' La durée de la vie de ce Tathâgata sera, ô Religieux, de vingt moyens Kalpas. Il exposera la loi en détail; il fera voir, face à face, l'état d'Arhat à des créatures en nombre égal à celui des sables du Gange , en leur faisant éviter toutes les corruptions [du mal]. Reaucoup d'êtres concevront [par ses soins] la pensée de l'état de Pratyêkabuddha , et des créatures en nombre égal à celui des sables du Gange , concevront celle de l'état de Ruddha parfaitement accompli , et elles obtiendront la patience qui ne se détourne pas du but. Lorsque le f. i^o b. Tathâgata Dêvarâdja sera entré dans ie Nirvâna complet , sa bonne loi subsistera pendant vingt moyens Kalpas. On ne verra pas son corps divisé en plusieurs parties, sous forme de reliques; mais il subsistera en son entier, enfermé dans un Stûpa fait des sept substances précieuses, et ce
Stûpa aura soixante fois cent Yôdjanas de hauteur et quarante Yôdjanas de circonférence. La totalité des De vas et des hommes rendront un culte à ce Stûpa; ils lui offriront des fleurs, de l'encens, des parfums, des guirlandes de fleurs, des substances onctueuses, des poudres odorantes, des vêtements, des parasols, des drapeaux, des étendards, des hymnes et des chants. Ceux qui tourneront autour de ce Stûpa en le laissant à leur droite , ou qui s'inclineront devant lui, obtiendront ce résultat suprême, les uns de voir face à face l'état d'Arhat, les autres d'arriver à l'état de Pratyêkabuddha; et un nombre immense et inconcevable de Dêvas et d'hommes, après avoir conçu la pensée de l'état suprême de Buddha parfaitement accompli , deviendront incapables de retourner en arrière.
Ensuite Bhagavat s'adressa de nouveau à l'assemblée des Religieux : Le fils ou la fille de famille, ô Religieux, qui, dans l'avenir, écoutera ce chapitre du Sûtra nommé le Lotus de la bonne loi , et qui , après l'avoir écouté , ne concevra plus de doute, n'éprouvera plus d'incertitude, et qui, avec un
1. i/u a. esprit pur, y aura confiance, celui-là verra se fermer pour lui l'entrée des trois mauvaises voies de l'existence. Il ne descendra pas aux renaissances qui ont lieu dans le monde de Yama, dans des matrices d'animaux, ou dans l'Enfer. Renaissant dans une des terres de Buddha situées aux dix points de l'espace, il entendra ce Sûtra pendant plusieurs existences successives; et quand il renaîtra dans le monde des hommes ou des Dêvas, il obtiendra d'y occuper un rang éminent. Dans quelque terre de Buddha qu'il renaisse, il y viendra miraculeusement au monde sur un lotus fait des sept substances précieuses, en présence d'un Tathâgata.
En ce moment le Bôdhisattva nommé Pradjnâkûta, qui était venu de la partie de l'espace qui est sous la terre , de la terre de Buddha du Tathâgata Prabhûtaratna , s'adressa ainsi à ce Tathâgata même : Partons, ô Bienheureux, pour notre terre de Buddha. Mais le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni s'adressa ainsi au Bôdhisattva Pradjiïâkûta : Approche un instant, ô fils de famille, pour discuter un peu sur la loi avec mon Bôdhisattva Mahâsattva Maiîdjuçrî , qui est devenu Kumâra ; après cela tu pourras retourner dans ta propre terre de Buddha. Alors, en cet instant même, Mahdjuçrî devenu Kumâra, assis sur un lotus à cent feuilles, large comme
{. ilii b. la roue d'un char, entouré et suivi par un grand nombre de Bôdhisattvas , étant sorti du milieu de l'océan , du palais de Sâgara , roi des Nâgas , s'élança