‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 166 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Sumâgadhâ avadâna^. Quant à Kàchphila, ce mot doit désigner un autre Religieux, sur lequel je n'ai encore trouvé aucun détail.

lime semble que l'on peut rapprocher le nom de Gavâmpati de la. transcription chinoise Kiao fan pa thi, citée dans le Foe koue hi^. Le manuscrit de Londres est le seul qui lise Piîandavatsa; la leçon Filinda est celle des trois autres manuscrits et de là version tibétaine. Je remarquerai encore qu'il faudrait écrire en deux mots Pâma Mâilrâyantpatra, ce qne j'ai écrit en un seul, lorsque j'ignorais encore qu'il y avait plusieurs Pâmas souvent cités dans les livres buddhiques, et que l'on distinguait les uns des autres, soit par le nom de leur père ou de leur mère , soit par quelque autre épithète. Ainsi la seule légende de Pûrna en cite déjà deux^, et le préambule du Lolita vistara en rapporte aussi deux, l'un desquels est le Pâma, fils de Mâitrâyanî, de notre Lotos '^\

Le respectable maître Ananda.] Quand j'ai traduit par maître le mot çâikcha, j'ai suivi f. a a. l'autorité de la version tibétaine qui remplace le mot sanscrit par shb-pa, terme auquel nos dictionnaires tibétains donnent le sens de maître, instituteur. Mais depuis que j'ai trouvé dans le Vocabulaire de Hêmatchandra le terme de qâikcha, qui s'y présente avec le sens de disciple, il me paraît nécessaire de traduire : « le respectable disciple Ananda. » En effet, quoique Hêmatchandra soit un Djâina, il n'est pas supposable que le terme de çâikdfia, inséré par lui dans son vocabulaire sanscrit, y ait un sens diamétralement opposé à celui qu'a dû avoir ce terme pour' les Buddhistes. Il faut introduire le même changement dans la ligne suivante , et au lieu de « dont les uns étaient maîtres et les autres « ne l'étaient pas, » dire, « dont les uns étaient disciples et les autres ne l'étaient plus. » Je ferai remarquer que pour obtenir ce sens dans la dernière phrase citée, je lis çâikchâçâikchâih, com.posé dont la seconde partie est açâikchâik. Cette leçon n'est pas celle du manuscrit de Londres ni des deux manuscrits de M. Hodgson, qui lisent çâikchaçâikchâik. Mais outre que cette variante ne donnerait d'auti'e sens que celui de disciples de disciples qui ne paraît pas convenir ici, la voyelle â long qui est nécessaire pour ma lecture se trouve dans le manuscrit de la Société asiatique , et est justifiée de plus par la version tibétaine qui a une négation devant le second mot représentant açâikcha, de cette manière, sloh-pa dang mi sloh-pa. La traduction que je propose est, on le voit, contraire à celle qu'on peut tirer de la version tibétaine. Mais ne serait-il pas possible que le substantif 5/06-pa, qui n'est autre que le verbe slob~pa ayant les deux sens d! enseigner et di apprendre, signifiât disciple, comme slob-ma qui a ce dernier sens? Je soumets cette remarque aux personnes qui connaissent le tibétain mieux que moi. Il faudrait voir si la différence des significations indiquées dans nos lexiques pour slob-pa et slob-ma, ne vient pas du suffixe, actif dans un cas, et passif dans l'autre? De toute manière, et quoi qu'il en soit de cette conjecture, traduisant sur le sanscrit, j'ai dû donner au mot çdikcha Je sens que lui attribuent les autorités indiennes , et que j'ai déjà rapporté ailleurs*. On

' Sumâgadhâ avad. f. li-a et 6. " Hyya tch'er rolpa, t. II, p. 3.

