CHAPITRE XIV
34. Soyez tous pleins de fermeté et de mémoire; restez totis dans un parfait recueillement; il vous faut aujourd'hui entendre une loi dont vous n'avez pas oui palier auparavant, jme loi qui fait l'étonnement des Tathâgatas.
35. Qu'aucun de vous ne conçoive de doute; car cest moi-même qui vous f- '65^ donne la plus ferme assurance; je suis le Guide [des hommes] qui ne parie pas
contre la vérité, et ma science est incalculable.
36. Le Sugata connaît les lois profondes, supérieures au raisonnement et dont il n'existe pas de mesure; ce sont ces lois que. je vais vous exposer; écoutez quelles elles sont et conmient elles sont.
Ensuite Bhagavat, après avoir proponcé ces stances, s'adressa ainsi en'ce moment au Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya. Je vais te parler, ô toi qui es invincible, je vais t'instruira. Oui, ces Bôdhisattvas Mahâsattvas. ô toi (Jui es invincible, en nombre immense, incommensurable, inconcevable, incomparable, incalculable, qui n'ont pas été vus par vous auparavant, qui sont sortis des fentes de la terre pour paraître ici, tous ces Bôdhisattvas Mahâsattvas, dis-je, ô toi qui es invincible, après que, dans cet univers, j'ai eu atteint à l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, ont reçu de moi cet état; ils y ont été perfectionnés; ils en ont reçu de la joie; ils y ont été transformés. Ces fils de famille ont été par moi mûris, établis, introduits, confirmés, instruits, perfectionnés dans cet état de Bôdhisattva. Ces Bôdhisattvas Mahâsattvas, ô toi qui es invincible, habitent, dans cet univers Saha, l'enceinte de l'élément de l'éther, située au-dessous de nous. Occupés à comprendre h fond avec leur intelligence, l'objet de f- i66 a. leur lecture et les préceptes qu'ils reçoivent, ces fils de famille n'aiment pas les lieux où se presse la foule ; ils aiment ceux où on n'en rencontre pas; ils ne se débarrassent pas de leur fardeau; ils déploient leur énergie. Ces fils de famille, ô toi qui es invincible, se plaisent dans la distinction; ils sont passionnés pour la distinction. Ces fils de famille ne demandent l'appui ni des hommes ni des Dêvas ; ils aiment une vie éloignée du monde ; ils sont passionnés pour les plaisirs de la loi; ils s'appliquent à la science de Buddha.
Ensuite Bhagavat prononça dans cette occasion les stances suivantes :
37. Ces Bôdhisattvas incommensurables , inconcevables, dont il n'existe pas de mesure, possèdent les facultés surnaturelles, la sagesse l'instruction, et ils se sont exercés à la science pendant de nombreux kôtis de Kaipas.
38. Tous ont été mûris par moi pour l'état de Buddha, et ils habitent dans la terre qui m'appartient; oui, tous ont été mûris par moi, et tous ces Bôdhisattvas sont mes fils.
39. Tous recherchent les déserts et les lieux purs; ils évitent sans cesse les lieux où se rencontre la foule et ils vivent dans les endroits solitaires, ces sages qui sont mes enfants, et qui sont instruits dans la pratique de ma règle excellente.
40. Ils habitent dans l'enceinte de l'éther; leur empire s'étend sur les lieux placés au-dessous de cette terre; là ils passent les jours et les nuits dans le recueillement , occupés à se rendre maîtres de l'excellent état de Bôdhi.
41. Déployant ieur énergie, tous doués de mémoire, se tenant fermes dans la f. i66 b. vigueur de la science qui est incommensurable, ces êtres intrépides exposent la
loi ; tout resplendissants de lumière , ils sont mes enfants.
42. Et tous ont été mûris ici pour l'excellent état de Bôdhi, depuis que je l'ai obtenu moi-même, dans la ville de Gayâ, auprès d'un arbre, et que j'ai fait tourner la roue éminente de la loi.
43. Exempts de toute faute, écoutez tous ma parole, et ayez-y foi : oui, c'est après avoir atteint à l'excellent état de Bôdhi, que tous ont été mûris par moi pour cet état.
Ensuite le Bôdhisattva Mahâsattva Mâitrêya et ces nombreuses cenlaines de mille de myriades de kôtis de Bôdhisattvas , furent frappés d'étonnement et de surprise. Comment se fait-il que, dans l'espace d'un instant, dans un si court intervalle de temps, ces Bôdhisattvas, dont le nombre est si immense, aient été conduits, aient été mûris par Bhagavat dans l'état suprême de Buddha parfaitement accompli ? Alors le Bôdhisattva Maliâsattva Mâitrêya s'adressa ainsi à Bhagavat : Comment, ô Bhagav.at, le Tathâgata qui était Kumâra, après être sorti de Kapilavastu, la ville des Çâkyas, et être parvenu à la suprême et intime essence de l'état dfr Bôdhi, non loin de la ville de Gayâ, a-t-il obtenu l'état suprême d« Buddha parfaitement accompli.^ Il y a aujourd'hui, ô Bhagavat, un peu plus dé quarante ans, depuis [que tu es sorti de ta maison]. Comment donc le Tathâgata a-t-il pu, en si peu de f. 167 fl. temps, remplir les devoirs sans nombre d'un Tathâgata, atteindre à la prééminence d'un Tathâgata, déployer l'héroïsme d'un Tathâgata? Comment a-t-il pu conduire et mûrir dans l'état suprême de Buddha parfaitement accompli, en un si court espace de temps, cette troupe et cette foule de Bôdhisattvas, troupe et foule dont cent mille myriades de kôtis de Kalpas