‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 170 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

avec les détails dont sont remplis les Sûtras simples. Que nous apprennent en effet ces Sdtras? Ils nous montrent Çâkyamuni parlant devant des Assemblées formées de Brahmanes, de maîtres de maison, de gens du peuple, et, dans le principe surtout, adressant ses enseignements d une manière toute spéciale à quelque Brahmane ou à quelque Râdja qu'il veut inçtruiru. Si ceux de ses disciples que les Sûtras développés signalent comme prédestinés à la dignité de Buddha parfait, eussent assisté à ces Assemblées, peut-on croire que Çâkyamuni n'eût rien dit de leur présence .^ Et pour appliquer cette observation au sujet même qui nous occupe, si Mâitréya, ou le personnage qui devait porter ce nom, eût été positivement au nombre des auditeurs de Çâkyamuni, peut-on supposer qu'un tel disciple, que celui qui devait être le Buddha successeur immédiat du Maître, n'eût pas paru au premier rang, parmi ces auditeurs privilégiés comme Ananda, Çârîputtra et Mâudgalyâyana, dont les Sûtras simples nous ont conservé les noms? De tout ceci je conclus que, dans les premiers âges du Buddhisme, le système qui représente les Bôdhisattvas assistant aux Assemblées de. Çâkyamuni était tout à lait inconnu , et que le miracle de leur présence aux grandes Assemblées dés grands Sûtras a été, comme tant d'autres miracles , inventé après coup et postérieurement à la séparation du Buddhisme en deux écoles, celle du Sud à laquelle ce système est resté entièrement inconnu, el celle du Nord où il s'est introduit, et a pris des proportions immenses, ainsi qu'on le peut reconnaître par la lecture des Sûtras développés.

Seize hommes vertueux.] Ces hommes vertueux qui assistent aux Assemblées de Çâkya, et dont notre texte compte ici seize , doivent représenter la partie non religieuse ' de l'assistance , soit Brahmanes , soit Bâdjas , soit Marchands ; quelques-uns de ces noms , comme ceux de Susârthavâha, Ratnadàtla, Rafnâkara, rappellent même plutôt la classe des Vâiçyas, que les deux premières castes. Ces hommes n'avaient pas iesojn d'être Buddhistes pour assister à la prédication de Çâkya, puisque c'était à la masse du peuple et pour la convertir à la foi nouvelle , que cette prédication était faite dans le principe. Plus tard , et vraisemblablement à l'époque où furent compilés les Sûtras dits- vâipulyas, ces noms n'avaient plus qu'un intérêt historique; l'énumération qu'on en faisait formait, comme celle des Dêvas, des Nâgas, des Kinnaras, des Gandharvas, des Asuras, des Garudas et autres, une partie de la mise en scène de tout Sûtra développé, mise en scène qui avait reçu du respect religieux une sorte dç consécration. Aussi est-il naturel de croire que si ces noms désignent des personnages réels, c'est dans les ^afra* simples qu'on devra en retrouver la mention. C'est uniquement dans cette prévision que je note deux variantes, l'une sur Ratnadatta, que les trois manuscrits autres que celui de la Société asiatique lisent Naradatta, et sur Dharanidhara, que les deux manuscrits de M. Hodgson lisent Dharaninidhara.

Le fils des Dêvas Hatnaprahha.] Ce nom est lu Ratnabhadra dans les deux manusciits de M. Hodgson.

f. 3 b. Le chef de l'univers Saha.]^ Les deux manuscrits de M. Hodgson lisent Sdhâpati, ce qui

est certainement une meilleure leçon que Sahapati, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'étude des manuscrits les plus corrects, et en se reportant à une noie spéciale sur le nom de l'univers SaM, note placée à la fin de V Introduction à l'histoire du Btiddhisme indien, t. I, p. 594. Je prie donc le lecteur de vouloir bien lire Sahâ au lieu de Saha, dans le cours de cette traduction qui a été imprimée ayant que j'eusse trouvé le- moyen de déterminer l'orthograplie et lé sens véritable du Jnot Saha.

Kôtis de Nâgas.] Le manuscrit de Londres et les deux manuscrits de M. Hodgson lisent : « Kôtis de rois des Nâgas. »

Utpala.] Ce nom est lu Utpalaka par les deux manuscrits de M. Hodgson , et Vtparaka par celui de Londres ; cette dernière leçon n'est qu'une faute de copiste.

Le roi des Kinnaras Drûma.] Je suis, pour l'orthographe de ce nom propre, les manuscrits qui sont unanimes, sauf en ce qui touche l'abrègement de la voyelle u qui me paraîtrait préférable. Je remarquerai cependant que d'autres listes écrivent Dharma, le nom du roi des Kinnaras. Cette dernière orthographe semble même confirmée par les noms des autres rois des Kinnaras, lesquels ne sont que des composés où dharma occupe la principale place.

î. à a. Mahâkâya.] Ce nqm est lu Màhâkâlyâyana par les deux manuscrits de M. Hodgson;

cette dernière leçon est certainement fautive.

Vâidêhti Je suis ici l'orthographe du manuscrit de Londres et des deux manuscrits de M. Hodgson , ce qui nous donne un nom de femme , au lieu de Vâidéhi, qui sériait un nom d'homme. Or on sait que Vâidéhî était le nom de pays de Çrîbhadrâ, la seconde femme du roi Bimbisâra, père d'Adjâtaçatru , et que ce surnom signifie « celle qui est « née dans le Vidéha ^. » J'ignore si c'est d'après les commentaires si précieux qu'il avait entre les mains, que Tumour a traduit cette épithète de vêdëhipaitô appliquée au roi Adjâtaçatru , par a descendant of the VedeJii Une ^. Rien dans le cours du Sutta pâli au début duquel paraît cette épithète, ne nous avertit du sens qu'il faudrait lui donner.

Destiné' à l'instruction des Bôdhisattvas.] Le terme dont se sert le texte est Bôdhisattvaavavâdam, littéralement « instruction orale des Bôdhisattvas. » On voit que je pxends ce terme dans le sens passif, en faisant du mot uvavâda le moyen par lequel les Buddhas instruisent oralement les Bôdhisattvas ; mais il est aisé de comprendre qu'on pourrait également bien le prendre au sens actif dé cette manière , « enseignement oral que donnent

1 Schiefner, Eine tibei. Lehensbeschreibang Ç&kya- Joum. as. Soc. ofBengal, t. VII , p. 99.2 , comp. avec muni's, p. 28. le Mâhâparinibbâna satta, dans Dîgh. nikâyajf. 81 b.

^ Tumour, Exaniin. of pâli Buddk. annah, dans Nous verrons ailleurs ce nom de vêdêhiputta.

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