' Foe koue ki, Tp. 168. ' Inlrod. à l'Imt. du Buddh. ind. t. l , p. ^22, noie-,

^ Introd. à l'hisl. duBuddh. ind. t. I, p. 260, u. 1. Abhidhâna tchin(âinani,p. i3, éd. Bcehtlingk etRieu.

peut, jusqu'à preuve du contraire, admettre que çdîkcha signifie « étudiant, disciple, « et açdikcha, « celui qui n'est pas disciple , » très-probablement « qui est maître Mais il manque encore à cette interprétation toute la précision désirable, et la citation du nom d'Ananda prouve qu'il ne faut pas entendre seulement ici un disciple ordinaire, mais une personne qui a déjà fait des progrès dans la science, sans être* cependant arrivée au terme. IjAbhidhâna ppadîpikâ tranche nettement la question, en faisant ànSêTiha un titre synonyme de Sôta âpanna, le premier degré des quatre grades au sommet desquels est l'Arhat^ et d'i4seSftfta, le synonyme d'Arhat^. On remai-quera que cette définition du Sêkha cadre assez bien avec celle du Vocabulaire de Hêmatchandra, où le Çâikcha est défini prâthamakalpika, « celui qui est au premier degré. » Si donc notre Lotus était un texte de l'École méridionale, il faudrait l'entendre ainsi: «dont les uns étaient au premier « degré, et les autres arrivés au terme de la perfection. »

Cette interprétation des deux termes pâlis Sêkha et Asékkha, que j'emprunte au meilleur recueil lexicographique de Ceylan qui nous soit connu , est confirmée par un texte capital du Mahdvamsa, texte qui a ici d'.autant plus d'importance qu'il se rapporte aux débuts d'Ananda lui-même comme interprète de la loi. Lorsqu'aprés la mort de Çâkyamuni , ses premiers disciples se réunirent sous la conduite de Kâçyapa pour recueillir ses paroles et fixer sa doctrine , Ananda n'était pas encore parvenu à l'état d'Arhat. Les Religieux qui ne voulaient pas se priver de son concours, parce qu'en sa qualité de cousin de Çâlcya, il l'avait toujours suivi avec un dévouement absolu , qu'il avait été son premier serviteur, aggapatthâka, comme l'avait dit Bhagavat lui-même^, et qu'il avait assisté à toutes ses prédications, l'avertirent qu'il eût à faire tous ses efforts pour acqumr les mérites supérieurs d'un Arbat. Or voici en quels termes le Mahâvamsa exprime et l'avertissement et le résultat qu'il eut pour Ananda :

Svê sannipâtô ananda sêkhêna gamanaffi lahini

na yuttanté sadatthé tvam appamaltô taiô hhava

itchtchêvafk tchôdiiô thérô katvâna viriyam samam

iriyâpathatô muttam arahattani apâpuni.

Voici la traduction que donne Turnour de ce passage^, j'ai souligné les mots qui méritent un examen particulier: «Ananda, demain a lieu la réunion ; comme tu. es encore- « soas l'empire des passions humaines, ta présence à l'Assemblée n'est pas convenable; fais « donc sans relâche les efforts nécessaires pour acquérir les perfections requises. Le Théra , «ainsi excité, ayant fait une exertion suffisante de son énergie, et s' étant affranchi de 'l'empire des passions humaines, parvînt à la sainteté d'un Arbat*. » Turnour, en traduisant sêkhêna par « comme tu es encore sous l'empire des passions humaines , » en donne plutôt une glose qu'une traduction littérale. Le sens général y est sans doute reproduit; mais puisque l'on conserve le mot Arhat dans La suite du passage, parce que ce mot est un titre qu'on ne saurait expliquer que par une longue phrase , il n'y aurait aucun inconvénient à conserver aussi celui de Sêkha, et à dire,» parce que tu es (encore) Sêkha, »

' Abfddhân. ppadîp. i. Il, c. v, st. 28, éd. CJough. ^ Maliâpadhâna, dans Dîgh. nik. f. 67 b.

- Ibid. 1. I, c. I, sect. i, st. 9. ^ Turnour, Mahâwanso, c. m, p. 12 et 1 3.

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