‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 179 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et blanche, peut-être une ammonite. Deshauterayes , dans ses Recherches sur la religion de Fo, a exposé, toujours d'après les Chinois, une énumération des sept choses précieuses, dont les principaux termes répondent à celle àii Saddharma pundarîka; ces sept choses sont l'or, l'aident, le verre de Chine, le verre d'Europe, les perles, la nacre et l'agate^. Si l'on rapproche cette liste de la nôtre, dans la supposition que les Chinois ou même Deshauterayes n'auraient déplacé aucun des termes de i enuméràlion primitive que je suppose indienne , on trouvera que le verre de Chine répond au vâidarya, c'est-à-dire au lapis-iazuli; que le verre d'Europe est le sphafika/ qu on nous représente unanimement comme le cristal déroche; que les perles sont le îâhitamuktâ, avec la correction indiquée tout à l'heure. L'accord dés deux listes qui se suivent régulièrement jusqu'ici, semblerait donner quelque valeur à l'interprétation que propose Deshauterayes pour les deux dernières substances, dont la signification peut être en partie contestée: ainsi açmagarhha deviendrait la nacre, et musâragalva V agate. Quelque autorité que je sois porté à reconnaître au travail fort remarquable pour son temps de Deshauterayes, je ne crois pas dévoir substituer ces deux interprétations à celles que m'a fournies la discussion de la liste de YAhhidhâna pâli. J'ajouterai pour terminer que les peuples Tamouls de la presqu'île indienne connaissent aussi une énumération de pierres précieuses, qui sont au hombre de neuf , et dont M. Taylor donne ainsi la synonymie : l'œil de chat, le saphir, le corail, la topaze, l'émeraude, le rubis, la perle, le cristal et le diamant 2; je n'ai pu y trouver de quoi éclaircir celle qui vient de nous occuper. On sait, -du reste, que lé terme de rafua s'applique à d'autres objets que des pierres ou produits du règne minéral , et qu'il signifie en général tout objet précieux, par suite d'un eniploi analogue à celui que nous faisons des mots jojaa et per/e. Il existe même chez les Buddhistes de fréquentes mentions d'une autre énumération de sept Rainas ou objets précieux, qui n'a rien à faire avec celle que je viens d'examiner. Je veux parler des sept objets précieux qui sont comme les attributs de la grandeur d'un roi souverain. On les connaissait déjà par des auteurs buddhiques non indiens: mais je les trouve positivement indiqués dans un livre du Nord, et énumérés de la manière suivante : la roue (ou le îchakra), l'éléphant, le cheval, le joyau,. la femme, le maître de maison, le général^. On les voit encore dans le Lolita vis ifarfl, énumérés avec quelques développements qui font connaître de quelle utilité ils sont pour le monarque souverain qui les possède*; j'aurai occasion d'y revenir en examinant les signes caractéristiques d'un grand homme. Appendice, n° VIII.

St. 46. Les Mardis.] Voyez ci-dessus, stance 29. f- 9 ^-

St, iS. Je vois.] Au lieu de paçyati que donne le manuscrit de la Société asiatique, et d'où je tirais d'une manière un peu forcée le sens qu'exprime ma traduction , les deux manuscrits de M, Hodgson lisent, avec une forme populaire, paçyichu, de sorte qu'il faut traduire ainsi la stance tout entière : « Moi, ainsi que les nombreux Kôîis d'êtres vivants

? ^oam. asiat. t. VIÏ, p. 3i3. ' Divya avadâna, foi. 29 a.

* Orient, hist. manuscr. 1. 1, p. 97, noie. * Rgja tck'er rolpa, t. II, p, li.

xo a.

« réunis ici, nous avons vu tout cela; ce monde avec les Dêvas est couvert de fleurs; ce " rayon unique a été lancé par le Djina. »

St. 5i. Expliqae-lear l'avenir.] Le terme dont se sert le texte est vyâkarôhi, qui dans le style buddhique a le sens spécial de o annoncer à un autre ses destinées futures. " Ce sens me paraissait d'autant plus convenable que ce verbe est employé ici sans complément direct, tvaih vyâkarôhi; mais en présence des deux manuscrits de M. Bodgson qui ont taih vyâkarôhi, on est conduit à supposer que tatli est une forme conçue dans le système des pronoms pâlis, pou^te^^ et alors cette expression signifiera: «explique cela, " ô fils du Susata. ■•

St. 5Ô. Les Marais.] Voyez ci-dessus, stance 29.

Fils de famille.] J'ai traduit ainsi littéralement le terme de kalaputra, pour ne pas en forcer la signification outre mesure. Ce titre , le plus simple de ceux qu'adresse soit Çâkya, soit tout autre sage, à la personne religieuse ou laïque à laquelle il parle, n'a certainement pas d'autre signification que celle de un tel, ou encore honnête homme. Le mot de famille n'emporte ici aucune idée de supériorité, et la dénomination est plutôt de Tordre moral que de l'ordre civil. Mais comme le mot kula, quand il n'est pas déterminé , s'applique plus ordinairement dans la pratique aux familles de marchands et d'artisans , qu'à celles des Brahmanes et des Kchattriyas, on s'explique comment les interprètes barmans qui recherchent le mérite d'une parfaite exactitude, traduisent régulièrement le pâli kulaputta par « fils de marchand. » Ils se servent à cet effet de l'expression saUhè sd safi, « le fils du satihè ou du çréchthin, » nom par lequel on désigne un marchand d'une manière honorifique 2. Cette version , quoiqu'un peu trop précise, vaut encore mieux que celle dont font usage les Tibétains, d'après L J. Schmidt, qui dans ses traductions emploie d'ordinaire l'expression de « fils ou fille de noble origine^; » cette dernière version irait mieux pour le titre pâli arijaputta . « fils du respectable. » Mais dans les ouvrages mêmes où il traduit ainsi, Schmidt aitribue quelquefois assez peu de valeur aux mots kalaputra et kuladuhitri, pour les omettre complètement et les remplacer par les pronoms il, celai qui. C'est ce que j'ai vérifié en comparant le texte du Vadjra tchtchhédika sanscrit, dont je possède une copie d'après le manuscrit de M. Schilling de Canstadt, avec la traduction allemande qu'a exécutée Schmidt sur le Vadjra Ichtchkédika tihéta.m'^.

Dresser le grand étendard de la loi.] Le texte du manuscrit de la Société asiatique porte dhvadjamaichtchhrayanam, ce qui rappelle une règle propre au dialecte pâli, laquelle consiste à insérer un m entre deux mots dont l'un est terminé et dont l'autre commence par

Clougli , PaVi grainmar, p. 56. dos Mahàjâna, dans Mèm. de l'Acaxl. de Saint-Pètcrs-

- .Suran/iaiôma (i/dfa/caj man. pâli-barman , f. 3 fi; Iwunj , l. W , p. lyo.

p 1 ô de ma copie. * Vadjra Ccklchkéd. fol. 4 A; I. J. Schmidt, Méni.

^ VaJjrii tchlchhcd. fol. 16 a: 1, J. Schnildl, i7e6gr de l'Acad.deSaiiU-Pétershourg, t. IV, p. 186.

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