‹ Le lotus de la bonne loi [microform] traduit du sanscrit, accompagné d'un commentaire et de vingt et un mémoires relatifs au buddhismeChapitre 190 sur 286 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1. 18 b. Qv-i était doué de mémoire et de sagesse.] Cette traduction n'est pas parfaitement exacte,

en ce qu'elle attribue la mémoire et la sagesse àBhagavat, comme des qualités constitutives et permanentes , ce qui est vrai et n'a pas besoin d'être rappelé , tandis qu'elle n'indique pas le rapport de ces qualités avec l'état spécial de méditation d'où sort Bhagavat. Il faudrait donc dire : « Ensuite Bhagavat . avec sa mémoire et sa sagesse, sortit de samé- « ditation. » Peut-être même devrait-on donner à smrïti le sens d'esprit, intelligence, et même esprit présent, et à pradjnâ celui de connaissance ou conscience, de façon qu'on traduirait, « ayant l'esprit présent, ayant toute sa connaissance. » C'est très-probablement une expression pareille que Csoma rend ainsi dans un curieux fragment emprunté aux livres tibétains : with a clear knowledge, recollection and selfconscioasness ^. Mais I. J. Schmidt va probablement trop loin quand il traduit pratimulthim smrîtim v.pasthâpya pzir <■ das « Gedenken (die Méditation) offen darlegend^, » tandis que cette expression doit signifier « rappelant à lui sa mémoire ou son intelligence. » Au reste ces deux idées qui, chez les Buddhistes du Sud, sont représentées par les deux mots satô sampadjânô, peuvent avoir également la signification spéciale que je viens de supposer. En voici quelques exemples empruntés à deux ouvrages d'une certaine célébrité. Au commencement du Thûpa vafhsa on lit: Adjdja Bhagavâ yamàkasâlânam antarê daJikhinênapassêna satô sampadjânô sihasêyyam upagatô. «t Aujourd'hui Bhagavat s'est placé sur la couche du lion (c'est-à-dire, s'est couché « comme fait le lion) sur le côté droit, entre deux arbres Salas, conservant sa mémoire " et sa connaissance ^. » De même dans le Djina alamkâra on lit : Tatô Bhagavâ gandhakdtim pavisitvâ satchê âkafhhhati dakkhinêna passêna satô sampadjânô mtthattaih sîh.isêyyath kappêii. « Alors Bhagavat étant entré dans la salle des parfums, s'il en a le désir, se couche « à la manière du lion, sur le côté droit, conservant sa mémoire et sa connaissance^. » Je dis sa connaissance, parce que c'est le terme qui va le mieux: ici; mais le participe sampadjâna prendrait fort bien le sens de conscience dans cette expression du Pâtimôkkha, sampadjânamusâvâdô , «l'énoncé d'un mensonge dont on a conscience^. »

Ils sont en possession de lois étonnantes et merveilleuses. ] L'expression dont se sert le texte

' Csoma, Origin of the Shâhya race, dans Journ. ^ Thûpa vamsa, f. 9 h.

asiat. soc. ofBengal, t. II, p. 386. ^ Djina alamkâra, f. 27 b,

^ Vadjra tchtchhêdika , f. 3 a; I. J. Schmidt, Ueber ^ Pâtimôhhka, pâli et barman, man. BiW. nation.

das Mahâyâna, dans Mém. de l'Acad. des sciences de Introd. f, 4 «; p. 20 de ma copie. Il est vrai qu'ici

S. Pétersboarg , t. IV, p. 186. sampadjâna n'est pas accompagné de sata.

Page 1