‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 180 sur 286 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

une voyelle, lors même que ces deux mots sont réimis en composition ^ Il est vrai que les granmiairiens singhalais qui sont à notre disposition font de cette particularité une règle purement mécanique, tandis que, dans le plus grand uombre des cas où je i'ai remarquée jusqu'ici , il y faut voir un accusatif dont la présence est appelée par la nature et l'action verbale du mot qui termine le composé. C'est du moins ce qui me paraît être, même dans le composé pâli Sirimanuhh'avanam, « la jouissance de la prospérité, » où Spiegeî pense que le m de sirim est purement euphoniqiie -, La leçon du mvinuscrit de la Sociéié asiatique nous offrait donc ici un nouvel exemple des rapports si nombreux qui existent entre le sanscrit des Buddbistes du Nord et le pâli de ceux du Sud. Toutefois, aujourd'hui que je puis consulter les deux manuscrits de M. Hodgson, qui lisent dkvadjasamutchtchkrayam, je suppose que la leçon du manuscrit de la Société résulte de l'omission fautive de la lettre sa. Au reste, les images qui sont accumulées dans ce passage de notre texte sont familières aux Buddhistes de toutes les écoles. On en verra un exemple au commencement de la légende du Chasseur, publiée d'après le texte pâli par Spiegel. Mais il ne faut pas avec cet éditeur traduire la phrase dhammakêtam ussâpênto par « faire des assemblées de Il la loi\ » mais bien par « dressant la bannière de la loi. » C'est, avec d'autres mots , la figure même qui fait l'objet de la présente note.

Produit au dehors la lumière daii seniblàble rayon!] Cette expression , qui se trouve quelques lignes plus bas dans la même page, est écrite de deux manières différentes par le manuscrit de la Société asiatique, la première fois raçmipramuntchamânâvahhâsô , et la secondé ïois raçmipramufitchanâvahMsô ; celte dernière leçon est aussi celle des manuscrits de M. Hodgson, et elle est évidemment préférable, quoique le snhsiantiî praniuûtchanâ, qu'il faut supposer si on l'adopte, ne se trouve pas dans Vv^ilson. Si l'on conservait le participe présent que donne la première leçon, il semble qu'il faudrait le placer avant" raçmi, et traduire, « la lumière du rayon au moment où il s'élance. » Au contraire le sens que fournit la seconde leçon, " ia lumière de l'émission d'un rayon, ■> est beaucoup plus direct.

Avec laquelle le monde entier doit être en désaccord.] L'expression que j'interprétais ainsi est sarvalôkavipratyaniyaha;\e pense aujourd'hui qu'il est plus exact de dire, " avec laquelle « le monde entier est en désaccord. = Le sens fondamental de cet adjectif est confirmé par la version tibétaine, qui rend vipratyanîyaha par mthnn-pa, « accord, concorde,.- précédé de la négative rai, de cette manière mz mihun-pa, « qui est en désaccord ^. » Le ruême mot. sauf le préfixe vi, remplacé par l'a négatif, et la suppression de la syllabe jû, se trouve sous la forme de apraiyanika , que je traduis par« qui est un objet d'aversion^. «C'est de cette dernière forme que vient le terme pâli vipaîchtchanika, que je trouve dans un pas-

' t)Jov>gh, Poli ijrammar, p. j i. 368 , conip. au Lalita vîslara, foi. 52 a et 2o4 a de

* Âmcdoip, jiàlica, ^. %^. mon man. A. M. Foucaui traduit bien cet adjeciif

^ Ztûî. p. 2 5 et 4q. par equi est en désaccord.»

oyez encore B'jya tck'errol psj t. Iî,p. 96 et '^ Ci-dessous , chap. 111 , fol. 55 a, st. 117.

Al.

sage du Brakmadjdla sutta, où il ne peut avoir d'autre sens que celui de conti'adictoire , hostile. Au commencenîent de ce traité, le Brahmane Suppiya {Sujpriya) et son disciple Brahmadatla sont représentés l'un attaquant, l'autre défendant lèBuddJba, ce que Iç texte résume ainsi : Itiha te uhhô âtchariyantévâsi annaniannassa udjuvipatchtchanikavâdd hhagavantam piUhiiô piiihitô anubaddhâ hônli, « C'est ainsi que tous les deux, le maître et le dis- « ciple, ils marchaient sur les pas de Bhagavat, disputant entre eux avec des discours, les « uns justes, les autres hostiles ^. » Des deux formes vipratyaniyàka etapratyanîka, c'est la seconde qui est la plus fréquemment employée; elle a de plus l'avantage de trouver son analogue dans le pâli vipaichtchanikcu

Aatrefois.] Le texte se sert ici de l'expression atilê 'dhvani, littéralement, a dans une route « passée. » Le terme de adhvan est très-fréquemment employé dans le sanscrit buddhique pour exprimer les voies dans lesquelles s'accomplissent les actions, c'est-à-dire le passé, le présent et l'avenir. Je remarque que les livres réputés canoniques et les commentaires s'occupent à chaque instant de cette triple division de la durée, et c'est, d'après un texte cité dans le commentaire sur YAhhidharmakôça, un des. sujets les plus importants dont les sages puissent s'entretenir : « 11 y a , ô Religieux, trois sujets de discours, et non quatre « et non» cinq, que les Âryas prennent pour objet des entretiens auxquels ils se livrent. « Et quels sont ces trois sujets? Ce sont le sujet du passé, le sujet de l'avenir, le sujet du « présent-. » L'avenir se nomme anâgaté 'dhvani, et le présent pratyutpannê 'dhvani. Ces dénominations sont également familières aux Buddhistes du Sud.

Bien avant des Kalpas. ] On sait qu'un Kalpa est, pour les Buddhistes comme pour les Brahmanes, une période comprenant la durée d'un monde. Il y a diverses espèces de périodes de ce genre, lesquelles ont été décrites par les auteurs qui se sont occupés du Buddhisme d'après les Chinois et les Mongols, les Singhalais et les Barmans. Je pourrais me contenter de renvoyer aux recherches de Deshauterayes, Rémusat, Schmîdt, Joinville, Sangermano et Turnour, qui ont traité de ce sujet avec plus ou moins de développements ; toutefois plusieurs de ces exposés offrent entre eux des divergences que je n'ai sans doute pas la prétention de concilier, mais sur lesquelles je crois devoir appeler l'attention du lecteur. Suivant Deshauterayes et Rémusat, chaque Kalpa ou période de la durée d'un monde se décompose en deux divisions ou époques, l'une d'accroissement, l'autre de diminution. La vie des hommes étant sujette, selon les Buddhistes, à une double marches l'une d'accroissement et l'autre de diminution , dont la première la porte à quatre-vingtquatre mille ans et dont la seconde la réduit à dixj quand la vie humaine diminue, le Kalpa se nomme de décroissement, et quand elle s'augmente, il se nomme d'accroissement 3. On distingue trois espèces de Kalpas, le petit qui comprend 16,800,000 année§, le moyen qui en comprend 336, 000,000, et le grand i,344,ooo,ooo. Le moyen Kalpa

' Brahmaijâla satta,)àans Digh. nik. îo\. 1 o de ' Recherches sur h relig. de Fo, dans Journ.asiat.

mon manuscrit t. VIII, p. 182 ; Foe houe hi.p.jiZz ; I. J. Scbmidt,

^ Ahkiêhannalîôçavyàkhyd, îq\. 17 b. Geschichle der Ost-Mongoïenj p. 3o4 et suiv.

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