‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 177 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« parti pour, qui est en route; » il faut donc traduire, « ceux-là sont partis à l'aide de Téner- » gie pour l'état suprême de Bôdlii. » La même correction doit être introduite à la fin de la stance Sa , où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la morale pour l'état suprême « de Bôdhi; » à la fin de la stance 35, où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la « contemplation pour l'état suprême de Bôdlii; » à la fin de la stance ho, où il faut lire, " ceux-là sont partis à l'aide de l'aumône pour l'état suprême de Bôdhi ; ;> à la fin de la stance àx , oii il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la science pour l'état suprême « de Bôdhi; n à la fin de la stance 42 , où il faut lire, « ceux-là sont partis à l'aide de la « sagesse pour l'état suprême de Bôdhi. »

St. 37. Des centaines de hôtis de vêtement^.] J'aA'ais lu par erreur çatafii au lieu de salalam, que donnent les manuscrits. H faut donc traduire, « quelques-uns donnent sans « cesse des vêtements par liôtis. »

St. 38. Vihâra.] C'est le nom que l'on donne aux monastères buddhiques, c'est-àdire aux lieux où se trouvent, où passent leur vie les Religieux. Georgi a publié le plan d'un de ces édifices, dontPallas et Hodgson ont reproduit plusieurs représentations^. Les Buddhistes qui ont relevé et compté les mérites et les défauts de chaque chose, prétendent qu'il y a cinq perfections sans lesquelles un monastère n'est pas accompli. Je trouve l'énuméi'ation de ces cinq perfections dans un des livres les plus estimés des Buddhistes du Sud, YAgguttara nikâya, dont la Bibliothèque nationale possède un manuscrit en pâli et en barman : « Comment, ô Religieux, un monastère a-t-il les cinq perfections? 11 C'est lorsqu'il n'est ni trop loin, ni trop près, qu'il est fréquenté, que le jour il ne s'y " voit pas de confusion, qu'il est, la nuit, tranquille et sans bruit, qu'on n'y -éprouve « l'atteinte ni des mouches, ni des cousins, ni des serpents, ni du vent, ni de la chaleur, «ni de la réverbération de la lumière. Celui qui habite un tel monastère, a sans peine « ce dont il a besoin , le vêtement, le riz préparé, le lit et le siège, les médicaments pour "guérir les maladies. D'anciens Religieux d'un grand renom, versés dans la lecture des >> livres sacrés, qui observent les préceptes du Vinaya ei de la Mâiihi, qui possèdent la i loi, habitent ce monastère. Ces Religieux passent leur temps à interroger et à faire sans «cesse de nouvelles questions: Comment.^ qu'est-ce que cela veut dire.»* Voilà com- « ment ils interrogent et comme ils font de nouvelles questions. Puis ils expliquent à « celui qu'ils ont interrogé, ce qu'il y a d'obscur dans le texte. Ce qui n'y est pas dit, ils «le disent; ils dissipent les doutes. qui s'élèvent sur divers passages difficiles de la loi. « C'est ainsi, ô Religieux, qu'un monastère a les cinq perfections 2. »

St. 42. Des hommes connaissant la loi de l'inaction.] Les manuscrits de M. Hodgson et f. g «.

' Georgi, âlphab.tibet. p. 407; PaUas, Sammlunj. 267, pi. III, V, VI, Vil; voyez encore Introd. à l'hist.

hislor. Na'chricht. ûher die Mvngol. Vôlkerschcift. t. ÏI , du. Baddk. indien, t. I, p. 262, note 1, et p. 317,

^. i M, pi. a, "^l •,B.'H.oàgson, Sketch o/Buddhism, note 1. dans Transact, of the Roy. asiat. Soc. t. Tl,-p. 245, - Âijguttara nikâja, fol. khi verso, fin.

celui de Londres s'accordent à lire ninhakâni pour nirîhakân, à la place de tiinhakâ du nîanu.<5cnt de la Société asiatique. Il faut donc détacher cet attribut du suivant, et tra-; duire, «je vois des hommes indiflerents . connaissant les lois. » Quant à l'expression suivante, parvenus à l'unité, j'avoue que c'était uniquement par conjecture que je traduisais ainsi le texte qui donne dvayapravrïtidni pour pravrïttàn, avec le seul sens possible de " livrés à la dualité, occupés de la dualité. » Tous les manuscrits sont unanimes quant à cette leçon. Mais la version tibétaine, en traduisant ainsi ce terme difficile, gnis-med rab j«(/5, «parfaitement entrés dans l'indivisible, ou dans l'indubitable, » me semblait partir d'un texte où pravrîUân serait précédé d'une négation , comme dvayâpravnttdn , « ne s'occu- « pant pas de la dualité. » C'est d'après cette supposition que j'avais traduit; mais aujourd'hui je doute plus que jamais de l'exactitude de cette version. Ne se pourrait-il pas en effet que le mot dvaya, « réunion de deux êtres, couple, » fût une allusion à l'exposition binaire que les Buddhistes font des lois, lorsque voulant prouver qu'elles n'existent pas substantiellement, ils nient à la fois de chacune d'elles le positif et le négatif, de celte manière : «les lois ne sont ni créées ni incréées. » Dans ces expositions singulières dont nous avons quelques exemples dans notre Lolas mème^ les caractères qu'on veut refuser aux lois, ou conditions, ou êtres, sont rapprochés deux à deux, et forment des dvaya ou des couples, dont la connaissance passe pour être du domaine de la plus haute sagesse. Or ce sont les. (ils du JBuddha, partis à l'aide de la pradjnâ pour l'état suprême àè Bôdhi, que la stance A 2 nous représente dvayapravrîttd, c'est-à-dire occupés à considérer les attributs binaires des lois, ainsi qu'on pourrait traduire celte expression en la commentant. Notre stance offre encore une autre difficulté que font naître et en même temps qu'aident à résoudre les deux manuscrits de M. Hodgson. D'abord j'avouerai que tous nos manuscrits sont unanimes pour lire hhagatulya, que j'ai traduit, » semblables à lélendue du « ciel, » ou si l'on veut, cZe l'espace, m'appuyant ici sur la version tibétaine, el par analogie sur la signification de vent, air que Wilso.n donne à khaga. Mais ne serait-il pas permis de conjecturer que le texte a pu primitivement porter khadga? On traduirait alors, « sem- « blables au rhinocéros,» c'est-à-dire amis comme lui de la solitude. Ce nom de khaclga n'est d'ailleurs pas inconnu aux Buddhistes, puisqu'un lexicographe indien qui passe pour avoir partagé leurs opinions, donne les mots khadga, « rhinocéros, » et ékatçhârin, « soli- " taire, » parmi les synonymes du titre de Pralyêkdbudd^ha'^, et que les Chinois désignent une classe de ces Pralyêkabuddhas par l'épithète de kh,adgavichdnakalpa, « semblables à « la corne du rhinocéros^. « La première version serait une similitude destinée à exprimer l'immensité de leur science, la seconde marquerait leurs habitudes solitaires. Enfin le point où les manuscrits de M. Hodgson diffèrent de celui de la Société asiatique, porte sur le dernier mot de la stance qu'ils lisent mâdrïçân, «semblables à moi, » au lieu de sadrïçân, «semblables,» qui faisait double emploi a\ec talya, déjà joint à khaga. En résumé voici la nouvelle version qu'il faudrait donner de la stance ^2 : » Je vois des " hommes indifférents, connaissant les lois, occupés à en. considérer le double caractère,

' Ci-dessous, chap. v, fol. 77 a. — ^ Trikânda çêcha, cbap. i, seçt. i, st. j3. — ^ A. Rémusat, Foe koiie ki, p. i(3â.

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